INTRODUCTION. XXXVII
lent fair traders en Angleterre ; en France, ils sont partisans
d'une juste réciprocité ; ils réclament seulement « des droits compensateurs » !
En opposition aux tendances protectionnistes et collectivistes, des groupes importants se sont fondés pour essayer d'introduire des habitudes scientifiques dans l'étude des problèmes politiques et sociaux. Je citerai en France la Société d'économie 'politique^ fondée en i842; la Société de statistique, fondée en 1860; la Ligue pour la défense des intérêts des contribuables et des consommateurs^ fondée par M. Menier en 1879; V Association pour la défense des droits individuels^ fondée en 1887 par M. Léon Donnât.
Ces divers groupes, avec des nuances et des tempéraments divers, élaborent la science de la liberté, autrement difficile à comprendre que la constitution de privilèges empiriques.
L'avenir appartient à la liberté, car ceux-là mêmes qui la répudient et la repoussent pour les autres la réclament pour eux.
Gomment les collectivistes contemporains peuvent-ils concilier cette antinomie : liberté intellectuelle, liberté politique et tutelle économique ?
Comment peuvent-ils concilier leur méfiance envers l'aptitude de l'individu à juger ce qui lui est le plus utile et leur désir de substituer à sa volonté, à son action, à sa responsabilité, un gouvernement composé d'individus? Le pouvoir donne-t-il l'infaillibilité?
Oui, dans la conception du droit divin ; non, dans la conception du gouvernement, simple délégation des citoyens. Mais on ne se débarrasse pas facilement de l'héritage religieux et monarchique que nous a légué le passé. Nous avons, de par nos aïeux, le cerveau obstrué d'une foule d'entités ; notre éducation nous donne des mots comme arguments ; si le laboratoire nous débarrasse de l'idée de miracle, le catéchisme nous enseigne le respect du mystère. La science nous dit bien que rien ne se crée, rien ne se perd ; mais la Genèse, qui domine
ÏXXVIII INTRODUCTION.
encore notre intellect, nous raconte la création. Nous trans tons cette impression dans nos conceptions politiques el ciales. Nous imaginons l'État comme un être mystique, \ant faire des miracles, créer à son gré richesse et bonh $*il ne prononce pas le fiât lux! c'est qu'il y met de la mau> volonté. De là, de temps en temps des colères. Elles sont logues à celles des bas Bretons contre les saints qui n'ont exaucé leurs vœux en faveur de la pluie ou du beau tei Nous avons l'habitude de la prière. Nous récitons le Pâte gouvernement : nous lui demandons notre pain quolidie toutes sortes de grâces et de faveurs. Nous avons plus d dans son intervention que dans nos œuvres. Tel athée s fait son besoin de croyance dans un acte de foi à l'État, nier fétiche, dernier dieu, que la science sociale doit détn comme les sciences physiques et biologiques ont détrui autres !
Yves Gdyot.
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