LES TRADE UNIONS ET LES GRÈVES
Ainsi les Trade unions n'ont point stabilisé les salaires des mineurs : elles ne les ont empêchés de baisser ui en 1880, ni en 1885, ni en 1897, ni en 1902 ; et s'il y a eu une forte hausse en 1901, les prix ont été ramenés en 1902 à peu près au chiffre initial de 1872.
Les oscillations continuent : de janvier à novembre 1909, 847.000 ouvriers mineurs ont subi des diminutions de salaires s'élevant à £ 55.000 ; en 1909, 378.000 ont bénéficié d'une augmentation de salaires insignifiante (1). Au mois de janvier 1911, 125.000 ont subi une diminution s'élevant à 7.675 ; au mois de février, pour 45.000 une autre petite diminution (2).
Ces constatations prouvent que les Trade unions n'ont pas sur les salaires une influence décisive.
Les femmes sont beaucoup moins engagées dans les Trade unions que les hommes, elles n'ont pas de représentants directs au Parlement. On peut conclure que leurs salaires ne subissent pas les pressions extérieures ({ui peuvent modifier ceux des hommes. De plus, les factory acts en mettant leur travail sous une surveillance étroite, n'ont pas contribué à les élever. Cependant de 1866 à 1887, leurs salaires avaient augmenté de 24 p. 100, tandis que ceux des hommes n'avaient augmenté que de 6 p. 100. D'après une étude publiée par M. Wood dans le Journal of the Royal Statistical Society, en 1902, voici les fluctuations des salaires des femmes, le taux de 1883 étant pris comme 100.
Salaires des femmes 1871 1883 1899-1901
Coton 74 100 113
Lin et Chanvre 101 100 112
Soie 82 lOO 9.j
Poterie 80 100 113
Chaussures 82 100 110
Il y a eu perte pour les femmes employées dans l'industrie de la soie ; mais dans l'industrie du coton, il y a une différence de 39 p. 100 entre 1871 et 1900, dans l'industrie de la poterie de 33 p. 100, dans l'industrie de la chaussure de 28 p. 100, par conséquent plus considérable ou à peu près aussi considérable que celle de la moyenne des salaires masculins.
(I) Labour UazcUe, dùccmbre 1910. (2; Id., février 1911.
Les rapoprts du Board of Trade constatent que les changements de salaires qui se sont produits sans grèves atteignent de 89 à 98 p. 100 du nombre d'ouvriers.
Les Trade unions ne peuvent empêcher les salaires de tomber quand l'industrie ne trouve pas de débouchés, tandis que l'ardeur des industriels à étendre leurs affaires, au moindre événement favorable, provoque immédiatement une demande de travail qui élève naturellement les salaires.
Si les Trade unions faisaient monter les salaires audelà du taux que peut supporter une industrie déterminée, celle-ci disparaîtrait et les salaires retomberaient.
Elles ont cru longtemps pouvoir par des grèves obtenir ces résultats factices ; on a vu qu'elles ne consacrent plus que le dixième de leurs dépenses à entretenir cette illusion.
III. En 1893, on comptait 615 grèves, affectant directement 594.000 ouvriers, 40.000 indirectement et présentant une durée de 30.467.000 jours de grève.
Le Board of Trade, Labour Gazette, dans son tableau des dix dernières années (janvier 1911), n'indique plus le nombre des ouvriers affectés indirectement. Voici les chiffres les plus forts et les plus faibles de cette période, au point de vue de la durée de la grève :
Nombre des grèves Nombre Jours de
ayant commence en : des ouvriers. grève.
.Moyenne pour les années
Ce sont les mineurs qui, en 1910, ont provoqué le plus de grèves ; mais ce qui a porté les jours de chômage au chiffre le plus élevé depuis onze ans, après celui de 1908, c'est la grève des boilermakers (fabricants de chaudières), faite en violation du contrat collectif arrêté en 1909 pour les constructions navales : 10.000 hommes ont interdit le travail aux ouvriers des 18 autres professions des chantiers maritimes.
Les mineurs avaient à leur compte en 1904, un tiers