DEUXIEME PARTIE
Le Iront, quand il est déprimé, dénote un esprit borné; fuyant, il exprime la stupidité; plus large qu’élevé, la ténacité; haut et droit, il est le signe de l’intelligence et de la noblesse du caractère. Quelques plis profonds entre les deux sourcils annoncent l’habitude de la réflexion. Le sourcil froncé indique la colère; arqué et arrondi, l’étonnement.
Mais l’expression du sourcil se lie le plus souvent à celle de l’œil. On a dit de l’œil que c’est le miroir de I âme. Chacun en sera convaincu, s’il considère de combien de forces expressives est destitué le visage d’un aveugle. Cependant il ne sulïil pas que l’œil soit sain pour <[ue l’âme y paraisse tout entière. S'il est trop ouvert et très-rond, il n’exprime qu’un étonnement niais; si trop tiré et demi-clos, le regard en est incertain ou invariablement dédaigneux. On sait combien est douteux et difficile à interpréter le regard des personnes myopes. Les yeux trop saillants nous paraissent sans esprit; les très-petits yeux, sans noblesse. Nous appelons surtout intelligents les yeux ovales, assez grands, s’enfonçant sous le sourcil, de façon à en être connue ombragés, obéissant docilement aux mouvements de l ame, posant sur les objets leur vue aisée et sure, les connaissant sans effort, et témoignant par une lueur dont ils s’éclairent qu’à chaque regard, ils font pénétrer un jour nouveau dans l’intelligence qu'ils servent. De tels yeux, quelle que soit leur couleur, savent mieux que tous les autres être tristes ou joyeux, impérieux ou suppliants, rayonnants d’espérance ou éteints par le découragement, remplis des menaces de la haine ou chargés des enivrantes pro-
LA NATUKE ET DIEU
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messes el des molles langueurs de l’amour. Les acteurs consommés en possèdent à fond le muet el éloquent langage ; mais ce langage, nul au monde ne le parle comme la jeunesse et la passion.
A mesure que l’on s’éloigne du front et des yeux, et que l’on descend vers le bas du visage, on voit diminuer l’expression intellectuelle et l’expression sensuelle s’augmenter. Le nez est de moitié dans l’accomplissement des fonctions préparatoires de la nutrition. Il est chargé d’avertir le palais et la bouche de la qualité de certains aliments, plus ou moins reconnaissables à l’odeur qu’ils exilaient. Si donc les narines sont très-larges et très-ouvertes, si le nez est très-épatéou très-long, l’organe de l’odorat devient un indice trèsprononcé de sensualité. A voir comme il s’avance et s’épanouit , il semble qu’il soit perpétuellement en quête de senteurs et d’émanations. Au contraire, un nez fin, droit comme celui du type grec, ou légèrement recourbé, aux ailes plutôt serrées qu’arrondies, et, en tout, de formes légères ef mobiles, est appelé nez spirituel. Dans celui-ci, rien de brutal, mais tout au contraire d’imperceptibles froncements, des battements discrets et des dilatations presque insensibles qui, bien loin de signifier quoi que ce soit de grossier, ne manifestent que les délicatesses du goût le plus exquis, ou le dédain le plus imperturbable, ou le sentiment contenu du ridicule, ou la froide et tacite ironie, plus humiliante en son silence que les l ires et les sarcasmes bruyants. Karement un nez lourd et charnu peut affecter ces expressions subtiles, et quoique les veux soient doubles, quoique la bouche ait