II6 PARTIE | CHAPITRE QUATRIÈME
Les délassements
Délassements dans la famille
74. Il est des heures dans la journée et des jours dans l’année, pendant lesquels cesse pour ainsi dire la vie de ménage, si active et si occupée, pour laisser une part plus large à la vie de famille,
C’est, tous les jours, l'heure du soir ; ce sont pendant l’année, les dimanches et les fêtes,
Que de fois après souper, l'hiver au coin du feu, l'été à la fraîcheur d’un ciel pur, la jeune fille laisse échapper ce cri joyeux : ‘La veil. lée ! la promenade !” Il semble que c’est son heure à elle,
C’est que, sans y penser directement, elle va montrer un nouveau côté de son cœur, celui qu’elle aime le plus peut-être,
Elle à été utile tous le jours ; elle va, le soir et les jours de fête, se montrer aimable.
Elle à travaillé toute une semaine ; elle va, cueillir, pendant le repos du dimanche, les fruits de son-travail, en voyant plus épanouie la figure de sa mère, moins préoccupé et plus souriant le visage de son père, à qui elle essaye de faire oublier ses inquiétudes.
Oh! qu’elles sont bien nommées, ces heures, des heures de délassement !
L'esprit n’est plus ni tendu ni resserré par la crainte de déplaire, d’être importun, ou de manquer à des convenances quelquefois ridicules, toujours gêénantes,
Le cœur s’abandonne sans crainte à toute l'expansion de son amour d'enfant et à toutes ses petites confidences de jeune fille.
Le corps lui-même, tout en s'occupant, n’a plus à craindre la fatigue qui résulte d’un travail monotone.
Mais ces heures de délassement ne méritent leur nom que dans la famille.
Au dehors, dans les voyages, dans les parties, dans les invitations, que nous sommes loin de blâmer, on trouve du plaisir, de l'attrait, une variété qui de temps en temps semble même nécessaire: mais tout ce mouvement :
lasse vite: c’est une échappée qu'on à faite hors du nid, on a hâte d'y rentrer.
Au dehors on s'amuse, mais on se fatigue :
dans la famille on se délasse.
Au dehors on trouve la joie, qui disparaît avec ce qui la produit; dans la famille on rencontre le bonheur, qui ne s’en va que lorsqu’on le chasse,
Quels sont ces délassements.—Causeries.
75. C'est si doux, c’est si exquis, ce qui se passe chaque soir dans la famille, quand l’innocence et le travail ont tout le jour gardé la
demeure!
Il y a là des causeries charmantes, des rires
sans fin, des histoires cent fois répétées et ja-
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mais ennuyantes, des malices qui ne froissent personne, des saïllies d'autant plus spirituelles qu’elles s’échappent d’un esprit que la vanité n’a pas gâté ; des accès de gaîté trop bruyante peut-être, mais qui a l’art de ne pas fatiguer ; un babil enfin qui interroge, répond, excite et entretient sur toutes les lèvres un sourire perpétuel.
Et c’est vous, enfants, vous, jeunes filles, qui donnez tout cela! Oh! je ne m'étonne pas si l'on vous aime, si une famille sans enfants est
une prairie sans soleil, si l’on vous appelle si
souvent des anges.
Un ange qui viendrait du ciel a, sorterait la Fi cé F& Jo1e ; or, procurer la joie autour de vous est un de vos devoirs, aussi essentiel que le devoir de / . \ Q procurer le nécessaire à votre famille.
La lecture en commun
76, Ilya là des lectures pleines d’attrait, offrant par la voix gracieuse de l'enfant de doux enseignements et de suaves émotions.
Oh ! comme la veillée s'envole vite sous le charme de ces légendes naïves qui font pleurer quelquefois, qui souvent amènent le sourire et cachent une leçon de dévouement, d’obéissance
-ou de piété !
Plus d’une fois la petite fille, capricieuse ce jour-là, s’est mise à pleurer en interrompant sa lecture et demandant à sa mère le baiser du pardon.
Comme l’âme s'élève, comme le cœur se fortifie dans l’amour du devoir, à la lecture faite