ÉPILOGUE
Fils du Soleil, c’est assez vivre Dans les ennuis du noir caveau :
De la bouteille et du tonneau,
En te buvant, je te délivre.
Comme l’ame retourne à Dieu,
O noble vin ! ouvre ton aile;
Et ressuscite, esprit du Feu,
De l’estomac à ma cervelle !
Va surexciter mes pensées,
Et de ce grand pays vermeil Chasse avec bruit, au grand soleil, L’essaim des strophes cadencées...
Des blés mouvants aux prés fleuris Je veux les voir, ces vagabondes, Sans courber l’herbe et les épis, Précipiter leurs folles rondes.
LE TRIOMPHE DU VIN
Mêle ta pourpre ruisselante Avec la pourpre de mon sang;
Fais, par tous mes nerfs, en passant.
Jaillir la verve étincelante !
Donne-moi l’immortalité,
Rends mon vers plus impérissable Et plus fort que l’éternité.
Ainsi soit-il, vin secourable !
Est-ce le jour? Est-ce l’aurore Qui blanchit tout le cabaret?
Non : c’est la lune qui paraît.
Versez toujours! versez encore!. .
Et toi, vieille buveuse d’eau,
Cache ta figure livide
Qui louche à travers le carreau,
Sinistre comme un tonneau vide !
CHŒUR
Franchement, le cœur sur la main,
Sans jamais parler de demain.
Du blanc matin à la vesprée Et de la vesprée au matin,
Célébrons la grandeur pourprée DU VIN !
Gustave MATHIEU.
pécernbro 1800.
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