I.FS PRIX ET LES CRISES IGl
a disparu et a été remplacé par du papier-monnaie dont cette hausse indique la dépréciation. (Voir graphique n° 2).
Après 1865, le gouvernement commença timidement le retrait du papier-monnaie ; après 1873, il agit plus énergiquement. Les Index numbers, basés seulement sur les chiffres de janvier, ne montrent pas ce qu'on dit habituellement : de 1863 à 1865, l'élévation des prix resta au-dessous de la prime sur l'or ; de 1865 à 1870, elle la dépassa. Le plus haut point de la prime sur l'or fut atteint en juillet 1864.
Pendant cette période, si la Grande-Bretagne reçoit de l'or des Etats-Unis, elle ne reçoit plus de coton. Dans Ylndex numbers de VEconomist, l'élévation des prix de cette matière première joue un rôle décisif. Des sociétés, à responsabilité limitée, s'étaient fondées en grand nombre après l'Act de 1862. Y a-t-il trop d'or ? La Banque d'Angleterre est obligée de relever son escompte en mai 1866 à 10 p. 100, et maintient ce taux jusqu'en août. Le 11 mai 1866 mérita le nom de Black friday (vendredi noir). L'Act de 1844 fut encore suspendu pour permettre à la Banque l'émission de ses billets.
Ce n'était donc point l'abondance de l'or qui avait provoqué les hauts prix de 1866 sur le marché de Londres.
La guerre austro-prussienne éclata en juin et contribua à entretenir de hauts prix. Cependant dans Vlndex de The Economist, ils sont déjà ramenés au 1" janvier 1867 de 3.464 à 3.024, soit une baisse de 17 p. 100.
La liquidation se faisait. Certes, l'or n'a cessé de s'accumuler : les mines d'or n'ont pas cessé de donner chaque année depuis 1856 environ 650 millions de francs ; la production de l'argent qui était, en moyenne, de 904 millions par an de 1856 à 1860, s'est élevée pendant les années 1861-65 à 1.101 millions de francs, pendant les années 1866-1870 à 1.339 millions. Le monde reçoit donc plus d'or qu'il n'en a jamais reçu, les deux métaux abondent dans les pays à double étalon. Cependant les prix baissent. En 1865, VIndex indique 3.564, en 1869, 2.666.
Mais la guerre franco-allemande a dévoré directement ou indirectement, pour la France et pour l'Allemagne, environ 14 milliards de francs. Aux Etats-Unis, en Autriche, en Russie, on avait créé des milliers de kilomètres
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de chemins de fer. En Allemagne, Tindemnité de guerre avait provoqué une grande activité. L'Autriche était lancée dans toutes sortes de spéculations. La France avait besoin de reconstituer ses capitaux et de renouveler son outillage. Les exportations de l'Angleterre, de 200 millions de £ en 1870, passèrent à 225 millions de £ en 1873. Partout, les prix s'étaient élevés. "L'Index numbers donne 2.947 pour le 1" janvier 1873 : et la crise éclata à New^-York, à Vienne. L'isthme de Suez avait été ouvert en 1869 ; les moyens de transport améliorés. La liquidation de la crise est dure et longue ; la crise de l'Angleterre éclate en 1875. Les prix tombent.
Pour les bimétallistes et les partisans de la théorie quantitative, tous ces motifs ne comptent pas. Il n'y en a qu'un, l'Allemagne a suspendu la frappe de l'argent en 1873. Donc quoiqu'elle en ait gardé le stock qu'elle liquidera peu à peu, quoique la France et la Belgique aient continué la frappe, quoique aucun pays de l'Union latine n'ait démonétisé les pièces d'argent, quoique les mines d'or continuent à donner au monde 600 millions de francs chaque année, quoique au l»"" janvier 1878, les Etats-Unis aient recommencé le paiement en espèces, quoi qu'ils aient adopté le Bland bill obligeant le gouvernement à frapper chaque mois de 2 à 4 millions de dollars d'argent, il n'y a, pour les partisans de la théorie quantitative et pour les bimétallistes, qu'une seule cause à la baisse des prix : c'est la démonétisation de l'argent en Allemagne ; et si l'argent même baisse de prix, c'est à cause de cette démonétisation et non pas parce qu'on en produit 2 millions de kilogrammes par an.
A partir de 1873, sauf quelques ressauts, la baisse est continue ; mais tous les Index numbers constatent im relèvement de prix en 1890 : celui de The Economist donne 2.236. L'Angleterre avait engagé de larges capitaux dans la République Argentine. Au mois de novembre 1890, la Banque d'Angleterre fut obligée de porter son taux à 6 p. 100, et quand éclata la chute de la Banque Baring, avait-elle trop d'or ? elle emprunta 3 millions £ à la Banque de France, 1.500.000 de £ à la Russie et 500.000 à diverses autres sources.
Aux Etats-Unis, ce fut aussi une année de grosse spéculation avec le projet Bland d'ouvrir la Monnaie à la