‹ La science économique (volume 2)Chapitre 15 sur 196 · INTRODUCTION. XIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XIX

Inutile. » Mais pour briser un mécanisme comme celui de l'ancien régime, il fallait bien procéder par lois, par décrets, par commandements. Turgot était un anachronisme à la cour et dans le pays : il précédait les mœurs du milieu qui Tentourait; il choquait les préjugés de ceux-là mêmes dont il défendait les intérêts. Il tomba; mais, quelc[ues années après, ses réformes devenaient le canevas des cahiers des États généraux : elles prenaient^ avec Mirabeau, possession de TAssemblée nationale qui abolissait les corvées, les maîtrises, les jurandes, les réglementations contre le travail et le commerce et opposait aux droits de l'État la Déclaration des droits de rkomme, qui, dans ses articles 4, 10, 11, proclamait la liberté de pensée et d'action pour chaque citoyen.

Si l'esprit qui animait l'Assemblée nationale s'était perpétué pendant toute la période de la Révolution ; si la guerre civile et la guerre étrangère n'avaient pas autorisé la Convention à violer, au nom du salut public, les principes, au nom desquels s'était accomplie la Révolution, nui doute que le colbertisme n'eût été déraciné à tout jamais de la France, avant même que cette grande transformation se fût accomplie en Angleterre.

Malheureusement, tous les régimes qui se sont succédé, les deux empires comme la Restauration, les deux républiques comme le gouvernement de Juillet, tous ont ressuscité, entretenu, développé le colbertisme.

Actuellement, plus de deux siècles après la mort du surintendant de Louis XIV, son esprit domine et règne dans notre gouvernement et nos municipalités.

Page 1