SS74 4 804 34SI
4i;8lj
(Voir graphique 19.)
Ainsi, sur ces treize années, il n'y a eu hausse ou égalilé ^ns les prix que pendant trois années ; 1876, |879, 1880. Pendant les dix autres années, il y a eu baisse constante dont la moyenne est 3,3 pour 100; soit, pour l'ensemble de la période. 3S pour 100. En déduisant les trois années pendant lesquelles la hausse représente 2,23, nous arrivons donc pour la {>ériode à une laisse totale de près de 33 pour 100.
En Angleterre, nous constatons le même mouvement.
Si nous comparons les prix des marchandises, ppiacipaiement
à Londres et à Manchester, nous trouvons les variations suivantes relalivementaus prix moyens des années 18*5-1850'.
HAUSSE poul-IW BAISSI
fUlB
Exportation
ISfB-lgâO, . .
1" janvier 1BS6 . 7 1/( 30,S M 44 à (8 «0& 4t 58
SSdëcemb.tSSe. Sl/i 33,ll 80 48 64 -
< Ces chiffres sont emprunté» à la Commercial Hiitory and Rtvitia de 1885, publiée par the Economist.
^ ha Ib ou livre est de tS4 gramme».
Un c"! =: 4 quarters (hundredweinht), poids de cent, — 10 c"' ^ une toDne.
Un C-' =3 50 kil. 7, — Ua quarUr, lï kil. 7. — La tonne angUise est de ] Oiï kilogrammes.
SCLSNCB ÉCOKOU. <>
1" janvier 1886.
25décemb. 1886.
Porc.
Laines.
Soie.
Ib.
Lin.
Par tonne.
Toile. Chanvre.
Parbndl. Par tonne.
Coton bruU Fil de cot. Tissus de coton.
Par Ib. p^^ jjj
1845-1850. ... 13 12 à 22 l"janvierl 886. 101/2 9 1/2 25décemb. 1886. 1 1
Upland midling p.lib.d.
Printers Goldend
26m66 8hrtngs4C
Q«40,conr** reed in66reed
2« quai. 29 yaH» 37 J /2yard8
41b2oz 181bsi2oz
sh.d. sh. d.
«' janvier 1886.
25 décemh. 1886.
Fer.
British bars.
Par tonne.
Cuivre.
Par tonne.
Etain.
Plomb.
Par tonne.
(Voir graphique 20,)
— C'est la crise ! s'écrie-t-on.
Étrange crise qui n'aurait pas cessé de se produire, de se développer, dont le mouvement n'aurait pas cessé de s'accélérer depuis un demi-siècle, de sorte que les industriels n'auraient pas cessé de se ruiner, les ouvriers de chercher de l'ou. vrage sans trouver de salaire, les capitaux de se perdre, la misère de grandir et l'humanité de s'appauvrir !
Il n'en est rien. On le sent bien. Chacun en comparant sa situation, celle de ses compatriotes, du milieu qui l'entoure, sait que la richesse, le bien-être sont plus considérables qu'il y a seulement vingt-cinq ans. Chacun peut reconstituer plus vite ses capitaux fixes, se procurer plus de blé, plus de fer, plus de coton, de meilleurs habits, de meilleurs outils, un domicile plus confortable — si le protectionnisme et si le fisc ne se mettent pas en travers — en donnant un moindre prix, ou autrement, avec un moindre effort, avec un plus grand pouvoir d'achat.
On prend les chiffres du commerce extérieur d'après les estilations en millions de francs, sans tenir compte des quantités le représentent ces sommes. Mais quand on compare ces liffres, on trouve, pour la France, les résultats suivants :
asG
Haussa
BaisM
18ôe
Vi inde de Bouche ie
ir.
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S >ie Brti e
LaihP
Coton
Lin ifcChampe
Blé
.Huil is
f >oi«
Ctain.
iiomb
Fi I de Cm m
Tiisus de(oton
Co 4)n de Li une
CuivrJ
âO
Graph. 20.— Prix en 1880 et 1886, relativement à la période 1845-1850,
celle-ci étant comptée pour 100.
Les chiffres du commerce spécial 1873-75, sont les suivants :
Total, moyenne annuelle.
7319 millions
Importation. Exportation.
3 554 millions 8 787 millions
Les chiffres de l'année 1885 sont :
)it une baisse de 1,95 pour 100.
Total.
ISO
Or, de 1875 à 1883, la baisse a été de 23 pour 100 ; aux prix de 1873 à 1873, le commerce de la France eût donc donné le chiffre suivant : 8 milliards 970 millions, soit 20,63 pour 100 en plus.
tOA
YA
eu
ij;
Grapb. 21.
Il y a à peine dépression dans les chiffres basés sur la valeur; il y a augmentation de plus d*un {cinquième pour les quantités. Certes, nous n'avons pas à nous enthousiasmer de ces chiffres, car cette augmentation devrait être plus considérable. Mais pourquoi est-elle réduite à ces proportions? sinon, parce que la politique protectionniste a essayé de diminuer l'abondance des capitaux circulants, sans se douter qu'en les arrêtant, elle diminuerait la valeur des capitaux fixes.
Si nous comparons la consommation, par tête d'habitant, des objets importés dans les Iles-Britanniques, nous constatons une augmentation considérable de 1871 à 1883.
Ibs Ibs
Lard 3,41 11,47
Beurre 4,67 7,15
Blé 130,43 235,79
Sucre brut 41,45 58,53
Sucre raffiné 5,28 15,75
Thé 3,91 5,92
Ces objets ont diminué de prix, la consommation en a augmenté : donc augmentation de bien-être, satisfaction plus facile et plus complète des besoins.
III. Mais voici l'objection qui ne cesse de se reproduire : «Vous dites que l'abondance des capitaux circulants est le baromètre de la valeur des capitaux fixes. Leur quantité augmente-t-elle, la valeur des capitaux fixes s'accroît. Leur quantité diminue, la valeur des capitaux fixes s'abaisse ; la dépression se produit. Cependant, ce n'est pas par suite de la rareté du blé que la valeur du sol diminue en France et en Angleterre, mais par suite de son abondance. Si non seulement mon champ, mais le champ du voisin, mais le champ de Tétranger, produisent du blé toujours à plus bas prix, il en résulte que Tabondance du blé est une ruine pour moi. Si non seulement mon usine, mais l'usine du voisin, mais l'usine de l'étranger, produisent du fer toujours à plus bas prix, il en résulte que l'abondance du fer est une ruine pour moi ; mon capital fixe, au lieu d'acquérir une plus-value, devient un poids mort; je n'ai plus d'autres ressources que de laisser mon champ en friche et de fermer mon usine. Dans ces conditions, Tabondance des capitaux circulants provoque la baisse du capital fixe. Ce fait est en contradiction avec la loi que vous avez formulée. Elle est fausse. Et ils ont raison, ceux qui disent : Le bon marché, c'est la crise ! »
J'ai présenté l'argument dans toute sa force, car je ne soutiens pas une thèse; je m'efforce d'établir une démonstration rigoureuse.
Sans empiéter sur les chapitres suivants de ce livre, entre autres celui du commerce et celui des crises commerciales, nous
182 Là SCIE.NXE économique.
croyons cependant devoir immédiatement répondre en quelques mots à cette objection faite à la loi économique que nous venons de déterminer.
Cette objection est le point de départ du protectionnisme qui propose, à l'aide de barrières douanières, de raréfier les capitaux circulants afin d'en relever les prix : antidote le plus propre à provoquer la ruine qu'il prétend conjurer!
Cette objection suppose d'abord que tous les hommes ont à satiété les utilités propres à satisfaire leurs besoins : et cepeudant il y a encore, en France, des millions d'êtres humains qui ne mangent pas ou ne mangent qu'exceptionnellement du pain de froment ; ce n'est encore que la minorité qui mange de la viande, en rapport avec les exigences physiologiques indiquées par la science. Enfin, ceux-là qui peuvent satisfaire largement tous leurs besoins, qui n'ont pas le droit de pousser cette exclamation : a Que je voudrais bien être riche I » ne sont que l'exception. En réalité, nulle part, sur aucun point du globe, on ne trouve surabondance d'utilités ; il y a, au contraire, partout disette plus ou moins étendue, plus ou moins restreinte de capitaux circulants. Depuis trois quarts de siècle, pour ne prendre que notre temps, les protectionnistes ne cessent de pousser leur cri lamentable : « La production surabonde ! » Elle a doublé,triplé, quadruplé, depuis cette époque : tous les eff*orts de la science, du génie de l'invention, ont eu pour résultat de l'augmenter. Sommes-nous donc plus pauvres qu'alors? Les descendants, les disciples de ces Jérémies du bon marché, voudraient-ils revenir en arrière? échangeraientils leur confort pour celui de leurs pères ? donneraient-ils leurs terres, leurs usines, leurs maisons pour ce qu'elles valaient alors ? non ; et d'où vient donc cette plus-value ? sinon de l'augmentation des capitaux circulants.
Ton capital fixe et celui de tes voisins produisent des capitaux circulants qui ne correspondent pas à des besoins *; si tu
* Voir mes Lettres sur la politique coloniale, lettre L
envoies des couverts à des nègres qui mangent avec leurs doigts, si tu fabriques des patins pour la Guyane et des parasols pour le Kamtchatka, tant pis pour toi et tes faux calculs ; il faut chercher les besoins là où ils se trouvent. Manchester peut être encombré de cotonnades, et il y a encore des millions d'hommes et de femmes qui n'ont ni chemises ni mouchoirs de poche. îDirez-vous qu'il y a surabondance de cotonnades? — à Manchester, c'est possible : mais non pas sur tous les points du globe. Les manufactures sont obligées de ralentir leur production : d'autres se ferment; pourquoi? « parce que leurs produits manquent de débouchés ». Qu'exprime cette locution, sinon la difficulté qu'ils éprouvent à circuler? Il y a trop de coton, trop de fer, ici, parce [que le consommateur est trop loin pour les acheter ; parce qu'entre eux et lui s'interposent, non seulement l'espace, mais encore des barrières qui s'appellent des douanes et autres impédiments fiscaux ; parce qu'enfin, malgré son désir de les posséder, il ne possède pas des utilités qu'il puisse donner en retour de ces utilités.
En un mot, celui qui voudrait devenir ton client et ne le devient pas manque de pouvoir d'achat. Pourquoi ? parce qu'il n'a pas à sa disposition assez de capitaux circulants.
L'encombrement des capitaux circulants se produit pour un des motifs suivants.
Ou bien, le possesseur du capital fixe s'est acharné à lui faire produire un capital circulant ne correspondant à aucun besoin. Alors le terme même de la valeur est détruit. Ou bien le capital fixe a donné des capitaux circulants qui excédaient les besoins sur le lieu de leur production. Ici encore le termo même de la valeur est détruit.
Mais habituellement si le capital circulant correspond à un besoin, il n'est en excès que pour deux causes.
Vous produisez du blé, de la viande, des vêtements : vous ne trouvez pas à les vendre; pourquoi? parce que les gens qui voudraient bien les acheter ne peuvent les acheter. Ce n'est pas le désir, c'est le pouvoir de consommer qui fait défaut. Il
184 LA SCIENCE ÉCOiNOMIQUE.
y a encombrement de capitaux circulants de telle ou telle Tialure, sur tel ou tel point donné, parce qu'il n'y a pas de capitaux circulants d'une autre nature qui puissent être donnés en échange.
La valeur d'un capital circuiani s'élève en raison de la rareté des capitaux similaires, et en raison de l'abondance des capitaux dissemblables.
Ces capitaux peuvent exister sur tel ou tel point du globe, mais ils sont séparés par un large espace. Cet obstacle naturel empêche les capitaux circulants d'espèces variées d'entrer en conjonction. Les uns n'existent pas par rapport aux autres.
A cet obstacle naturel, les protectionnistes viennent ajouter l'obstacle artificiel des douanes ; et le fisc ajoute ses taxes sur la circulation et la consommation.
Lapljthore des capitaux circulants sur un point ne provient pas de leur surabondance, mais de la rareté des équivalents,
IV. — « Soit, me dit-on. Mais il y a sur le marché tant de blé, que je ne puis le vendre à un prix rémunérateur ; tant de fer, que je ne puis recouvrer mes frais de production. Les capitaux circulants que je produis sont au-dessous de leur prix de revient. Il en résulte que mon capital fixe perd sa valeur du fait de l'abondance des capitaux concurrents. »
La question est mal posée de cette manière. Essayons de la dégager par quelques faits.
Si vous vouliez, à l'aide d'une diligence, faire concurrence à une ligne de chemin de fer, on vous traiterait de fou et on aurait raison. Ce capital fixe, « la diligence », ne vaut plus rien. Pourquoi? parce qu'il produit à un trop haut prix ce service : le transport. Le capital fixe du chemin de fer l'a remplacé et vaut beaucoup plus ; pourquoi? parce qu'il produit à plus bas prix ce même service.
Si vous vouliez vous servir du vieil araire de nos pères, on vous rirait au nez. Cependant, il y a encore des régions de la France où il est exclusivement en usage. Que dis-je? le vieil araire, on le retrouve partout dans l'agriculture française.
C'est parce qu'elle suit le conseil d'Olivier de Serres : « Ne change point de soc », qu'elle ne produit que 44 ou 45 hectolitres à l'hectare, tandis que les peuples voisins en produisent 27, 28, 30 et plus. Si vous vous plaignez de ne pas pouvoir recouvrer vos frais, ce n'est pas parce que le blé est trop bon marché; c'est parce que vous produisez trop chèrement.
Vous ne voulez pas suivre la loi de l'évolution économique : multiplier le pouvoir de production de vos capitaux fixes ; vos capitaux fixes baissent de valeur, en vertu de la concurrence. Ils ne baissent pas de valeur parce qu'il y a surabondance de capitaux circulants ; ils baissent de valeur parce qu'ils n'en produisent pas eux-mêmes en assez grande quantité. Votre terre est comme la vieille diligence qui voudrait faire concurrence au chemin de fer.
Quels remèdes économiques et efficaces avez- vous entre les mains? Ou changer votre production, c'est-à-dire produire des capitaux circulants dont le besoin se fait sentir et qui ne sont pas en suffisante quantité ; ou bien réduire vos frais de pro • duction en augmentant la puissance de votre capital fixe. MM. Grandeau ^ Dehairain' vous montreront qu'il ne dépend que de vous d'obtenir des rendements de 30, 40, 50 quintaux de blé à l'hectare, par la sélection du blé, un meilleur usage de la mécanique agricole, des engrais appropriés. Est-ce de la théorie? M. Prout, cultivateur anglais à Sawbridgeworth (Herts), vous dit que sur une terre de 180 hectares, déduction faite de 3 et demi pour 100 représentant l'intérêt du capital d'achat, il obtient, par la culture exclusive du blé, en cultivant blé sur blé, un revenu net de U pour 100 de son capital d'exploitation. M. Boutelleau , cultivant, dans la Charente, 43 hectares de terres de qualité moyenne, a été obligé d'arracher ses vignes en 1875 et de les remplacer par du blé. Le bénéfice net, à l'hectare, était de 143 francs en 1874, de
^ Études agronomiques»
> Annales de V Institut agronomique.
237 francs en 1875 ; il est de 380 francs en 1884 K Ces agriculteurs prouvent que, pour eux, l'abonclance des capitaux circulants n*a pas fait baisser la valeur de leurs capitaux fixes. Comment cherchent-ils à maintenir et à augmenter cette valeur ? est-ce par la diminution des capitaux circulants ? -non, au contraire, c'est en les multipliant, c'est en en augmentant encore l'abondance, c'est en poussant à leur bon marché. Cet exemple est une confirmation décisive de la loi du rapport de la valeur des capitaux circulants et de la valeur des capitaux fixes. Si vous voulez obtenir la cherté des capitaux fixes, faites le bon marché des capitaux circulants. La politique protectionniste, en poursuivant la cherté des premiers, cause la ruine des seconds.
Tout producteur est d'abord consommateur. Votre capital fixe, avant de rendre des marchandises, doit d'abord absorber une quantité de matières premières. Ces matières, premières pour vous, sont des marchandises pour d'autres. Or, si, à l'aide de vos tarifs de douanes, vous empêchez les capitaux circulants d'arriver jusqu'au capital fixe qui les mettra en œuvre, qu'en résulte-t-il ? Celui-ci ne peut produire. Il est inutile. — « Mais, dites-vous, vous ne les prohibez pas complètement, mais vous les grevez de 10, 20 pour 100. » Soit : mais, quelque atténuation que vous apportiez à ce régime, vous arrivez toujours à la conséquence suivante : d'un côté, vous aggravez vos frais de production : donc, vous diminuez le pouvoir d'achat, par conséquent, de production de votre capital fixe ; en même temps» vous ne pouvez produire vos capitaux circulants à bon marché ; et vous vous fermez des débouchés, puisque vous réduisez le pouvoir d'achat des consommateurs, c'est-à-dire de tout le monde, vous compris.
La politique protectionniste fait une série de réservoirs qui ne peuvent communiquer entre eux qu'à la condition de
1 Congrès de rAssociation pour ravancement des sciences. Nancy,
déborder ; mais auparavant, ils ont dû s'emplir et se gorger : d'où stagnation, c'est-à-dire crise.
Ce que je \iens de dire prépare la réponse que je dois faire encore à une objection que j'ai signalée dans la note qui termine le chapitre précédent. Je lui donne tout le relief possible :
— « Vous dites que vous mesurez la richesse d'un pays au bon marché des capitaux circulants en même temps qu'à l'élévation du prix des capitaux fixes. Ce bon marché est réduit indéfiniment : alors vous avez du blé, du fer, du coton très bon marché; mais n'y a-t-il pas aussi une ruine pour ceux qui ont produit respectivement ces divers objets? Si je produis 15 quintaux de blé, et que le quintal ne vaille que 20 francs au lieu de 25 francs, je perds le cinquième. C'est une perte sèche pour moi. i»
C'est l'évidence même. Nous sommes d'accord. L'économie politique, comme le prétendent tant de gens qui en médisent d'autant plus qu'ils la connaissent moins, ne consiste pas à nier les faits ; mais, au contraire, à établir les rapports qui existent entre eux.
Mais le phénomène dont se plaint mon contradicteur provient de quoi ? De ce qu'il suppose que la production de blé est toujours restée égale. Mais si, avec le même capital fixe, il produit 30 quintaux à 20 francs au lieu de 15 à 25 francs, son bénéfice est tout net : il reçoit 600 francs là où il ne recevait que 375 francs; soit 37,5 pour 100 en plus.
C'est la réalisation de la formule paradoxale : il perd sur le détail, mais se rattrape sur la quantité.
En réalité, la richesse consiste dans la réduction de la valeur des unités des capitaux circulants et dans l'augmentation de leur valeur globale,
Bastiat appelait cette dernière valeur la valeur absolue, et l'autre la valeur relative. Je continuerai de me servir de ces expressions.
a — Mais, dit-on encore, si les capitaux circulants étaient
ISTt-aO 1«9I »
produits sans efforts, leur valeur serait nulle : que deviendrait la valeur des capitaux fixes? »
Pour que cette objection scolastîque eût quelque importance^ il faudrait que les capitaux circulants pussent se produire spontanément sans le concours des capitaux axes. Ce serait un miracle.
Tout industriel sait qu'il peut réduire presque indéfiniment ses bénéfices à la condition d'étendre indéfiniment ses débouchés. Il baissera ainsi la valeur des capitaux circulants qu'il produira et augmentera la valeur de son capital fixe.
V. Dans les temps de famine, votre propriété augmentel-elle de valeur? Le fer est cher, votre usine augmente-t-elle de valeur? — Oui, dites-vous; et, pour obtenir cette plus-value, vous demandez protection.
Oui, votre usine, à vous personnellement, a pu augmenter de valeur, parce que vous êtes en possession d'un monopole; mais le pouvoir d'achat de vos acheteurs est diminué de toute la cherté du blé, de toute la cherté de votre fer; la consommation sera donc moindre, les débouchés seront moins grands; «ne usine fera peut être de bonnes affaires, mais il n'y en aura qu'une là où il y en aurait dix ; votre usine ne prendra pas d'extension parce que le nombre des acheteurs sera limité; et, instinctivement, le protectionniste le plus endurci fera tous les efforts possibles pour diminuer ses prix de production et faire ia baisse sur ses capitaux circulants pour donner une plusvalue à son capital fixe.
Les tableaux suivants, empruntés à VHistory of priées de M. G. Michaël Mulhall, confirment non seulement tout ce que nous avons exposé précédemment, mais encore ajoutent un élément décisif à la démonstration que le progrès économique est en raison de la baisse de prix des capitaux circulants.
M. G. Michaël Mulhall prend dix denrées, en analyse les prix, en prenant le chiffre 100 comme chiffre initial, puisil totalise les chiffres auxquels ces dix produits arrivent à diverses périodes. Voici les résultats que lui a fournis ce procédé pour les États-Unis, l'Angleterre et la France. (Voir graphique 22.)
ÉTATS-UÎMS.
Beurre.. .
Fromage.. .
Houille. . .
Café.. .
Coton .
Fer. . .
Lard,
Sucre. ,
Tabac .
Blé. . .
Total.
ANGLETERRE
Bœuf 100
Beurre 100
Houille. ... 100
Coton 100
Lin 100
Fer 100
Sucre.
Bois . .
Blé 100
Laine 100
Total. • 1000
FRANGE
Beurre et fromage.. .
Café
Lîn -,
fruit > •^••••••*
lOi
Grain
Viande Soie. .
Sucre..
Vin . .
Laine. .
Total. .