I.A LOI n'AinAIX Di^S SALAIRES ET LE SURTRAVAIL
capital total, soit £ 12.500, en obtient 33,28 p. 100. Tel est le taux du profit.
Le profit est la comparaison de la plus-value du travail ou du capital variable à l'ensemble du capital, mais ce n'est pas le profit qu'il faut voir. La plus-value du capital variable ne doit être comparée qu'au capital variable, c'est-à-dire aux salaires payés aux ouvriers. Nous avons alors :
£ 80 de plus-value divisés par £ 52, montant du capital variable payé chaque semaine :
Mais comme le capital variable (£ 318) se renouvelle 8 fois 1/2 par an, nous avons :
Ce chiffre de la plus-value, c'est le chiffre du surtravail : c'est le taux du capital vampire. Quand l'industriel paye 100 fr. en salaires, il gagne 1.307 fr. ; quand il paye 1 franc de salaire, il gagne plus de 13 fr. {Le Capital, t. III, p. 58).
Un déclamateur socialiste n'analyse pas la manière dont ce rapport a été obtenu. Il met tous les mathématiciens au défi de démontrer que le calcul de Karl Marx n'est pas juste ; et il continue en disant : — Le capital que nous avons envisagé se subdivise en 12.182 liv. st. de capital constant et 318 liv. de capital variable, en tout 12.500 liv. st., soit 97 1/2 p. 100 de capital constant et 2 1/2 p. 100 de capital variable (employé au salaire). La quarantième partie du capital total seulement sert, mais en jouant ce rôle plus de 8 fois par an, à payer les salaires. Et toute la plus-value provient de ces 2 1/2 p. 100.
Telle est la thèse. Seulement, dès son premier volume (ch. XVII), Karl Marx avait fait suivre de cette restriction la formule que nous avons donnée.
« Il est évident que le taux du profit peut être affecté par des circonstances tout à fait étrangères au taux de la plus-value. Je démontrerai plus tard, dans le IIP
volume, que, étant donné le taux de la plus-value, le
taux du profit peut varier indéfiniment. »
En effet, Engels fait suivre l'exemple de la filature anglaise des restrictions suivantes : « Ce profit (33,28 p. 100 relativement à l'ensemble du capital), est énormément élevé ; il s'explique par une conjecture exceptionnellement favorable — des prix très bas pour le coton et très élevés pour le fil — qui n'a certainement pas duré pendant toute l'année. )>
Ces deux restrictions ruinent tout le calcul : si le prix du coton, matière première, et du fil, produit, jouent un certain rôle pour augmenter ou diminuer le profit, alors le profit n'est pas le simple résultat du surtravail, et le taux de 1.307 p. 100 disparaît, tandis qu'apparaissent, dans la valeur du produit, d'autres éléments.
Et en effet, dans ce volume III, on trouve des chapitres consacrés à YEconomie dans l'application du Capital constant aux Effets des variations des prix, à la Rotation du capital, etc.
III. D'après la théorie de Karl Marx, un industriel, pour s'assurer des bénéfices, n'aurait qu'à prendre un nombre indéfini d'ouvriers, et cette opération lui serait facile, puisque, d'après le calcul précédent, la part du capital réservé aux salaires ne serait que de 2,50 p. 100 relativement au capital total.
Mais alors, les industriels européens sont bien absurdes de perfectionner leur outillage et de remplacer le travail humain qui, seul, leur donne la plus-value, par du travail mécanique qui ne leur donne rien.
Ils sont bien absurdes de se confiner dans les pays européens, au lieu d'aller dans l'Inde et en Chine, où ils trouveraient du travail en abondance sur lequel ils pourraient prélever une plus-value d'autant plus forte qu'ils feraient entrer moins de capital constant dans leur production.
Karl Marx a trouvé la réponse suivante : Pour augmenter le surtravail, le capitaliste a trois moyens : réduire le salaire, c'est-à-dire la durée de temps de travail nécessaire ; mais cette réduction est limitée par les moyens de subsistance ; augmenter la durée du travail, mais le capitaliste y trouve des obstacles physiologiques moraux et légaux. Alors il ne lui reste qu'un moyen : perfectionner les moyens de production.
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<( Le capitaliste qui emploie le mode le plus perfectionné s'approprie sous forme de surtravail une plus grande partie de la journée de l'ouvrier que ses concurrents.
« Le capital a donc une tendance constante à augmenter la forme productive du travail pour baisser le prix des marchandises et par suite celui du travailleur (t. I, ch. XII, p. 138). »
Karl Marx explique ainsi la passion du capitaliste pour la machine. Si la machine augmente le travail de l'individu, elle diminue le nombre des individus pour une production égale : donc elle détruit le surtravail humain, source unique de la plus-value qui, seule, repaît le capital. Donc le capitaliste, en remplaçant la main-d'œuvre par la machine, prépare son suicide : et tout progrès dans la production industrielle est la destruction même de la plus-value.
IV. Karl Marx est un adversaire du libre échange, car la valeur des subsistances détermine la valeur de la force de travail. Donc plus les subsistances sont chères, moins le capitaliste a de surtravail à sa disposition.
On voit que le sophisme de Marx est un merveilleux instrument d'agitation. Il sert à fausser toutes les actions « de la bourgeoisie ».
L'accroissement du capital, c'est l'excédent du travail. Le capital, affamé de surtravail, cherche à absorber la plus grande masse de surtravail.
« Le capital est du travail mort qui, semblable au vampire, ne s'anime qu'en suçant du travail vivant, et sa vie est d'autant plus allègre qu'il pompe davantage. Le temps pendant lequel l'ouvrier travaille est le temps pendant lequel le capitaliste consomme la force de travail qu'il lui a achetée (t. I, ch. X). »
Le salarié qui entend ces belles métaphores se répète que les bénéfices du fabricant, c'est le travail non payé ; donc, moins il travaillera, moins il donnera de travail non payé. En réduisant son travail au minimum, il empêche le capital de le voler. II épargne son unique fortune, sa force de travail.
En attendant le millénaire socialiste, et la suppression du capital, le salaire doit poursuivre par tous les moyens la diminution des heures de travail. La surenchère vient vite.
Après les Trois-Huit, M. Vaillant et les Trade-Unions australiennes ont demandé 6 heures ; M. Hyndman, 4 heures, M. Rendsdor devant le Tribunal de Leipsig et M. J. Noble, de New-York, ont réclamé 2 heures ; M. le docteur Joynes, 1 heure et demie et M. Pablo-Lafargue, dans son Droit à Voisiveté, demande « la proclamation des Droits de la paresse mille et mille fois plus noble et plus sacrée que les phtisiques Droits de l'homme (1) ».
La morale professionnelle marxiste aboutit, pour le salarié, au minimum de production.
Seulement Karl Marx et ses disciples, en réclamant la réduction légale des heures de travail, n'ont pas osé demander un maximum légal d'intensité de travail. C'est là une timidité inconséquente et indigne de tels logiciens.
Ils n'ont pas demandé non plus que la loi fixât le temps de travail nécessaire d'après le tarif des subsistances, d'après la puissance des moyens de production, et limitât le temps de travail non payé, afin de réduire légalement à un minimum du capital, l'exploitation du salarié par le salariant. Si aucun socialiste n'ose déposer une loi de ce genre, j'ai le droit d'en conclure ou qu'A ne connaît pas le système du maître dont il se réclame ou qu'il s'incline devant un opportunisme bourgeois.
D'après le sophisme marxiste, il appartient à l'Etat d'intervenir pour assurer aux salariés le maximum de salaire et le minimum de travail. Il le doit. Il le peut. S'il ne le fait pas, il est contre les ouvriers pour les patrons. Voilà tout. Donc donnez les pouvoirs politiques aux marxistes. Qu'est-ce que cela coûte ? Un bulletin de vote : et ils réduiront indéfiniment le travail économique pour le remplacer par le travail politique.
(1) Paul Lafarcue, Pamphlets socialistes. Le Droit à la Paresse, p. 28.