I.ES ARTS
tète jetée en arrière, sa bouche ouverte et irritée, ses naseaux haletants offrent l’image de la fougue orgueilleuse et impatiente du frein. A l’autre extrémité du tableau, c’est un spectacle tout autre. Le char de la Nuit, dont la course s’achève, est déjà plongé dans les vagues. Cependant, au-dessus des flots on aperçoit encore la tête d’un cheval. Remarquons ici maintenant une allure réglée, un port plus tranquille, une bouche entrouverte qui hennit d’aise h l’espoir d’un prochain repos, enfin des narines épanouies qui semblent humer à longs traits l’air léger du malin et la fraîcheur des mers. Où l’art a-t-il jamais atteint ce degré de vie et d’expression saisissante? « Ce n’est plus de la sculpture, s’écrie Quatremère de Quincy ; le marbre est animé ; on croit le voir remuer 1 . »
Très-inférieures aux sculptures des frontons, celles des métopes du Parthénon ont néanmoins une grande valeur. Les métopes sont, comme chacun sait, des bas-reliefs qui remplissent les parties libres de la frise extérieure, entre les triglyphes et au-dessus des entrecolonnements. Ces bas-reliefs régnaient tout autour du temple, et ceux du côté du midi représentaient le combat des Centaures et des Lapithes. La saillie en est très-forte; elle égale parfois celle de la ronde-bosse. 1/œil le moins exercé reconnaît aisément dans ces tableaux de marbre un art plus rude, moins en possession de la forme idéale que celui qui a sculpté les frontons. Pour accomplir sa tache immense, Phidias
' Lettres à Canova sur les marbres d’Elyin , à la suite des Lettres sur l’enlèvement des ouvrages de l’art antique , p. 116; Paris, 1836. Cette tête de cheval a été reproduite par M. Barbedienne.
T. II