LES PRIVILÈGES DES PATRONS
pas que les patrons pouvaient se coaliser et non les ouvriers ; que, dans leurs démêlés avec eux, ils avaient pour juges, qui ? des hommes appartenant par leurs relations, leur naissance, leur mariage, au clan des patrons. Non, ils n'ignoraient aucune de ces choses, et ils en savaient quelques autres encore, en dépit du silence dont M. Persil voulait entourer ces questions. On s'en aperçut bien, à l'explosion de 1848. Alors les Persils furent fort surpris.
« Comment I les ouvriers ne sont pas contents ? mais nous avions eu soin de leur dissimuler qu'ils avaient le droit de n'être pas contents I Ils sont donc dans leur tort. Puis les ouvriers demandent qu'on renverse la question. Jusqu'à présent c'est nous qui avons eu les privilèges, ils demandent que les privilèges soient pour eux. Mais ils sont fous I »
On leur prouva leur folie à coups de fusil, à l'aide des déportations en masse, de l'état de siège et autres arguments tout aussi persuasifs.
Ils furent étonnés et mécontents. U y avait de quoi.