XX INTRODUCTION
L'Empire refait les corporations, de manière à les mettre sous la dépendance de la police. Le Gode pénal prend parti pour Femployeur contre le travailleor. Il veut Tempêcher de pouvoir librement défendre le taux de son salaire. Aujourd'hui encore, dans la pratique, le gouvernement considère une grève comme une sorte de révolte. D*un autre côté, des gens qui se prétendent avancés veulent que TEtat intervienne en sens contraire. Us demandent un maximum d'heures de travail, un minimum de salaires ; la réglementation et Tinterdiction du travail des femmes ; ils veulent faire de la liberté d'association un instrument d'exclusivisme et d'oppression, en ressuscitant les anciennes corporations, en limitant le nombre des apprentis, en proscrivant le travail libre.
Tandis que les uns demandent ces garanties de l'Etat pour le travail, d'autres les demandent pour leurs capitaux, engagés ^ dans certaines industries, ou pour leur propriété. Répétant les anciens axiomes de Golbert, imbus encore de l'idée de la ba- ' lance du commerce, croyant qu'un pays ne s'enrichit que lorsqu'il exporte plus qu'il n'importe, s'imaginant que la monnaie constitue la richesse, prenant le signe pour la chose; se posant en défenseurs du travail national, alors qu'ils le privent des matières qu'il pourrait employer et qu'ils lui ferment ses débouchés , ils s'efforcent d'isoler la France du reste du monde ; ils parlent sans cesse de la surabondance de la production. Ils frappent les objets les plus indispensables, y compris le pain et la viande, et ajoutent, aux impôts déjà si lourds que nous payons à l'Etat, un impôt formidable en faveur des privilégiés de la protection !
Sous prétexte d'hygiène, par un simple arrêté, pris au nom d'un danger public qui n'était pas coupable d'une colique, en réalilé pour favoriser la monomanie protectionniste, le gouvernement interdit les viandes salées^ et la loi lui donne le droit d'interdire toutes les autres viandes.
Tandis qu'il dresse des barrières autour de nos frontières pour empêcher les objets d'entrer et, par conséquent, de sor-