‹ La science économique (volume 2)Chapitre 122 sur 196 · SALAIRES HEBDOMADAIRES · texte numérisé non relu

SALAIRES HEBDOMADAIRES

Métiew. New-York. P"»dapain. Prix de la viande.

Poseurs de briques 60 à 75' La livre, fiœuf^ la livre,

Maçons 60 à 90 22centim.l/2. 0,40 à 0,80.

Charpentiers et menuisiers. 45 à 60 Veau,

Peintres 50 à 80 0,40 à 1,20.

Plâtriers 50 à 75 Mouton,

Plombiers 60 à 90 0,46 à 0,8C.

Forgerons . 50 à 70 Porc,

Ebénistes 40 à 60 0,80 à 1 fr.

Selliers et bourreliers. ... 60 à 75

Boulangers 80 à 40

Bouchers 40 à 60

Tailleurs 50 à 90

Cordonniers 60 à 90

Métiers. AMlSSpre. ï*n»^«P*i"»- Prix de la viande.

Poseurs dé briques 40' 60 0^20 à 0,25 Bœuf,

Maçons 40 80 0,50 à 0,70.

Gha^rp^ntiers et menuisiers. 41 25 Mouton,

Peintres 36 25 0,60 à 0,80.

Plâtriers 40 50 Porc,

Plombiers 38 75 0,50 à 0,60.

Forgerons 40 60

Ebénistes 38 50

Selliers et bourreliers. ... 84 »

Boulangers 32 25

Bouchers 36 15

TaiUeurs :25 à 86 50

Cordonniers 36 75

Métiers. Beli^e. P^sdapaln. PrixdelaTÎandi.

Poseurs de briques 30' » • La livre. Bœuf, la livre,

Maçons 30 » 0^20 & 0,25'. 0,80 & i fr.

Charpentiers et menuisiers. 27 » Veau,

Peintres 21 10 0,80 à 1 fir.

Plâtriers. 27 » Mouton,

Plombiers 30 » 0,80 à 1 fîr.

Forgerons 22 » Porc,

Ebénistes 24 » 0,80 à 1 fr.

Selliers et bourreliers. ... 24 »

Boulangers 22 »

Bouchers n

Tailleurs . »

Cordonniers . »

Les salaires sont plus élevés en Angleterre qu'en Belgique, aux Etats-Unis que dans les deux pays précédents, pourquoi? Parce que Toffre du travail est moins grande aux Etats-Unis qu'en Belgique et en Angleterre, parce que leur mécanique est extrêmement avancée, parce que leurs capitaux fixes, capables d'utilités, y sont en grande abondance ; parce que, grâce au crédit S les capitaux circulants y circulent avec une vitesse dont nous commençons seulement à nous faire une idée.

1 D'après M. Ewarts, secrétaire d*État aux États-Unis. — Éconch miste français, 20 septembre 1879.

Le tableau suivant ^ prouve que le rapport du prix de la nourriture au salaire est en raison inverse de la quotité du 9alaire et du développement économique d'un pays,

Taax moyen Prix PrélèTement

Contrées. des salaires de la noorritnre snr le salaire

par semaine. par semaine, ponr la nourriture.

États-Unis. . . • • • ^8 shill. 10 shill. 21 %

Grande-Bretagne, . . 33 — 11 — 33 •/©

France 20 — 8 — *0 ®/o

Belgique 22 — 10 — 45 «/o

Allemagne 18 — 9 — SO ®/o

Italie 13 — 8 — 64 «/o

Espagne 15 — 10 — 67 «/o

Le taux du salaire obéit, comme le prix de toutes les marchandises, à la loi de l'offre et de la demande. Si la demande du travail est plus grande que l'offre, il monte ; si l'offre du travail est plus grande que la demande, il baisse. Si l'offre du travail devient si grande que le prix du travail soit nul, le salarié ne travaille plus, il mendie.

Yin. Les ouvriers, ou plutôt ceux qui prétendent parler en leur nom, ont hérité d'un préjugé qu'ont partagé, du reste, Smith, Ricardo, Sismondi \ Ils n'admettent pas que tout travail qui ne s'incorpore pas immédiatement dans un objet matériel soit productif. Par conséquent, ils ne comptent pas èomme un sa- 1 aire la rémunération que touchent ceux qui se livrent à un travail dont ils ne voient pas le produit direct.

D'après cette doctrine, le médecin ne travaille pas. Cependant nul ne niera que, quand il produit la santé, son travail ne soit pas incorporé dans un objet appréciable, ayant une valeur; l'homme sain a une puissance de production supérîeiu'e à celle d'un homme malade : donc, il vaut plus. L'avocat ne travaille pas, le juge ne travaille pas; cependant le jugement que rend celui-ci, et qui intervient après la plaidoirie de ce.

* Progress ofthe World, par Michael G. Mulhall, 1880, p.;85.

* Voir liv. I, Travail,

M* u aouRCi iamranQui.

tai-ià, a des effets absolument matériels : il se traduit, en matière dvile, par de l'aident & donner ou i receTwr ; en malttie criminelle, par l'élargissement oa l'incarcéralion d'on on plsàenrs hommes.

ToQJonrs en verta de ce pié- !^ jugé, les BubjectiTs deTécoDomie ^~~i politique tiennent diffldlement compte de ta capadté administratiie. Elle a cependant des ef- , fets très matériels; les hommes I qui ont organisé les compagnies de chemins de fer, qui provoquent ' l'ouverture, la construction de nouiellesl^es, qui régularisent le mouvemeat des locomotim et des wagons sur les anciennes, fouroissent des produits dont on ' ne peut nier l'existence.

I Or, en vertu de ce préjugé, les I susditssubjectirsrernseraientTOlontiers toute rémunération à 11 I capacité administrative; il n'y a — ' pas cependant d'élément de pro- ' duction qui ait une valeur égale, sauf la capacité de l'inventeur.

^ Certes, nul plus que moi n'ad- ^ mire l'inYenteur, qui prend une Ùj force de ia nature, jusque-là sans le 1* emploi pour l'humanité ; c'est l'aimant de la boussole, la lumière du soleil, la vapeur, l'électricité ; et il l'asservit aux besoins^de l'homme. 11 n'y a pas d'œuvre plus utile et plus grande; que serait le dis-neuvième siècle sans Watt, sans Fulton, sans Stephenson, sans Morse ? En fait, leur œuvre constitue la plus grande des valeurs, et aucun inventeur n'a reçu une rémuné-

ration proportionnée à la richesse qu'il a produite. Watt et Stephenson ont pu gagner des millions. Qu'est-ce que leurs millions à côté des milliards dont la machine à \apeur et les chemins de fer ont fait bénéficier l'humanité*? Vous pouvez demander des Watt, il ne s'en offrira pas tous les jours.

Le plus grand inventeur est celui qui a la plus grande capacité d'utilités.

Je comprends parfaitement la société qui s'est fondée sur la personnalité de M. Edison ; — produisez, faites des inventions, nous vous donnons une part considérable dans les bénéfices ; nous y gagnerons toujours, puisque sans vous ces inventions n'auraient pas eu lieu. Les gens mêmes qui ont en horreur les inventeurs sont tous à la recherche d'un problème quelconque qu'une invention seule pourra résoudre. Il n'y a pas un homme qui, à certains moments, n'ait exprimé un désir dont la satisfaction ne dépende pas d'une invention.

L'invention existe, c'est bien ; mais il faut la mettre en œuvre. Ici intervient la capacité administrative.

Elle se compose d'éléments fort complexes : l'initiative, Tart de grouper des intérêts, l'ordre, le contrôle, l'action et la persévérance. Ce sont là des qualités qui rarement se concilient chez le même individu.

Que d'inventions retardées parce qu'à côté de l'inventeur ne s'est pas trouvé l'homme propre à les mettre en œuvre! Que de millions perdus en gaspillage, faute d'emploi intelligent ! Certes, en ce moment, il y a des capitaux disponibles en Angleterre, en France, en Belgique, en Hollande, en Suisse, aux Etats- Unis ; le monde entier est à féconder, et voyez donc le misérable usage qui trop souvent en est fait ; pourquoi ? par défaut de capacité administrative de leurs possesseurs I

Mais où éclate cette incapacité^ c'est dans l'administration des intérêts généraux des nations. Voyez les hommes d'Etat qui se sont succédé à la tête des peuples depuis des siècles, et

t Voir llnventeur, par Yves Guyot, în-8», 1866.

303 LA SCIBJNCB ÉCONOMIQUE.

par le mal qu'ils font, le bien qu'ils n'ont pas fait, estimez la valeur de la capacité administrative 1

La capacité administrative doit donc recevoir nn salaire, et un large salaire, en raison de sa rareté et de sa productioB d'utilités. Les capitalistes commencent à ne plus le lui nuu> chander; ils le lui marchanderont de moins en moins. C'est en vain que les utopistes de je ne sais quelle égalité de m<dlusques veulent en contester la légitimité, elle existe par la force des choses.

£t je parle ainsi, non seulement pour les entreprises privées, mais pour les affaires publiques. C'est le calcul le plus faux et le plus antiéconomique que de lésiner, dans une démocratie, sur les appointements des hommes chargés de la gestion des intérêts collectifs. On la laisse alors, soit aux riches nullités, soit aux capacités exubérantes, intrigantes ou charlatanesques, en en éloignant les esprits positifs, qui, calculant les risques à courir et la médiocrité des avantages, se disent que, s'ils consacrent toutes leurs forces à leurs affaires privées, ils y gagneront en sécurité et en bénéfice. Les capacités exubérantes sont exceptionnelles; et, si puissantes, si remarquables, si utiles qu'elles puissent être, elles sont toujours un peu empreintes de don-quichottisme. Fonder sur elles un État politique stable serait une imprudence, si ce n'était une erreur. Lés autres peuvent ruiner un pays avec la désinvolture d'un Robert Macaire exploitant Gogo.

Le travail musculaire de l'homme tend à disparaître, étant remplacé avec avantage par la machine. Le travail intellectuel s'y substitue. L'homme dirige, au lieu d'agir lui-même. Le mécanicien de chemin de fer tourne un robinet, pèse sur un levier, et il entraîne des milliers de kilogrammes. On peut dire que la part du travail intellectuel, dans la production, est en raison de la puissance du capital fixe.

Lorsque certains hommes disent donc : — Nous sommes travailleurs et, montrant leurs mains calleuses, ajoutent : — Il n'y a que nous de travailleurs I ils se trompent.

Certes, nous devons espérer que leurs fils n'auront plus ces callosités, signe affligeant et honorable du travail manuel ; mais ils n'en seront pas moins des travailleurs, faisant des eff'orts effectifs en vue d'un produit déterminé.

Conclusion :

L'homme est un capital fixe obéissant à la loi de la valeur relative des capitaux fixes et des capitaux circulants,

La valeur de l'homme est en raison de la puissance de Voutil, Sa valeur augmente en raison de l'abondance des capitaux circMlants et de la puissance des capitaux fixes.

Le prix de la main-d'œuvre ou le coeffijcient résultant de la division du travail quotidien par le salaire est à peu de chose prés le même partout,

La valeur de Vhomme est en raison directe de l'abondance et du bon marché des capitaux circulants^ de la valeur^ de la puissance et du total du revenu des capitaitx fixes et en raison inverse du taux du revenu,

La richesse est en raison directe de la valeur de l'homme, du total de son salaire, et en raison inverse du taux de son salaire relativement à la valeur totale de son produit.

Le rapport du p7*ix de la nourriture au salaire est en raison inverse de la quotité du salaire et du développement économique du pays.

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