FONCTIONS — TRAITEMENTS
tous les membres de la tribu, tous ceux du moins qui donnaient leur nom, y prenaient part. Pour certaines fonctions, toutefois, on procédait autrement et on subdivisait le tirage de manière à faire une part à chacun des dèmes qui composaient la tribu. Au temps d'Aristote, ce dernier mode de tirage ne s'appliquait plus qu'au conseil des Cinq- Cents et aux gardiens, ^pcjpzi. On y avait renoncé pour les autres fonctions parce que, dit-il, les dèmes les vendaient au plus offrant. On ne l'avait gardé que pour les fonctions qui avaient un caractère particulièrement représentatif. 11 y a ici plus d'un point qui reste obscur. On ne voit pas bien comment les dèmes pouvaient se laisser corrompre, puisqu'il s'agissait d'un tirage au sort. Peut-être faut-il supposer que le dème fournissait une liste de proposition, ou que les membres du dème s'abstenaient de donner leurs noms, de manière à ne laisser dans l'urne que ceux qu'ils voulaient en voir sortir.
La démocratie athénienne n'admettait pas de fonctions gratuites. Il y avait un salaire pour tout service rendu à l'Etat, même pour le simple exercice des droits politiques. Tout citoyen qui assistait à une assemblée ordinaire recevait trois oboles. Les proèdres recevaient le double, c'està-dire une drachme , et même une drachme et demie s'il s'agissait d'une grande assemblée, èît7,>.-rja(a xup(a. Les juges recevaient trois oboles par audience , les membres du conseil cinq oboles, et les prytanes un peu plus pour les frais du repas qu'ils prenaient en commun au Prytanée. La solde des archontes était de quatre oboles par jour et chacun d'eux avait en outre à sa charge l'entretien d'un héraut et d'un joueur de flûte. L'archonte de Salamine recevait une" drachme par jour, les fonctionnaires envoyés à Samos, Scyros, Lemnos et Imbros leurs frais de nourriture en argent; Les amphictyons envoyés à Délos une drachme. Les athlothètes étaient nourris au Prytanée pendant tout le mois d'Hécatombéon. Mais la liste est loin d'être complète. Aristote lui-même nous a déjà appris qu'au commencement de
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la guerre du Péloponèse il y avait à Athènes plus de sept cents fonctionnaires proprement dits, sans compter le conseil des Cinq-Cents et les fonctionnaires envoyés hors de l'Attique, dans les pays soumis à la domination athénienne. Tous, dit Aristote, recevaient un traitement du trésor public. Aussi les fonctions publiques étaient-elles recherchées, et la loi ne permettait pas que la même personne remplît la même fonction civile plus d'une fois. Il n'y avait d'exception que pour le conseil des Cinq-Cents , où il était permis de siéger deux fois.
L'ouvrage d'Aristote se terminait par un exposé de l'organisation et du fonctionnement des tribunaux. Quoique malheureusement très mutilée, cette partie de l'ouvrage nous fournit encore de précieuses indications , qui permettent de reconstituer, avec grande vraisemblance , l'ensemble du système. La liste générale des juges, était dressée annuellement par les archontes, chacun pour sa tribu. Cette liste comprenait six mille noms^ tirés au sort parmi tous les citoyens âgés de plus de trente ans, n'ayant pas été frappés d'atimie et n'étant pas débiteurs de l'Etat. Toute personne qui aurait exercé les fonctions déjuge sans remplir ces conditions aurait été punie d'une amende et même d'une peine corporelle.
Le tirage au sort donnait six cents noms par tribu. Ce contingent était lui-même subdivisé dans chaque tribu en dix sections, aussi égales que possible, ce qui semble indiquer que cette subdivision correspondait aux dèmes, en sorte que les juges venant d'un même dème étaient groupés ensemble, ou réunis à ceux d'un dème voisin pour former une section d'environ soixante. Chacun des juges portés sur la liste recevait une tablette, Trivav.'.ov, en buis ou en bronze, portant son nom, son démotique et une des dix premières
^ Le chiffre de 6,000 déjà donné par Aristophane, Guêpes^ v. 661 est confirmé par Aristote, 2i. — La liste était annuelle, Aristophane, Guêpes, V. 400.