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rapport p. 100
Le reste des Etats-Unis est partagé en six grandes divisions pour les clearing houses.
Le clearing house de Londres est dépassé par celui de New- York.
En France, le clearing house fondé par des banquiers ne fait qu'une douzaine de milliards de compensation par an ; mais la Banque de France a fait pour près de 246 milliards de virements en 1910.
En 1842, à Londres, R. Stephenson et Morison établirent une sorte de clearing house pour régler les comptes des compagnies de chemins de fer entre elles.
En 1874, a été établi à Londres le London Stock Exchange Clearing House. Tl a pour but de balancer ensemble non des sommes d'argent, mais des quantités de titres entre les stockbrokers. On a reconnu que les quantités réellement transférées n'excèdent pas 10 p. 100 du total des transactions liquidées.
Ces institutions ont toutes pour but de substituer à l'usage et au transport de la monnaie métallique de simples transferts d'écriture. D'après M. W. Fowler, 99 p. Iqo des affaires sérieuses se faisaient, il y a vingt-cinq ans, en Angleterre, à l'aide des instruments de crédit (1). Cette proportion n"a pas diminué.
En France, l'encaisse de la Banque est formidable. Cependant en 1910, la part des espèces n'est que de 15.722 francs par million de versements reçus et de
(1) William Fouler, Apprecialiuii oi Gold, 1886.
payements effectués. La Banque dit dans son rapport qu'elle s'efforce de faciliter aux titulaires de comptes courants, la domiciliation des effets de commerce dont ils sont débiteurs ». Les virements prennent la place des payements en espèces ou en billets.
On peut donc dire que la circulation d'un pays est d'autant plus perfectionnée, que Vusage de la monnaie y est plus restreint, relativement au chiffre de ses affaires.
C'est un aspect de ce phénomène que nous avons constaté, savoir : que le progrès industriel consiste à obtenir le rapport inverse le plus grand possible entre la consommation des capitaux circulants et le rendement des capitaux fixes.
Nous venons de voir trois importantes fonctions remplies par les banques : assurer de la bonne monnaie, garder de la monnaie, réduire l'usage et le transport de la monnaie.
V. Mais les banques ont encore une importante fonction, c'est celle du crédit à proprement parler. Elles ont pour but de faciliter le prêt de A, qui ne sait que faire de son capital, à B, qui veut l'utiliser. Elles font alors usage du papier de crédit, elles escomptent des traites. Enfin, elles font des émissions et elles font crédit aux Etats dans l'embarras.
De toutes manières, dans la première catégorie d'opérations comme dans la seconde, le bénéfice de la Banque est une commission.
Les banquiers, si riches qu'ils soient, ne travaillent pas avec leurs ressources. En réalité, la source de leurs bénéfices, c'est la confiance qu'ils inspirent. Ce sont des courtiers entre les industriels et les capitalistes, entre les commerçants eux-mêmes, entre les Etats et les prêteurs, entre ceux qui ont besoin de capitaux et ceux qui ont besoin d'en placer. Les bénéfices des banques sont en raison inverse de la quantité de capitaux qui leur sont nécessaires pour leurs opérations.
L'escompte est un monnayage des engagements contractés par l'industrie à la suite d'opérations réelles.