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LRS PRIX ET LES CRISES

frappe illimitée de l'argent ; mais presque en même temps on comptait sur le tarif Mac Kinley pour augmenter le prix des marchandises, on n'avait donc pas une suffisante confiance dans l'augmentation de la monnaie d'argent pour obtenir ce résultat : et on avait tort, car si la frappe illimitée de l'argent avait été adoptée, elle aurait entraîné une telle dépréciation des pièces fabriquées avec ce métal,- que le prix nominal des marchandises se serait élevé à un taux qui aurait rappelé le bon temps des assignats en France.

Cependant, le Sherman act, qui assurait l'achat annuel de 54 millions d'onces d'argent, fut adopté ; mais tous ces efforts réunis n'empêchèrent pas la crise qui, éclatant en 1893, entraîna la baisse habituelle (ï).

M. Clément Juglar (2) dit que toute crise économique est caractérisée par trois faits : 1° la hausse des prix qui la précède ; 2° le drainage des espèces métalliques qui détermine l'explosion ; 3° la baisse des prix qui permet la liquidation.

Mais d'où viennent ces phénomènes de hausse et de baisse ? La hausse est-elle due à l'augmentation de la quantité des métaux ? non. M. Juglar faisait remarquer, à rencontre de la théorie quantitative, que lorsque l'or (3) « est abondant, quand on observe le maximum à l'encaisse des banques, la liquidation de la crise précédente est à peine terminée, on se trouve encore dans la période de la baisse des prix. Au contraire, c'est quand l'or est rare et demandé, quand l'encaisse des banques est au plus bas, que les prix sont au plus haut ».

Les ca;^itaux ont été absorbés, ils ont perdu tout ou partie de leur pouvoir d'achat : les échanges se ralentissent. Le papier formant les équivalents des échanges ne suffit plus pour la liquidation des opérations, le paiement de matières premières, le paiement des salaires, le paiement des frais de toutes sortes, n'étant plus remboursés avec bénéfice par les consommateurs au prix prévu, restent à la charge de l'industriel. Il faut puiser

(1) V. suprà, liv. V, ch. VI, et inira, liv. IX, ch. VIII. Les Crises.

(2) Des crises commerciales et de leur Retour périodique, 2* éd. p. 20.

(3) II dit encore « argent », selon la vieille habitude qui s'est perpétuée dans le vocabulaire de la Banque et de la Bourse, p. 23.

dans les réserves métalliques ; et au fur et à mesure qu'elles se vident, les prix baissent. C'est exactement le mouvement contraire à celui qui aurait dû se produire d'après les partisans de la théorie quantitative.

Les -prix ne s'élèvent pas avec les stocks monétaires : car les hauts prix se produisent au moment où les encaisses étant affaiblies, les crises éclatent.

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