INTRODUCTION. XXI
tir, il creuse à grands frais des ports et des canaux, il subventionne la marine marchande, il donne des garanties dlntérét aux chemins de fer ; magnifique logique du colbertisme !
Votre budget nous écrase : mais comme Golbert à l'intendant de Rochefort, la Chambre des députés ordonne aux ministres de n'acheter que des produits français, même de qualité inférieure et à prix supérieur !
Vers 1878, les partisans de cette politique dirent au public, qui les crut, que les gens ne savaient que faire de leur argent, lis proclamèrent que le gouvernement devait « prendre la direction de l'épargne nationale ». Ils la détournèrent ainsi de la commandite industrielle et commerciale et obligèrent une partie de l'épargne de l'avenir à payer les intérêts de la portion qu'ils ont absorbée dans des travaux dont les plus utiles ne pourront reconstituer son pouvoir d'achat que dans nombre d'années !
Le colbertîsme municipal s'affirme par la mise en pratique de la taxe sur le pain et la viande dans un certain nombre de communes ; par l'organisation de fourneaux municipaux ; par la construction de logements ; par Texploitation de certaines iadustries, celle du gaz, par exemple, en attendant l'exploitation des omnibus et tramways, réclamée par certains conseillers municipaux de Paris.
Le principe de l'adjudication est repoussé pour les travaux. Un conseiller municipal, très modéré au point de vue politique, M. Gernesson, veut y substituer la régie. Il veut que la ville ait non seulement des carrières, mais des forges (26 avril 1887) ; pourquoi pas des mines ? — « Plus l'action de la ville s'étendra sur toutes les branches de travaux, mieux cela vaudra I » proclame un autre conseiller municipal.
En même temps, on établit une série de prix obligatoire, qui devra être revisée annuellement d'après le prix des objets. M. Gernesson estime que le minimum du salaire doit être de 10 francs par jour pour un ouvrier célibataire. Ge droit fait pendant au droit au revenu que réclament les propriétaires et industriels.