DE LA DEUXIÈME ÉDITION. XI
suite de là aux régions rationnelles, ce n'est pas assez.
L'âme est liée au corps. Quiconque aspire à la connaître est tenu de l'analyser dans ses relations avec le corps. La science du beau, plus qu'aucune autre science morale, a besoin d'étudier l'esprit en commerce avec le corps, avec les corps. C'est la conviction qui a dominé tout cet ouvrage. Plus encore que dans le manuscrit envoyé à l'Académie des Sciences inorales, plus encore que dans la première édition, on y a invoqué le secours permanent de la physique, de la chimie, de l'histoire naturelle, surtout de la physiologie. Pour amener l'esthétique à l'état de science précise et organisée, aucune étude n'a paru irop ardue.
Par exemple, au chapitre dé la Peinture, dans la première édition, les résultats psychologiques avaient rencontré les plus récentes découvertes de l'optique et avaient heureusement coïncidé avec elles. Le physicien armé du photomètre avait parlé comme l'esthéticien, et cela sans aucune entente préalable. Depuis lors, la physiologie de la vision a marché à pas de géant. On a connu les admirables lois de Fechner ; l'Optique physiologique de M. H. Helmholtz a été publiée, puis traduite dans notre langue. Ces magnifiques travaux, mûrement étudiés, sont venus en aide à l'édition nouvelle de La Science du beau. C'a été