‹ La science du beauChapitre 9 sur 48 · DE LA DEUXIEME EDITION. XIH · texte numérisé non relu

DE LA DEUXIEME EDITION. XIH

vrage, qui avait été généralement approuvée, n'a pas subi de changement. Je l'eusse néanmoins refaite, si j'avais cru pouvoir la faire mieux.

In dernier mot. S'il est dans ee livre des pages qui me tiennent plus particulièrement au cœur, ce sont celles où j'ai insisté sur le phénomène de l'impression plastique produite par le beau. Le beau fait à son image ceux sur lesquels tombe sa clarté; à son tour, le laid forme à sa ressemblance ceux sur lesquels il jette son ombre. C'est donc une obligation pour les hommes qui ont quelque influence d'embellir leur conduite, leur attitude, leur caractère, ils seront copiés par les ignorants ; qu'ils tâchent donc d'être irréprochables. Dans ces temps troublés, où tant d'àmes errent sans règle, l'exemple décide et entraine, en bien et en mal; surtout en mal. Or, pour le choix de ses guides, la foule a principalement égard aux proportions visibles. Ses modèles préférés sont ceux qui triomphent par le déploiement de la force physique. Elle reçoit naturellement et garde volontiers l'empreinte des violents. Une conséquence morale sort de là : plus un peuple est puissant par les armes, plus il est victorieux dans la lutte avec l'étranger, plus aussi son exemple a de portée, et plus est grave la responsasabilité morale qui pèse sur lui.

J'avais donc eu la pensée d'ajouter à ce livre un chapitre sur Veslhëlique de la </uerre de nation à na-

XIV AYAiNT-PllOPOS DE LA DEUXIÈME ÉDITION.

lion. Aussi longtemps que les peuples s'entre-tueront, la philosophie doit maintenir devant leurs veux limage idéale de la guerre noble. Je voulais chercher, dans le chapitre projeté, si le type de cette guerre n'est que la force matérielle méthodiquement accumulée en vue d'écraser et de conquérir; ou si ce n'est pas plutôt l'énergie héroïque de l'âme humaine, scientifiquement organisée pour la seule défense du sol, du droit, du faible. Il y a un matérialisme militaire, machine sans âme, dont les rouages de fer broient tout indistinctement. Il va aussi un art différent, humain quoique terrible, accessible à la pitié, se limitant à la victoire, ému devant les ruines, épargnant à une nation courageuse des calamités de surcroît, magnanime en un mot.

Ce sujet réveillerait aujourd'hui trop de douleurs. L'esprit n'est pas calme quand le cœur saigne. — Attendons.

Bellevue-soas-Meiukm, 2b septembre 76'/ 1.

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