‹ La science du ménage [microforme]Chapitre 30 sur 33 · SEX ESA · texte numérisé non relu

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par le père d’une page où le dévouement à Dieu et À la patrie, où le pardon des ennemis et l’uccomplissement du devoir sont retracés dans le beau langage de Racine ou de Corneille |

Comme l'esprit et le Jugement s’agrandissent et se rectifient pendant ces lectures, quelquefois interrompues par des réflexions, par des remarques, des applaudissements où des critiques !

Et à la longue, cette Communauté d’instruction et d'émotion, appareille les esprits et les cœurs ; on vit dans une même atmosphère de pensées ; on se comprend mieux parce qu’on a puisé aux mêmes doctrines.

77. Cette lecture en commun a d’autres résultats. Le livre choisi par la mère, le passage Spécialement désigné, peuvent encore quelquefois donner une leçon à tous, sans qu’on puisse se fâcher contre celui qui la donne, I] faut du tact sans doute, mais quelle est la femme pieuse et dévouée qui en manque ?

D’autres fois la seule lecture prévient une querelle que ferait éclater ln moindre parole, et qui s'éteint doucement dans le calme de l'attention,

Elle rapproche les caractères qu'une légère dissidence pendant le repas avait un instant

séparés,

Elle épargne à l’un la honte de demander

pardon, à l'autre l'embarras de pardonner.

Que de ressources dans ce moyen de délassement ! Et si les livres semblent ne pas convenir un jour, n-a-t-on pas un aibum de

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gravures nouvelles à feuilleter, une page de musique qu’on veut essayer le soir même ?

Musique

78. La musique, voilà encore un moyen de délassement délicieux.

Vous avez pendant huit ou dix ans appris à jouer du piano ; pourquoi ne pas mettre À profit, pour réjouir vos parents, vos connaissances acquises Ÿ

Laissez-vous guider par votre cœur : il vous inspirera ce qui convient ce jour-là, ou la joyeuse chansonnette, ou la charge ridicule, ou la mélodie pieuse, ou la vieille romance que votre mère chante quelquefois, ou enfin le refrain guerrier qu'affectionne votre père.

Bibliothèque

79. Nous ne pouvons pas désigner en particulier les livres qui peuvent être lus: nous laissons ce choix à la prudence de ln mère de famille, aidée des conseils de celui qui dirige 8a conscience,

Nous demandons seulement que chaque maison ait sa bibliothèque qui recevra chaque année quelque volume nouveau; vos livres de prix, jeune fille, y auront toujours la place d'honneur,

Aimez les bons livres; ces amis toujours prêts à faire paraître moins longues, les longues heures de la pluie, de l’hiver et de la souffrance ;

Ces conseillers fidèles qui ne savent ni flatter ni mentir ;

Ces Aôtes aimables qui prennent part À vos joies et vous donnent le moyen de les conserver, qui vous consolent dans vos peines et ne demandent rien en retour ;

es envoyés du bon Dieu qui vous parlent de sa Providence, vous disent sa bonté, et vous montrent sur le chemin du ciel des âmes comme la ôtre s’acheminant, à travers les peines de la vie, vers la céleste patrie.

ne Maison n’est pas complète sans sa bibliothèque, et un jour qu’un ancien en faisait transporter une dans sen cabinet de travail, il disait radieux: «I] me semble que je loge des amis dans ma chambre ; je n'y serai plus

Un simple conseil Pour vous, mon enfant :

RE gardez jamais aucun livre que vous soyez tentée de cacher aux regards de votre mère.

Les petits jeux

80. Il y a autour du foyer ces petits Jeux de salon, dans lesquels la malice qui sait rester charmante et l'esprit qui sait être délicat peuvent largement prendre leurs ébats,

Que de rires ont provoqués les charades en actior, les petites mystifications spirituelle. ment combinées et plus spirituel!cent reçues, les réponses souvent remplies d’à-propos à des questions bizarres, etc. !

Nous ne pouvons rien indiquer ici en particulier, mais nous regrettons que personne n’ait consacré quelques heures à faire 4 re- Cueil de ces jolies petits riens qui embellissent

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si bien les soirées de famille, ôtent pour un moment les graves préoccupations, et contribuent même au bien-être moral, en chassant l'ennui et remplissant le vide que laissent entre elles ce qu’on appelle les affaires.

Il faudrait peut-être, pour former le petit recueil dont nous parlons (nous en connaissons un grand nombre, tous nous paraissent peu convenables), il faudrait lire bien des pages fades et ennuyantes, modifier la forme de presque tous ces jeux appelés par ironie innocents ; mais que de mères et de maîtresses de pension remercieraient l’auteur !

Nous plaignons sincèrement ceux qui, devenus grands, rougissent de paraître enfants pendant quelques minutes ; ni une maîtresse ni une mère n’en sont là.

Ne savoir plus être enfant, ne vouloir plus l'être, surtout ne pas souffrir qu’on le soit devant vous, c’est presque être méchant, et je ne voudrais pas ces gens-là pour amis.

Outre ces jeux de petits et de grands enfants, il en est d’autres que j'appellerai plus sérieux, et qui deviennent pour la jeune fille une occasion de dévouement et de mérite.

Le père de famille aime le trictrac, les échecs, les cartes ; faire sa partie tous les soirs est tellement dans ses habitudes, qu’il est mécontent chaque fois qu’il est obligé de l’omettre.

Habituellement ces jeux exigent du caicui, .

de l'attention : ils ne sont pas pour vous, jeune fille, un délassement ; ils le seront pour votre père. Votre devoir et votre cœur, d’accord

ici l’un et l’autre, vous disent de vous mettre à l'étude et de venir, le sourire aux lèvres, offrir à votre père de disputer l’enjeu qu'il voudra bien désigner.

Une femme n’est à sa place autour d’une table de jeu que lorsque le dévouement ou la charité l’ont poussée à s’y présenter, et dans ce Cas qu’elle ne fasse pas connaître que c’est la complaisance qui l’a amenée là,

Les fleurs

81. Il-est encore un autre genre de délassement qui, s’il n’est pas exclusivement pour le soir, procure dans la famille de douces jouissances presque toute l’année : c’est Ja culture des fleurs au salon.

Des livres spéciaux donnent le mode de semence et de conservation, nous n’avons qu’à dire un mot du côté moral.

“Je me méfierai toujours de celui qui n’aime ni les fleurs niles enfants, disait un philosophe, et lorsque, sur la petite fenêtre d’une ouvrière, je vois onduler au vent quelques fleurs bien fraîches, je dis : Le travail et la bonté habitent la-haut, et je suis tenté de m'arrêter pour écouter si un ange ne répond pas à la voix de la jeune fille entonnant un cantique,”

Pour s’aimer il faut se ressembler, et le cœur qui met sa joie à voir grandir une fleur, à l’ar- "oser tous les jours, à chaque nouvelle feuille qui se montre, ce cœur-là doit être plus qu’un autre porté à la vertu.

L'amour des fleurs suppose des goûts simples

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IIe PARTIE

et innocents, la fuite des joies bruyantes, l’amour du chez-soi, l’ordre dans la maison, et une parure bien fraîche, mais bien modeste.

Heureuses les enfants à qui de bonne heure, on a inspiré ce goût, qui l'ont conservé et l'ont senti grandir.

S'il vous est permis d'avoir un petit ccin de jardin, c’est plus attrayant; ayez au moins quelques fleurs à cultiver dans votre salon.

On fabrique actuellemest des jardinières si élégantes de forme et si peu dispendieuses, que l'enfant qui a le goût des fleurs peut facilement

contenter son attrait.

Fôtes de famille

82. Nous ne parlons pas des délassements pris en famille, mais au dehors, tels que les promenades, les parties lointaines longtemps rêvées, les repas sur l’herbe au printemps.

Nous trouvons encore autour du foyer les fêtes |

de famille. LR Oh! n’en laissons passer aucune : anniver- i Q . . ñ

saires du jour de naissance, patrons ;...-ayons (l

pour toutes ces fêtes, et pour tous aussi, pour 1 notre père, notre mère, nos frères, nos Sœurs, l ayons un bouquet ; pour tous un compliment, | pour tous un cadeau fait de notre main, acheté l de notre argent. Que ces jours-là tout le mon- k de se sente heureux ; que les domestiques eux- | mêmes reçoivent un présent et trouvent une nourriture plus succulente.

Rien n’ouvre les cœurs et ne les attache comme les fêtes. :

Que ces jours-là surtout nous retrouvions Pour nos parents bien-aimés notre affection d'enfant si expansive et si vraie,

Hélas ! pourquoi faut-il qu'à mesure que nous devenons grands nous ayons honte de la naïveté de nos expansions ?

Nous n’osons presque plus embrasser nos parents, et cette honte extérieure descend jusqu'au cœur et le refroidit,

De là l'indifférence, puis la désaffection qui laisse tant de tristesse dans la vie de famille.

Que l’on cherche bien, et l’on verra que du jour où l’on a oublié d’embrasser son père ou sa mère, son frère ou sa sœur, le matin à leur lever e soir avant de se séparer, on à commencé à les moins aimer.

Oh! aimons, aimons toujours comme dans noS premières années, et s’il y à en grandissant une certaine convenance À garder devant les

étrangers, cette convenance n'existe pas en famille,

Prière en commun

83. Mais savez-vous ce qui conserve l’affection ? Ah! sans doute, il faut se voir, s’embrasser ; il faut surtout prier ensemble,

L'union des COTpS ne vaut pas l’union des âmes, dit un pieux auteur.

La première n’est pas toujours possible, la seconde l’est toujours,

Quelle joie douce et suave de pouvoir se dire : Ce que je pense, l’âme que j'affectionne le pense Comme moi ; ce que je dis à cette heure, elle le

dit comme moi ; et nos paroles intimes, parties même d’une bien grande distance, montent ensemble, s’entrelaçant dans une indissoluble union, jusqu’auprès du bon Dieu, qui ne les distingue plus et les accueille comme venant du même cœur.

O vous qui vous aimez et voulez vous aimer toujours, faites ensemble les mêmes prières.

Et si pour s'aimer il n’est pas nécessaire de se connaître, s’il suffit de prier les mêmes prières avec une mêmeintention, permettez, chères enfants, que je ne connais pas, mais que je voudrais si saintes et si innocentes, permettez que je vous demande, pour notre sanctification à tous, la prière du bon Maître : ‘ Notre Père qui êtes aux cieux.”

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Deux habitudes,

Sous ce titre, une mère de famille écrit dans ses mémoires les pages touchantes que nous allons ajouter.

Lisez-les, jeunes filles, et ne les oubliez pas aux heures pénibles que Dieu vous réserve, et qui viendront Pour vous comme elles sont venues pour vos mères,

Qu'il vous sera bon alors d’avoir vous aussi contracté ces deux habitudes !

“ Nous étions bien Pauvres, bien pauvres :

il ne fallait rien moins que notre travail assidu et notre extrême économie pour suffire à nous Procurer le strict nécessaire.

‘* Et cependant mon père ne s’en attristait jamais,

“— Nous sommes bien à sec, disait-il quelquefois, Comme je vais dormir cette nuit!

Il n’y à point de si doux oreiller que la confiance en Dieu. Il me semble que c’est quand nous n’avons rien que je repose le mieux.

“ Rarement la Providence trompait ce filial abandon ; nous ne savions pas comment, mais toujours les ressources arrivaient à point.

“ Je ne donne pas de détails, j'aime mieux Fenvoyer ceux qui me liront à leur propre

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expérience ; qu'ils aient le courage de faire ainsi, et ils verront comme la Providence vient en aide à ceux qui se confient à elle,

‘ Et sait-on à qui mon père attribuait ces attentions divines, toujours nouvelles, toujours inépuisables ? A deux habitudes qu’il appelait ses habitudes de famille et auxquelles il tenait singulièrement.

‘ La première, c'était celle de faire la prière en commun.

—“ J'en crois la vérite éternelle, disait-il : là où plusieurs prient au nom de Jésus-Christ, Jésus-Christ se trouve au milieu d'eux, et, certes, il n’y vient pas les mains vides. Un si grand Seigneur a toujours quelque chose sur

lui.

‘ Ainsi, chaque matin et chaque soir (sauf, pour le matin, le temps des grands travaux), nous devions tous nous réunir, et chacun faisait à haute voix la prière à son tour.

‘ Elles étaient presque toujours allongées d’un Pater pour les besoins présents, et ce Pater, mon père ne se déchargeait sur personne du soin de le dire.

‘ __C’est moi le chef, répétait-il, c’est moi le père ; à moi donc la commission de représenter au grand Père de famille les besoins de la couvée.

“Son ton était toujours grave, souvent ému, quand il récitait cette belle prière ; nous remarquions surtout de quel air pénétré il prononçait ces mots : Que votre volonté soût faite sur la terre comme au ciel.

“Très certainement, selon moi, c’est à cette

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