‹ La science du beau, ses principes, ses applications et son histoireChapitre 79 sur 183 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

de l’autre entre ses lins particulières et sa fin principale, le double rapport d’accord et de convergence qui dérive de la nature de ses propriétés et de la nature de ses fins.

Rapprochée des notions de force active et d’àme vivante, l’idée de proportion devient, comme les précédentes, plus claire et plus distincte. Un enfant naît avec une tète monstrueuse : vous dites que cet enfant est laid, parce que sa tète est sans proportion avec son corps. Que s’est-il donc passé, et qu’atteste cette laideur physique? Elle témoigne que la force vitale a déployé plus d’énergie qu’il n’était nécessaire pour former la tète de ce corps, en sorte que la fin poursuivie a été outrepassée. Si cette tète avait les proportions du type, c’est que la force vitale aurait dépensé juste la quantité d’énergie réclamée pour l'accomplissement de ce but particulier. La proportion envisagée comme l’un des caractères de la beauté de la force, c’est donc la force déployant le degré d’énergie exactement nécessaire pour atteindre sa fin; en d’autres termes, c’est la force agissant de façon à établir entre son action et sa fin le juste rapport d’énergie dérivant de la nature de l’acte et de la nature du but où vise cet acte. — De même, dans la beauté morale, la proportion, c’est l ame déployant, ni plus ni moins, le degré d’énergie exigé par le devoir à remplir. Dans la beauté intellectuelle, la proportion, c’est l ame ne voyant dans chaque objet que ce qui s'y trouve et affirmant ensuite autant qu elle a connu, l ieu de plus, rien de moins. Dans les choses de l’affection, la proportion, c’est l ame aimant chaque personne et

THÉORIE

chaque objet autant que le mérite l’objet ou la personne ; c’est encore l’âme jouissant de ses plaisirs ou souffrant de ses peines dans l’exacte mesure, ni trop, ni trop peu; en d’autres termes et dans tous les cas, c’est l’âme établissant entre l’action de ses facultés et la fin de cette action le juste rapport d’énergie qui dérive à la fois de la nature de ses facultés et de la nature de leur fin respective.

Enfin, quant à la convenance , il est aisé de reconnaître, sans invoquer des exemples, que ce caractère de la beauté n’est autre chose que la force ou l’âme atteignant d’autant plus complètement sa fin, que les circonstances extérieures l’aident plus efficacement à établir entre son action et sa fin tous les rapports qui dérivent de la nature de son action et de la nature de sa fin . „

Maintenant, en comparant les uns avec les autres ces cinq derniers caractères de la beauté, à savoir : l’unité, la variété, l’harmonie, la proportion et la convenance, tels que l’analyse vient de les élucider et définir sous mes yeux, i! m’est impossible de n’être pas frappé des traits de ressemblance qu’ils présentent. Laissant donc de côté les différences qui les distinguent, je réunis sous une seule idée tout ce qu’ils ont de commun, et j’obtiens le résultat que voici : l’unité, la variété, l’harmonie, la proportion et la convenance, ce sont toujours ou la force, ou l’âme agissant de façon à établir entre son action et sa fin idéale tous les rapports qui dérivent de la nature de ces <leux choses.

Mais comment donc nomme-t-on les rapports qui

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