‹ La science du vinChapitre 7 sur 12 · CHANT · texte numérisé non relu

CHANT

Donc, n’éveillons pas l’Humeur noire, Ce chat-tigre accroupi qui dort ;

Et buvons pour braver la Mort.

Mourir n'est rien; mais ne plus boire Amis! jusqu’à plus soif versez :

Et qu’à l'instant, vidant la place,

Les sombres Soucis dispersés Partent sans retourner la face !

Le vrai vin refait la mémoire:

Remplissez mou verre à ras bord.

A GARIBALDI, tout d’abord,

Si l’on m’en croit, nous allons boire.

Ne pâlis pas, cabaretier !

Quand Zéphyr secoùra les roses Sur les tiges de l’églantier,

Nous boirons à bien d’autres choses!

LE TRIOMPHE DU VIN

En attendant, divin poète,

Redis-nous la belle chanson Qui fait courir un doux frisson Du bout des pieds jusqu’à la tête.

Tais-toi, philosophe nouveau !

Je t’ai connu jadis à Rome :

Je crois qu’il pleut dans ton cerveau,

Ta polémique nous assomme.

Et toi, rimeur à face blême,

Comme, sa phrase un sansonnet

Cesse de crier un sonnet

Qui vaut à lui seul un poëme.

Ton sonnet, c’est toi, mais moins beau: Tant l’homme vaut, tant vaut la chose.

Tu vas me traiter de Boileau;

Pourquoi n’écris-tu pas en prose ?

Est-ce le jour? Est-ce l’aurore Qui blanchit tout le cabaret ?

Non : c’est la lune qui parait.

Versez toujours! versez encore!...

Et toi, vieille buveuse d’eau,

Cache ta figure livide

Qui louche à travers le carreau,

Sinistre comme un tonneau vide!

LE TRIOMPHE DU VIN

Versez pour que mon sang s’allume Des vertus et du feu sacré De ce riche vin noir pourpré S’emperlant d’une rose écume !

Il est velouté, doux et frais :

Quand on le roule et qu’on le lape Entre la langue et le palais,

On croirait qu’on mord à la grappe.

La couleur qui m’est sympathique Reluit dans ta rouge clarté!

J’entends des chants de liberté Jaillir de ton glouglou magique.

Ton bouquet de fraise des bois,

Un peu mêlé de violette,

Me rappelle, quand je te bois, L’haleine de CENDERINETTE.

Assés, t’escout.ant d’une oreille, T’eslleurant de mon nez poinctu, Assés tastonné ta vertu Et ta qualité nonpareille.

Ami, cognois-moi de plus près.

Je ne suis pas meschant en somme ; Descends dedans moi, disparois,

Va voir si je suis honneste homme !

LE TRIOMPHE DU VIN

CHŒUR

Franchement, le cœur sur la main, Sans jamais parler de demain,

Du blanc matin à la vesprée Et de la vesprée au matin, Célébrons la grandeur pourprée DU VIN !

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