‹ La science économique (volume 2)Chapitre 141 sur 196 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

I. Étymologie.— GommerQUiti «t non-eommtrsuift. — Myogé s Mit lalvifMl et permanent.^ IL AntM prl(}iigé : flommene impradnetll— Anbe argiuant —m. Préjagéf protoettoanitlM. — Favoriient U piodiiDUiim.'— Malnteado.- Les deux Tàntakt.— La prodootion fonbonda.^ Foneklon vtito du oonuMna. ^ IV. Les frau de prodnetton et les dèbcmehét. •-- V. Laa mottopolM. -- La «Mh

enrrenoe.^ Grand agent d'irolotlon. — Utilité ponr U fixation du pris. «> Lt eontrebande.— VL Le fTitème aereantile. «- Importation et apoctation ém métaux préeieaz.— J^B. Say.— L'exemple de fiaitiit. ~ Balanet éa eomaeree. « La raine de TAngleterre. — VIL La besogne des proteettonaiitoi.— • lA rèoiprooité. — Commerce des Iles-Britanniqoes avant et après la RéfinaM. — Us primes.— Exemple ! la bettersTe. — VIIL L*idéal proteetionniata.— IX. Mrs de la oberté. -^ Prix des capitaux ciroolants et des eapitani fixia»— • Bépaieat* aion de la consommation sur la production* — Les wqiariUtioM teBoad^Mi. — X. Gondnsion*

I. Nous ayons défini l'échange : le rapport des utilités entre elles.

Nous avons dit qu'il avait pour but de mettre les utilités possédées par un individu en rapport avec les besoins des autres individus.

On donne à la pratique de rechange le nom de commerce, commercium. Le mot est formé de cum et de merx; conmiercer, c'est échanger.

Ce n'est pas sans raison que M. Charles Dunoyer avait rappelé Tétymologie du mot « commerce», car elle dissipe certains préjugés.

On considérait , on considère encore le commerce comme étant le domaine de certaines catégories de gens. Longtemps on les a traités avec dédain. La loi Flaminia, à Rome, défendait aux patriciens le commerce. Pour l'esquiver, ils le faisaient faire par leurs esclaves. Aujourd'hui, en France, en vertu de ce vieux préjugé, la population civile est classée en comme^

çants et en non-commerçants. Ceux-ci ont une juridiction spéciale, un code spécial, des charges spéciales.

II n'y a pas de distinction plus absurde. Est-ce que chacun de nous, soit comme yendeur, soit comme acheteur, ne fait pas du commerce à tout instant? Ne sommes-nous pas tous marchands de quelque chose : un journaliste, de son capital intellectuel; un artiste, de son talent; un manœuvre, de sa force musculaire; un propriétaire, des utilités qu'il possède? Ne sommes-nous pas tous acheteurs à chaque moment de notre journée?

Le commerce n*est donc pas l'acte particulier de certains individus; le commerce est l'acte permanent de l'universalité des citoyens d'un peuple arrivé au degré de civilisation où existent la division du travail et la diversité des besoins.

Les besoins de l'homme sont variés et ses aptitudes aussi. Un individu possède des utilités d'un certain ordre; un autre en possède d'un autre ordre. L'un et l'autre ont besoin d'une certaine partie de leurs utilités respectives. Alors ils échangent entre eux.

II. Nous retrouvons, à propos de l'échange, le préjugé dont nous avons parlé à propos du travail ^ Certaines gens s'imaginent qu'il n'est pas productif d'utilité, parce qu'il ne produit pas d'objets nouveaux.

En effet. Mais il met à la disposition des besoins les utilités qui peuvent les satisfaire.

On a, de temps en temps, considéré le commerçant comme un parasite. Autant vaudrait considérer la bielle d'une locomotive comme un organe inutile.

Un paysan breton a des poules qui lui produisent une douzaine d'œufs. Il n'a pas besoin des œufs et a besoin de quantité d'autres produits. Les Parisiens ont grand besoin d'œufs. S'il n'y a pas de commerçant qui se charge de centraliser les œufs de cent paysans comme lui, de les expédier à Paris ; si

» Voir liv. I«', chap. i.

890 LA SCIENCE ÉCONOMIQUB.

dans cette dernière "ville il n'y a pas de conunerçants qni les achètent et les mettent à la portée da consommateur, le paysan breton gardera sa douzaine d'œa£s et le Paiiaiea ne la mangera pas.

n est fort possible qu'actuellement le paysan vende sa douzaine d'oeufs trop bon marché et que le Parisien la paye trop cher; mais cela prouTO que l'oi^^anisation du commerce est défectueuse; que les rouages sont trop compliqués; qu'il y a trop de firottements ; mais cela ne prouTO pas contre l'utilité du commerce.

L'utilité donnée égale en Taleur l'utilité reçae; donc, ont conclu certains économistes, l'échange ne produit pas d'utilité.

Ils n'ont pas tu que l'utilité que je donne m'était superfloe et que l'utilité que Je reçois était superflue à celui qui me la donne. Un vigneron produit 1 000 hectolitres de lin. H ne saurait les boire. S'il ne les échangeait pas, il n'en prodninit que cinq ou six, nécessaires à sa consommation* D'un antre cété, un manufacturier produit des kilomètres de tissas de coton. Il ne les produirait pas s'il ne pouvait les échanger. Chacun M non ce dont il a besoin, mais ce qu'il est le plus apte à flaire, et donne ses produits en échange de ce qui lui est nécessaire.

m. Les services et produits s'échangent contre des services et des produits.

Donc, plus une nation produit, plus elle ouvre de débouchés aux autres.

Il est insensé de penser qu'il faut ruiner un pays pour faire acheter ses marchandises : une fois ruiné, avec quoi les achètera-t-il?

Chacun a intérêt à ce que son voisin soit riche.

La fortune d'un négociant repose sur la richesse de sa clientèle.

De nos jours encore, nous avons les oreilles rebattues des préjugés protectionnistes; ils s'étalent avec l'impudence de rignorance dans nos assemblées législatives, et ils ont une telle force que ceux mêmes qui les combattent les traitent avec une sorte de ménagement.

— Il faut favoriser la production I

Voilà l'axiome posé.

Mais comment ? est-ce qu'on produit pour produire? C'est le travail de l'écureuil dans sa cage.

Jetons un coup d*œil sur le monde : que voyons-nous ?

D'un côté, du blé, du coton, du fer, de la toile, produits en grande quantité ; de l'autre, des gens ayant besoin de blé, de coton, de fer, de toile, et en manquant ; ceux qui produisent désirant vendre; une foule de gens désirant acheter; et cependant les uns vendant moins qu'ils ne désirent vendre, et les autres achetant beaucoup moins qu'ils ne désirent acheter.

Puis il y a de profonds financiers qui viennent vous dire : . — La production surabonde l

Alors tout le monde est gorgé jusqu'à la satiété ! Alors il y a trop de viande, trop de vin, trop de pain dans le monde ! Alors personne n'a plus besoin de chemises, ni de vêtements 1 Chacun est arrivé au maximum de luxe qu'il désire ! Les besoins sont tellement satisfaits, qu'ils n'existent plus et qu'il n'y en aura plus de nouveaux I

Or, non seulement la plupart des hommes ne peuvent encore satisfaire leurs besoins les plus primitifs, mais les besoins sont susceptibles d'accroissement sans limites.

Quand on dit : La production surabonde, on dit une sottise si l'on n'ajoute pas : La production surabonde sur un point déterminé, parce que les produits à échanger contre tel autre produit font défaut.

Tout l'art de l'échange consiste donc à mettre en contact les produits qui surabondent respectivement chez les uns et les autres.

C'est un travail de canalisation : favoriser la circulation, ouvrir des débouchés, telle est la fonction utile du commerce.

IV. M. Courcelle-Seneuil a très bien fait ressortir l'effet utile du débouché sur la production K

) Cours d'économie politiquCt 1. 1*', p. 151,

39S LA SCIBlfCB ÉCONOtaOUt^

Dans la fobriq[ue d'épingles d'Adam Smith» dix aartien produisent 48000 épingles par jour; nous supposons qu'il n*j ait pas assez de débouchés pour les 48000 épingles» il faudra ré* duire le nombre des ouvriers» en même temps la division des occupations; on bien ces ouvriers ne devront travailler que pendant la moitié, ou le tiers de la Journée ; dans tous les cas» le travail sera moins productif. Il y aura un déchet. An contraire, qu'au lieu de 48000 épingles il y ait un débouché pour 100000, certains frais n'augmenteront pas : ceux de comptabîlité, par exemple» etc.

Donc, on peut dire que ies frais dêproduetkn mmi en rote inverse de la grandeur du débouché.

Y. Dans le bon vieux temps, chaque métier» èhaqne corpo-ration prenait l'apanage d'une production. Sous la monarchie, c'était un privilège que concédait le roi.

Quand les découvertes des Portugais et de Christophe Ckdcnnb ouvrirent aux Européens de nouvelles régions» chaque pays de provenance, chaque objet de consommation devint le monopole exclusif d'une compagnie. Dans les pays d'Europe, du seizième siècle au dix-huitième siècle, le commerce maritime appartint à environ soixante-dix compagnies privilégiées. Ces privilèges avaient pu avoir leur utilité à l'origine pour provoquer les entreprises hardies; plus tard, ces compagnies, s'endormant dans leur possession, n'eurent plus qu'un idéal : vendre peu et vendre cher.

C'est la conséquence forcée à laquelle aboutissent toutes les organisations de ce genre. C'est le but inavoué peut-être à euxmêmes que poursuivent encore les protectionnistes actuels.

L'idée de la libre concurrence ne s'est produite qu'en France au milieu du dix-huitième siècle; les physiocrates ont eu l'honneur de la formuler.

La concurrence, c'est l'action, c'est l'effort, c'est la lutte; et toute action, tout effort sont insupportables aux apathiques : dans toute lutte les forts l'emportent, les faibles succombent Mais, dans l'histoire de l'humanité, ce sont les forts, les pre-

miers arrivés qui ont réclamé la suppression de la concurrence, afin d'éloigner de la position qu'ils avaient conquise leurs compétiteurs, l^s maîtres veulent empêcher les compagnons d'arriver à la maîtrise. Les corporations existantes veulent empêcher les consommateurs d'avoir à meilleur làarché des produits semblables à ceux qu'ils veulent leur vendre cher ; les monopoles n'ont jamais été établis que pour l'avantage des forts et au détriment des faibles.

Celui qui ne veut pas de concurrence n'a qu'un but : jouir des avantages qu'il a acquis par droit de naissance ou par son propre effort, et empêcher qu'ils ne soient diminués par des rivaux.

Le protectionniste qui repousse la concurrence extérieure ne veut pas perfectionner son outillage, essayer de produire à moins de frais des produits meilleurs ; il demande à avoir le monopole du statu quo. L'ennemi qu'il combat, c'est le progrès accompli au dehors.

Darwin s'est servi de ce mot : « la concurrence vitale ». Rien de plus juste. C'est la concurrence économique qui a produit tous les progrès matériels de l'humanité. La concurrence secoue l'apathie du satisfait, prêt à se contenter du résultat auquel il est arrivé, le pousse sans cesse à chercher le mieux. C'est le grand agent d'évolution.

La concurrence établit le niveau naturel du prix des choses. Les enquêtes protectionnistes contiennent des discussions sans fin sur le prix coûtant. Personne ne peut l'établir d'une manière fixe, hors la concurrence.

Sur dix manufacturiers, il n'y en a pas trois dont les objets aient un prix coûtant identique. Des éléments multiples le font varier de l'un à l'autre. Or, en vertu de la concurrence, il se trouve établi à l'égard de l'acheteur ; les manufacturiers bien organisés gagnent davantage, les plus mal organisés gagnent moins. Le prix commun moyen, qui représente les frais et les bénéfices de la majorité, est simplement réglé en vertu de la concurrence, par la loi de l'offre et de la demande.

394 LA SGIfiNGB ÉGONOMIQUB.

La concurrence est tellement dans la nature des choses, ({ue, chaque fois q[ue la législation a essayé de la supprimer, les hommes ont essayé d'esquiver ses restrictions, et Ton a eu bean faire, jamais la contrebande n*a été considérée comme un délil déshonorant. Les mœurs ont'été plus perspicaces que leA 1^ lateurs. .

VL Le système dit mercantile date en France de CSolbert, en Angleterre de Gromwell, en Espagne de Philippe II ; il ayait pour but d'attûrer de l'argent et de Tor dans le pays et de les empêcher d'en sortir. Malgré les faits, c'est vn des aigoments qu'invoquent encore les protectionnistes.

Or, le tableau suivant prouve que jamais, en France, les iiiiportations de métaux précieux n'ont été aussi considérables que depuis la conclusion du traité de commerce de 1660.

(Valeur exprimée en miUiont.)

iXffireBse

ImporleUon. Bzpoitatioii. ^^y^

f*y»p«'*titiniil

1 '• période décennale, 1827-1 836 . 1 809 697 1 lit

li' — 1877-1886. 8927 2908 1019

Total 24 436 14635 8801

Moyenne des 60 années. . 407 243 146

(Voir graphique 66.)

Dans cette dernière période, la moyenne annuelle du mouf vement des métaux précieux a été :

Importutiong 392 millions

Exportations 290

Différence pour les importations. . 102 millions

Dans la période 1867-1876, qui constate un excédent d'importation de 3 milliards et demi, nous avons eu cependant à payer l'indemnité de guerre de 5 milliards I

— Et depuis, dit-on. Et alors on parle du spectre américain, de l'invasion des blés d'Amérique et du drainage de notre or. Les protectionnistes aiment les métaphores. Voici les chiffres les plus récents :

Importatioas»

+ 100 218069 fir.

Importations.

1884 228501070 fr.

Exportations.

128283 001 fr.

Depuis soixante ans, nous avons eu un excédent d'importation de 8 milliards 801 millions !

On voit qu'il faudrait beaucoup d'années d'excès d'exportation pour que l'excédent de nos exportations en métaux précieux constituât une crise monétaire sérieuse.

Ces chiffres montrent de plus que le mouvement des métaux précieux ne représente pas le dixième de notre commerce extérieur.

Le progrès économique diminuera de plus en plus cette part, comme le prouve la con^paraison de deux périodes en Angleterre :

Gommeree extérieur.

Imp. et exp.

Millions ,600

Grap. 65. — Moyenne annuelle da mouvement des métaux précieux êa France de 1807 è 1876.

Argent.

Or.

Ainsi le commerce a augmenté de H.66 pour 100; le mouvement de l'argent a augmenté de 5.80 pour 100; mais celui de l'or a baissé de 17.60 pour 100.

S96 Lk SCIBROB ÉfSOROlIIOni*

Le navire qui arrive de New-York an Ha;m, chargé de Ué, fait une maigre opération 8*il n'a que quelques aacB d'or eonune fret de retour. Ce quil chmhe k emporter, ce n^est pas de For, ce sont des produits français, sur lesquels il peut gh gner 10» 15, 20 pour 100, pour le plus grand atantage du producteur français, du négociant et du consommateur amérkains. L'échange en monnaie n'est qu'un pis-aller. C'est ce j^Ls-aller que les protectionnistes présentent comme le mieux !

Tous les jours, dans les discussions des tarib de douanes, dans les appréciations des journaux, même qui passent pour compétents, on parie de la balance du commerce; quand le eïûiïre des importations dépasse le chiffire des exportationSi oa dit : La balance est à notre désavantage.

J.-B. Say a cependant fort bien montré, dépais longtemps, que c'est maintenant le contraire qu'U faudrait dire* Bastiat \ par un exemple sans réplique, a complété cette démonatratioii :

« Un négociant de mes amis ayant foit deux opénliciùB dont les résultats ont été fort différents, j'ai été curieux de comparer à ce sujet la comptabilité du comptoir à celle de la douane.

« M.T... expédie du Havre un bâtiment pour les États-Unis, chargé de marchandises françaises et principalement de celles qu'on nomme Articles de Paris, montant à 200000 francs. Ce fut le chiffre déclaré en douane. Arrivée à la Nouvelle-Orléans, il se trouva que la cargaison avait fait 10 pour 100 de frais et avait acquité 30 pour 100 de droits, ce qui la faisait ressortir i 280000 francs. Elle fut vendue avec 20 pour iOO de bénéfice, soit 40000 francs, et produisit au total 320000 francs, que le consîgnataire convertit en cotons. Ces cotons eurent encore à supporier, pour le transport, assurances, commission, etc., 10 pour 100 de frais; en sorie qu'au moment où elle entra an Havre, la nouvelle cargaison revenait à 332000 francs, et ce ftitle chiffre consigné dans les états de la douane. Enfin, M.T... réalisa encore, sur ce retour, 20 pour 100 de profit, soit 70400 francs. En d'autres termes, les cotons se vendirent. 422 400 francs.

* Traité d'économie politique, liv. !•', chap. xvii.

« Sur les livres de M. T... figuraient donc au crédit du compte des profits et pertes, c'est-à-dire comme bénéfices, deux articles, l'un de 40000 francs, l'autre de 70400 francs, et M. T... est bien persuadé qu'à cet égard sa comptabilité ne le trompe pas.

« Cependant, que disent à un partisan de la balance du commerce les chifTres que la douane a recueillis sur cette opéra-tien? Ils lui apprennent que la France a exporté 200000 francs et qu'elle a importé 352000 francs, d'où le partisan de la balance du commerce conclut qu'« elle a dépensé et dissipé les « profits de ses économies antérieures, qu'elle s'est appauvrie, « qu'elle a marché vers sa ruine, qu'elle a donné à l'étranger « 152000 francs de son capital. »

« Quelque temps après, M. T... expédie un autre navire également chargé de 200000 francs de produits de notre travail national. Mais le malheureux bâtiment sombra à l'entrée du port, et il ne resta à faire à M. T... que d'inscrire sur ses livres deux petits articles ainsi formulés :

a Marchandises diverses doivent à x fr. 200 000 pour achat « de diff'érents objets expédiés par le navire N.

« Profits et pertes doivent à marchandises diverses fr. 200 000 « pour perte définitive et totale de la cargaison. »

« Pendant ce temps-là, la douane inscrivait, de son côté, fr. 200 000 sur son tableau d'exportation, et, comme elle n*aura jamais rien à faire figurer en regard sur son tableau d'importations, il s'ensuit que les partisans de la balance du commerce verront dans ce naufrage un profit clair et net de 200000 francs pour la France.

« Il y a encore cette conséquence à tirer de là, c*est que, selon la théorie de la balance du commerce, la France a un moyen tout simple de doubler à chaque instant ses capitaux. Il suffit pour cela qu'après les avoir fait passer par la douane, elle les jette à la mer *. »

Pour que la balance du commerce fût avantageuse, il faudrait

< Sophismes économiques, V^ série.

898 LA SCIBNGB ÉCOKOIIIQUB.

q[ue le négociant français snbU to!]ûours des pertes dans ses opérations à Tétranger.

Ck)mme ce n'est pas précisément son but, oa comprend qrï fait tout son possible pour rendre la balance da commeice aussi défaYorable qjatQ possible à son pays. H y parvient heoreisement en dépit de tous les efforts de la douane et de son aiministration. Cest ainsi que, cbez tous les peuples européesii les importations dépassent les exportations, malgré les eiorti de la plupart de leurs gouvernements pour provoquer le risiM opposé ; le Royaume-Uni, dont les importations de 1869 à 1873 ont été en moyenne de 8278 milli<ms, et les exportatioiii di produits britanni(pies de 5600 millions; dont les importafioM ont été de 8200 millions et les exportations de 4800 MBm en 1878, devrait être le plus misérable des pays ! SetdoMA en dépit dé la théorie protectionniste, c'est le contraire.

Vn. Les protectionnistes ont pour Idéal un commerce wt retour : la négation même de l'échange.

Sous prétexte de praticpier leur industrie» ils s'oocôpeot Irii consciencieusement à fermer les débouchés à leurs prodnili; car, les produits s'échangeant contre des produits, si les peuples étrangers ne peuvent vendre leurs produits en France, ils oe viendront pas acheter les produits français. Audacieusemest l'Angleterre a supprimé ses barrières sans attendre la réeçiocité. Elle s'est laissé envahir à la satisfaction de tous les eoisommateurs, c'est-à-dire de tous les Anglais, s'inquiétant peu que ses importations fussent plus élevées que ses exportatioD!-

GOMIfSRCB ÉTRANGER DES ILES-BRITAMNIQUES AVANT BT APRftS LA RÉFORME DBS TARIFS DE ROBERT PEEL.

Importations. Exportations.

millions d« fr. mUlIons de fr.

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