FONCTIONNAIRES
faites pour provoquer les déclarations des esclaves à la torture, mais encore les textes de loi invoqués. La sentence de l'arbitre était attachée sur ces boîtes, et le tout passait sous les yeux des juges.
Le corps des arbitres publics se composait de tous les citoyens âgés de soixante à soixante et un ans. C'était l'âge où l'on cessait d'être astreint au service militaire. Les citoyens en état de porter les armes formaient quarantedeux classes, autant que d'années, de 18 à 60 ans. Chaque année la classe libérée du service était mise en réquisition pour les arbitrages; la répartition des affaires entre les arbitres ainsi désignés par leur âge était faite au moyen d'un tirage au sort auquel procédaient les quarante juges des dèmes. Chaque arbitre était tenu de remplir ses fonctions à peine d'atimie, à moins qu'il ne fût chargé d'une autre fonction publique, ou qu'il ne se trouvât absent, hors du pays.
Sont également tirés au sort les logistes, ou auditeurs des comptes, au nombre de dix. Ils reçoivent annuellement les comptes de tous les fonctionnaires publics sans exception, et s'il y a des redressements à opérer ils saisissent un tribunal. A ces logistes sont adjoints dix synégores qui forment une sorte de ministère public. Si l'examen des comptes révèle quelque délit à la charge du comptable, tel que détournement de fonds, corruption, ou même une simple irrégularité, les logistes poursuivent et le tribunal condamne, dans les deux premiers cas au décuple, dans le dernier cas au simple, mais le simple est porté au double si le paiement n'est pas effectué avant la neuvième prytanie. On voit qu'il ne faut pas confondre ces logistes du peuple avec les logistes du conseil qui vérifient les comptes à chaque prytanie et ne font autre chose que dresser des états de situation.
Aristote énumère encore d'autres fonctionnaires désignés par le sort. Tels sont les cinq commissaires chargés de l'entretien des voies publiques, le greffier archiviste des