‹ La science du beau, ses principes, ses applications et son histoireChapitre 78 sur 183 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Si je ne poursuis qu’une seule de ces lins, je n’atteins qu’une partie de ma fin totale, je ne réalise qu’une partie du type de mon genre, et dès lors ma vie n’est que très-incomplètement belle. Pour qu elle le soit complètement, je dois poursuivre et atteindre, selon mes forces, toutes les fins de toutes mes facultés. Mais si j’y réussis, qu’aurai-je fait? J’aurai réalisé toute la variété exprimée dans le type idéal de mon genre. Ainsi la variété envisagée comme caractère de la beauté de l’àme, c’est l’âme agissant de façon à atteindre les lins variées déterminées par son type idéal. Mais, au fond et au vrai, qu’opère lame quand elle agit de la sorte? Elle établit entre ses lins et ses actes le rapport de diversité qui dérive d’une part de la nature de ses facultés, et, d’autre part, de la nature des lins de ses facultés. — Il en faut dire autant de la force non libre. La force végétative du lis comprend plusieurs fonctions : la germination, la frondaison, la floraison, la fructification. Chacune de ces fonctions a sa fin particulière. Si une seule de ses fins est atteinte, ou si une seule n’est pas atteinte, la vie de la lleur n'est plus belle, parce que sa fin totale est manquée et que le type du genre n’est pas complètement réalisé. Que toutes ces fins particulières soient atteintes, la force végétative aura déployé toute la variété d’action dont elle a besoin pour être belle. Qu’est-ce donc que la variété? C’est ici la force végétative atteignant par l’action de toutes ses fonctions les fins particulières de toutes ces fonctions diverses. En d’autres termes, la variété envisagée comme caractère de la beauté de la lleur, c’est la force végéta-

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live établissant entre ses lins diverses et ses fonctions diverses le rapport de diversité qui dérive à la fois de la nature de ses fonctions et de la nature de ses lins.

Toutefois, si je veux que la variété de la vie de mon âme n’en détruise pas l’unité, et, du même coup, la beauté, il est absolument nécessaire que, tout en poursuivant chacune sa fin propre, mes facultés particulières visent toutes ensemble à la fin totale de mon être. Mon intelligence doit connaître, non pas pour connaître seulement, mais aussi en vue de bien faire; de même, ma sensibilité doit aimer, non pas pour aimer seulement, mais en tant que ses affections sont conformes à la vertu ou n’y sont pas contraires. En procédant ainsi, mon à me réalisera l’unité variée et la variété une, c’est-à-dire l 'harmonie de son type idéal. Qu’est-ce donc que l’harmonie considérée comme caractère de la beauté de l’âme? C’est l’âme agissant de façon à mettre ses fins particulières d’accord avec sa fin totale; en d’autres termes, c’est l’âme établissant f° entre toutes ses facultés; 2° entre les fins de toutes ses facultés, le double rapport de convergence et d’accord qui dérive de la nature de ses facultés et de la nature de ses fins. — Une analyse semblable nous prouverait que l’harmonie dans la force non libre, c’est la force agissant de manière à mettre ses fins particulières d’accord avec sa fin générale ou totale, et ses actions particulières d’accord avec son développement principal; en d’autres termes, que c’est la force établissant d’une part entre ses propriétés particulières et sa propriété maîtresse,

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