CONSTITUTION D ATHENES
décrets ou actes du conseil , celui des lois. Un troisième greftier est chargé de donner lecture des pièces et documents dans les séances du conseil et de l'assemblée, mais par exception celui-là est électif. A cela il y a sans doute deux raisons. Il faut d'abord que le lecteur inspire une confiance absolue. Il faut ensuite qu'il ait la voix assez forte pour se faire entendre d'une assemblée nombreuse.
A tous ces fonctionnaires il faut encore joindre dix hiéropes, dix commissaires pour celle des fêtes religieuses qui doit être célébrée dans le courant de l'année (ces fêtes revenaient une fois en quatre ans), un archonte pour Salamine et un démarque pour le Pirée, chargés l'un et l'autre de la célébration des Dionysies et de la désignation des chorèges.
Nous arrivons aux neuf archontes. Au temps d'Aristote ils étaient tous tirés au sort, un dans chaque tribu, la dixième fournissant le greffier des thesmothètes. Il y avait à cet effet un roulement entre les tribus.
C'était une règle générale, et Aristote la rappelle expressément, qu'aucun fonctionnaire, soit élu, soit désigné par le sort, ne pouvait entrer en fonctions sans avoir été soumis à un examen , ozy,i\).oido:. Cet examen avait lieu devant un tribunal, mais pour les archontes l'examen par le tribunal était précédé d'un examen par le conseil. Aristote nous fait connaître le formulaire des questions posées. « Quel est ton père, et de quel dème, quel est le père de ton père, quelle est ta mère, quel est le père de ta mère et quel est son dème? Rends-tu un culte à ApolJon patrôos et à Zeus herkéios? Où sont les objets de ce culte? As-tu des tombeaux de famille, et dans quel endroit? Te comportes-tu comme tu le dois à l'égard de tes parents? Payestu tes contributions? As-tu fait ton service militaire?» Le récipiendaire répond et produit ses témoins. Le président demande alors : « Y a-t-il un contradicteur? » S'il s'en présente un, le débat s'engage; on entend le pour et le contre. Après quoi le conseil vote à main levée. Si le vote
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est contraire, le récipiendaire exclu se pourvoit devant le tribunal qui vote au scrutin secret.
Après l'examen vient la prestation de serment. Les archontes admis se rendent à la pierre consacrée sur laquelle se prêtent tous les serments judiciaires, ceux des diétètes comme ceux des témoins. Là ils jurent et promettent de remplir leurs fonctions en toute justice et selon les lois, de ne pas recevoir de présents à raison de Texercice de leurs fonctions, et d'offrir, s'ils venaient à en recevoir, une statue d'or massif. Ils montent ensuite à l'acropole où ils renouvellent le même serment, après quoi ils entrent en fonctions.
L'archonte roi, l'archonte cponyme et le polémarque peuvent prendre chacun deux assesseurs qu'ils choisissent eux-mêmes et qui sont examinés par le tribunal. Ces assesseurs sont comptables comme les titulaires.
Chacun des archontes a sa compétence particulière. Le premier soin de l'archonte éponyme est de faire proclamer par le héraut « ce que chacun possédait au moment où le nouvel éponyme est entré en charge, il en restera possesseur et maître jusqu'à la fin de ladite charge. » 11 désigne ensuite les chorèges des tragédiens, et installe ceux qui ont été nommés par les tribus pour les comédies ou p'our les concours des fêtes dont l'administration lui appartient; il statue sur les exemptions et dispenses réclamées.
La compétence judiciaire de l'éponyme est déterminée avec la plus grande précision. Aristote énumère les diverses actions que l'éponyme était chargé d'introduire. On sait que ces actions avaient toutes pour objet la protection des incapables, orphelins, mineurs, faibles d'esprit, épiclères, veuves. On y comprenait l'action en partage et les demandes d'envoi en possession d'une succession. L'action de mauvais traitements, par exemple, prenait, suivant les cas, des nuances diverses. Si la victime était un ascendant, l'action pouvait être intentée par toute personne , et le demandeur ne s'exposait à aucune amende. Pour un orphelin
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l'action était donnée contre le tuteur, pour une épiclère elle Tétait non seulement contre le tuteur mais contre le mari. L'éponyme n'était d'ailleurs pas obligé d'introduire l'affaire devant le tribunal, il pouvait infliger lui-même une amende à la partie en faute. 11 prenait toutes les mesures nécessaires pour la protection des orphelins, des épiclères et des veuves, affermait leurs biens et prenait hypothèque sur les biens des fermiers.
La compétence de l'archonte roi a un caractère plus particulièrement religieux. Sans parler des fêtes et cérémonies dont il a la direction , c'est lui qui introduit l'accusation d'impiété , les contestations relatives à l'exercice des sacerdoces, enfin les affaires de meurtre. Celles-ci étaient réparties par la loi de Dracon entre l'aréopage et les éphètes. Au temps d'Aristote les éphètes, qui siégeaient au nombre de cinquante et un et paraissent avoir été les représentants des anciennes familles, n'existent plus. Ils ont été remplacés par un tribunal ordinaire , désigné par le sort et siégeant en plein air.
A l'aréopage sont portées les accusations de meurtre ou de blessures préméditées, ©svoj, Tpau;xaTîç ây. Trpsvoiac, celles d'empoisonnement, çap;Aa7,a)v, et d'incendie, Tïjpy.aïaç.
Les autres cas sont portés devant un tribunal ordinaire qui juge soit devant le Palladion , soit devant le Delphinion. Au tribunal du Palladion appartiennent les accusations de meurtre involontaire, ^ivcj àxcujio'j, de guet-apens, gouXeÙŒswç. C'est lui qui connaît de tout meurtre commis sur un esclave, un métèque ou un étranger. Au tribunal du Delphinion reviennent tous les cas où l'accusé présente une excuse fondée sur un texte de loi. Ce partage de compétence s'explique par des idées religieuses. Le Palladion est le temple de la déesse protectrice d'Athènes. C'est en quelque sorte le tribunal du droit commun. Le Delphinion était le temple d'Apollon Delphien, du dieu qui avait sauvé Oreste poursuivi par les Erynnies devant l'Aréopage, pour le meurtre de sa mère Clytemnestre. Apollon avait fait triompher le