CHAPITRE VII
I. Etymologie. — Commerçants el non-commerçanls. — Le commerce est un acte universel et permanent.
IJ. Autre préjugé : commerce improductif. — Autre argument. — Fonction utile du commerce. — Le viticulteur et l'intermédiaire. — La [oiiune d'un négociant est la richesse de sa clientèle.
U\. 11 faut « encourager la production ». — « La production surabonde. » — Le débouché. — Le commerce concentre el répartit.
IV. M. Courcelle-Seneuil. — Influence du débouché. — La concurrence et le prix de revient.
V. Faire de la cherté. — Pri.x des capitaux circulants et des cajtitaux fixes. — Répercussion de la consommation sur la production. — Les superstitions économiques.
\ L Théorie du commerce international. — Cairnes. — Cherbuliez. — M. Bastable. — Ricardo. — John Stuart Mill : « L'é- (|uation des demandes réciproques ». — Frédéric List. — Le commerce intérieur et le commerce international sont identiques. — H n'y a qu'un commerce. Le libre échange est la condition économique de tout commerce.
I. On donne à la pratique de l'échange le nom de commerce, covimercium. Le mot est formé de cum avec et de merx, mercis, marchandise. Commercer, c'est échanger. L'étymologie du mot (c commerce », rappelée avec raison par Charles Dunoyer, dissipe certains préjugés.
On considérait, on considère encore le commerce comme étant le domaine d'une certaine catégorie de gens. Longtemps on les a traités avec dédain. La loi Flaminia, à Rome, défendait aux patriciens le commerce. Pour l'esquiver, ils le faisaient faire par leurs esclaves. Aujourd'hui en France, en vertu de ce vieux préjugé, la population civile est classée en commerçants et non commerçants. Les premiers ont une juridiction spéciale, un code spécial, des charges spéciales.
Mais est-ce que chacun de nous, soit comme vendeur, soit comme acheteur, ne fait pas du commerce à tout
instant ? Ne sommes-nous pas tous marchands de quelque chose : un journaliste, des produits de son capital intellectuel ; un artiste, de son talent ; un manœuvre, de sa force musculaire ; un propriétaire, des utilités qu'il possède ? Ne sommes-nous pas tous acheteurs et vendeurs à chaque moment de la journée ?
Le commerce n'est donc pas l'acte particulier de certains individus ; le commerce est l'acte permanent de l'universalité des membres de tout groupe arrivé au degré de civilisation où existent la division du travail et la diversité des besoins.
Les besoins de l'homme sont beaucoup plus variés que ses aptitudes.
IL II a donc à tout moment besoin de payer des objets ou des services. Certaines personnes s'imaginent encore que le commerce n'est pas productif d'utilité, parce qu'il ne produit pas d'objets nouveaux.
M. Méline et M. Charles Gide ont lancé beaucoup d'anathèmes contre lïntennédiaire, et dans des discours non seulement socialistes, mais officiels, il a été considéré comme un parasite.
Un paysan breton a des poules qui lui ])roduisent une douzaine d'œufs. Il n'a pas besoin des œufs et il a besoin de quantité d'autres produits. Les Parisien» ont grand besoin d'œufs. S'il n'y a pas de commerçant qui se charge de centraliser les œufs de cent paysans comme lui, de les expédier à Paris ; si dans cette dernière ville il n'y a pas de commerçants qui les achètent et les mettent à la portée du consommateur, le paysan breton gardera sa douzaine d'œufs et le Parisien ne la mangera pas.
Il est fort possible que quelquefois le paysan vende sa douzaine d'œufs trop bon marché et que le Parisien la paye trop cher : mais cela prouve que l'organisation du commerce est défectueuse ; que les rouages sont trop compliqués ; qu'il y a trop de frottements ; mais cela ne pi'ouve pas contre l'utilité du commerce.
Un vigneron produit 100 hectolitres de vin. II ne saurait les boire. Un manufacturier produit des kilomètres de tissus de coton. Il ne les produirait pas, s'il ne pouvait les échanger. Chacun fait non ce dont il a besoin, mais ce qu'il est le plus apte à faire, et donne ses produits en échange de ce qui lui est nécessaire.
On a cependant dit au viticulteur qu'il devait se passer d'intermédiaires, se mettre directement en contact avec le consommateur et on a dit à celui-ci : — Achetez du vin de propriétaire, vous serez sûr qu'il ne sera pas falsifié.
Ces bons conseils sont arrivés à désorganiser le commerce en gros des vins, mais le viticulteur n'en a pas profité. II s'est aperçu que le commerce était un art, qui présentait au moins deux difficultés, trouver le client et se faire payer. Le client s'est aperçu que le vin de propriétaire n'était pas toujours le même, qu'il ne se conservait pas toujours, qu'en cas d'accident de route, il n'avait pas de recours.
Enfin le producteur a engagé des capitaux en plants de vignes, en labours, en sarclages, en salaires. La récolte arrive. Quel est son premier besoin ? C'est de rentrer dans ses avances afin de les avoir disponibles : et il ne peut les réaliser qu'en vendant son vin en gros, tandis qu'il est obligé de faire de nouvelles dépenses pour le vendre en détail.
III Les services et les produits s'échangent contre des services et des produits.
Donc, plus une nation produit, plus elle ouvre de débouchés aux autres. Tel homme avisé voudrait ruiner tout pays qui n'achète pas ses marchandises ; mais une fois ruinés, avec quoi les habitants de ce pays les achèteraient-ils ? Chacun a intérêt à ce que son voisin soit riche. La fortune d'un négociant c'est la richesse de sa clientèle.
Le même personnage dit : — Il faut favoriser la production ! et en même temps, il s'écrie : « La production surabonde ! »
Mais pourquoi encourager la production si elle est une ruine ? On ne produit pas pour produire, on produit pour vendre. Il n'y a qu'un seul encouragement à la production, c'est le débouché ; et le rôle du commerçant est de le trouver, de l'ouvrir, de mettre en contact les produits des uns et les besoins des autres. Le commerce concentre et répartit.
IW. M. Courcelle-Seneuil a très bien fait ressortir l'effet utile du débouché sur la production (1).
(1) Cours d'économie poliliqnc, l. \, [>. 151.
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Dans la fabrique d'épingles d'Adam Smith, dix ouvriers produisent 48.000 épingles par jour ; nous supposons qu'il n'y ait pas assez de débouchés pour les 48.000 épingles, il faudra réduire le nombre des ouvriers, en même temps la division des occupations ; ou bien ces ouvriers ne devront travailler que pendant la moitié, ou le tiers de la journée ; dans tous les cas, le travail sera moins pi'oductif. Il y aura un déchet. Au contraire, qu'au lieu de 48.000 épingles il y ait un débouché pour 100.000, certains frais n'augmenteront pas : ceux de comptabilité, par exemple, etc.
Donc, on peut dire que les frais de production sont en raison inverse de la grandeur du débouché.
La concurrence établit le niveau naturel du prix des choses. Les enquêtes protectionnistes contiennent des discussions sans fin sur le prix de revient. Personne ne peut l'établir d'une manière fixe, hors la concurrence.
Sur dix manufacturiers, il n'y en a pas deux dont les produits aient un prix de revient identique. Des éléments riinltiples le font varier de l'un à l'autre. Ils n'achètent pas tous, au même moment, à prix égal, leurs matières premières ; les manufacturiers bien organisés gagnent davantage, les plus mal organisés gagnent moins. Le l)rix commun moyen, qui représente les frais et les bénéfices de la majorité, est simplement réglé en vertu de la concurrence, par la loi de l'offre et de la demande.
V. D'après les protectionnistes, plus l'homme peut se procurer avec difficulté les objets nécessaires à son usage, et plus il est riche.
On ne saurait trop admirer les efforts faits par l'homme pour s'appauvrir en croyant s'enrichir. Il n'y a pas d'ironie plus cruelle que le système protectionniste ; malheureusement, elle n'est pas seulement dans les mots, elle est dans les faits. Ceux qui l'adorent sérieusement se divisent en deux classes : les dupeurs et les dupés.
Ceux-ci sont des ignorants, qui déversent sur cette chimère leur besoin de croire à l'absurde. La puissance subjective de l'homme a créé des superstitions économiques comme des superstitions religieuses .
VI. La théorie du commerce international. Ricardo, John Stuart Mill, M. Bastable ont fait des théories sur
le commerce international ; mais qu'est-ce que le commerce international ?
D'après Cairnes, les conditions qui déterminent le caractère particulier du commerce international sont :
1° La distance géographique. — Or, il y a moins loin de Charleroi à Maubeuge, que de Maubeuge à Paris, de Bruxelles à Lille que de Lille à Paris. Par conséquent la distance ne peut être invoquée comme caractère du commerce international.
2" La différence dans les institutions politiques. — Peu importe au commerçant que la Belgique soit une monarchie parlementaire pendant que la France est une République parlementaire ?
Il ne voit dans les institutions politiques que la liberté et la sécurité qu'elles garantissent aux actes de commerce. Si un fournisseur ou un débiteur essaye de se soustraire à ses obligations, pourra-t-il le contraindre, par des voies légales, précises, rapides, pas trop onéreuses, à les exécuter ? Voilà la seule question qui lui importe : mais elle lui importe aussi dans son propre pays ; et pour un négociant du Nord, il peut être plus difficile d'obtenir justice à Toulon qu'à Bruxelles.
3° La différence dans le langage, la religion, les habitudes.
Comme il y a deux langues en Belgique, le commerce serait international entre le pays wallon et le pays flamand ; comme il y a quatre langues en Suisse, le commerce national serait enfermé dans chaque canton dont les habitants auraient la même langue et la même religion, mais entre Berne et Genève, le commerce serait international ! Telle était la conclusion, en effet, à laquelle était arrivé M. Cherbuliez (1). Comme la langue anglaise est commune à la Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, le commerce entre les deux pays ne serait pas international.
M. Bastable, dans sa Théorie du Commerce international, n'admet que la distance comme caractéristique du commerce international.
Admet-il les frontières naturelles comme la mer ? On le croirait quand il déclare que le commerce entre l'Angleterre et l'Irlande est international, quoique cepeur
fil Préeis (le In Science Economique, 1863.
dant il n'en réunisse pas tous les caractères ; mais le commerce entre l'Ulster protestant et les provinces catholiques de l'Irlande est national. Entre les îles du Danemark et le Jutland, le commerce est-il international ? M. Bastable ne le soutient pas.
Il donne comme critérium du commerce international la « complète immobilité de tous les agents de la production en ce qui concerne le passage dans d'autres groupes », de sorte que le commerce doit recevoir le nom d'international quand il se fait entre no coTupeting groups, entre groupes non concurrents.
Avant 1868, on aurait pu dire que le Japon représentait les conditions du critérium de M. Bastable ; mais il n'est plus dans ces conditions. La Chine elle-même est ouverte. Entre chaque peuple, il y a des phénomènes d'endosmose et d'exosmose. Est-ce que le capital ne passe pas d'un marché sur l'autre ? Est-ce qu'il n'y a pas concurrence sur des marchés des divers pays entre leurs produits respectifs ? Cette concurrence même n'est-elle pas le grand argument des protectionnistes ? La conception « des groupes non concurrents » est en dehors de toute réalité.
J'appelle ainsi, dit M. Bastable, les groupes entre lesquels « le travail et le capital ne circulent pas librement ». Le capital circule facilement d'un groupe à l'autre, malgré les restrictions apportées dans certaines bourses à- l'égard des valeurs étrangères. Il ajoute : " où la tendance à l'égalité des salaires et à l'égalité des profits n'existe pas ». Mais la différence des salaires et des profits, loin de supprimer la concurrence entre ces groupes, en est un des éléments.
En réalité, actuellement les nations, au point de vue commercial, ne sont séparées les unes des autres que par les douanes.
Quand, avant 1789, des douanes étaient interposées entre la Lorraine et le reste de la France, le commerce était-il international et avait-il un autre caractère économique qu'un commerce international ?
Le Royaume-Uni n'a pas de droits de douane, car les droits fiscaux qu'il s'impose ne sont que des taxes d'accise. Il ne devrait pas avoir de commerce international. Mais les autres nations ont des droits de douane ? Soit ; mais il y a de la différence entre ceux de la Belgique
et ceux de la Russie ; et le commerce serait-il plus international entre la Russie et la Grande-Bretagne, qu'entre la Grande-Bretagne et la Belgique ?
Je vois bien que les commerçants du Royaume-Uni et de la Russie font plus difficilement du commerce entre eux que ceux de la Belgique et du Royaume-Uni ; les droits de douane exercent une influence sur la pratique du commerce ; mais ils ne peuvent en avoir aucune sur la théorie des échanges.
Pour prouver le caractère spécial du commerce international, M. Bastable cite l'exemple hypothétique suivant donné par Ricardo :
« Deux hommes savent faire l'un et l'autre des souliers et des chapeaux, et l'un est supérieur à l'autre dans les deux métiers ; mais en faisant des chapeaux, l'un ne l'emporte sur son concurrent que d'un cinquième ou 20 p. 100, tandis qu'en faisant des souliers, il peut l'emporter sur lui d'un tiers ou 33 1/3 pour cent. Ne sera-t-il pas de l'intérêt de tous les deux que l'homme le plus habile s'emploie exclusivement à faire des souliers, et le moins habile à faire des chapeaux ? »
Il est évident que les parties gagnent avec cet arrangement : appliqué au commerce international, il est un argument en faveur du libre échange. Ricardo l'a employé pour prouver qu'il pouvait être utile à un pays d'importer une marchandise qu'il pouvait cependant produire à moins de frais que le pays qui l'exporte.
La théorie de Ricardo sur l'échange international, complétée par Stuart Mill (1844) et par Bastable (1887 et 1897), repose sur la théorie quantitative de la monnaie.
Quand un pays achète, il exporte de la monnaie : cette raréfaction de la monnaie dans ce pays fait baisser les prix. Les prix ayant baissé, les marchandises de ce pays sont demandées par les autres pays qui, en échange, renvoient de la monnaie. De là la distribution des métaux précieux ; certains économistes trouvent, dans le théorème de Ricardo, la véritable justification du libreéchange. Ils oublient qu'il ne le pourrait justifier qu'à la condition que les faits y fussent conformes ; et ils ne le sont pas.
John Stuart Mill a essayé d'établir une théorie des
valeurs internationales distincte de relie des valeurs nationales. Il a donné pour fondement principal des valeurs internationales « l'équation des demandes réciproques » (1).
Après une longue et pénible démonstration, M. Bastable conclut « à l'analogie entre l'échange international et l'échange entre individus indépendants » (p. 56). — « Lorsqii'un certain nombre d'individus, dit-il, dans une nation sont engagés en affaires, il se forme un marché, en prenant ce mot dans son sens le plus large, et les termes de l'échange deviennent plus définis : de sorte que nous pouvons dire que les marchandises, lorsqu'elles .sont produites librement, tendent à s'échanger d'après leurs coûts relatifs de production. »
M. Bastable ajoute qu'il est clair que le prix d'un article, dans un pays, ne peut pas excéder son prix dans une autre d'une quantité supérieure à la somme des obstacles au transport estimés en monnaie et que, dans le cas d'un article importé, il l'excédera précisément de ce montant (p. 80). Il y a quelques autres coefficient.^ à ajouter à celui-là. L'acheteur qui se trouve sur le marché qui fait le cours a un avantage sur l'acheteur éloigné. S'il y a un mouvement de hausse, l'acheteur sur place profitera du premier cours ; l'acheteur, qui devra être prévenu par télégraphe ou par téléphone, n'aura que le cours suivant. Mais cela est aussi vrai pour New-York et Chicago que pour Paris et Londres.
Frédéric List, dans sa tentative pour rajeunir les théories protectionnistes, a soutenu que, dans le commerce international, c'étaient les nations et non les individus qui faisaient des échanges ; et, par ellipse, on parle du commerce de la France, de la Belgique ; du Royaume-Uni, de l'Allemagne, etc., comme si chacune de ces nations était une personne qui échangerait avec l'autre. Cette idée est une survivance de l'ancien système pourvoyeur disparu depuis longtemps chez toutes les nations un peu avancées en évolution.
Ce sont des individus belges qui achètent et vendent à des individus allemands, hollandais, français,
(1) Principles, III, 18, § 2 ; trad. franc, t. II, p. 122. J'ai exposé sa théorie, ainsi que celle de M. Bastable dans mon volume : Le Commerce et les Commerçants, liv. VI, chap. II, p. 270 et suiv.
anglais, américains. D'un côté à l'autre des frontières, comme d'un côté à l'autre de la rue, ce sont les individus qui échangent entre eux.
VII. //. n'y a qu'un commerce. Au point de vue économique, que l'échange se fasse dans la même commune, dans le même département, dans la même nation ou entre nations différentes, il est plus ou moins complexe, plus ou moins important ; il a des modes divers, mais il est toujours identique. II n'y a point de distinction entre le commerce local, le commerce national et le commerce international : il n'y a qu'un commerce !
L'échange a partout et toujours le même caractère. Ses lois sont aussi universelles et constantes que celles de l'arithmétique. Le Belge et le Français vendent et achètent 1 un à l'autre en vue d'un gain réciproque, exactement comme le Breton et le Parisien vendent et achètent l'un à l'autre. Le Belge et le Français échangent des produits résultant de la division du travail exactement comme le bourgeois de Lille achète du vin au marchand de vin de Bordeaux.
Malgré les essais de protectionnisme intérieur, connus sous le nom de délimitation et qui ont provoqué en Champagne des scènes de banditisme au mois d'avril 1911, nul ne comprendrait plus en France, le rétablissement de la demi-do\izaine de lignes de douanes qui, avant 1789, existaient entre la Bretagne et la Provence. Personne n'admettrait que la Lorraine fût considérée comme une province réputée étrangère. Les octrois euxmêmes ne sont établis que comme des moyens de perception d'impôts, mais ils ne doivent pas constituer de douanes intérieures. De même, le Zollverein a fait l'unité économique de l'Allemagne ; la constitution des Etats-Unis a assuré la liberté des échanges sur un territoire presque aussi grand que l'Europe. Le commerce anglais se heurte à des droits de douane pour ses exportations ; mais pour les importations, il a acquis le marché du monde. Le commerce n'est international que là où il est soumis à l'élément perturbateur de la protection.
La seule caractéristique du Commerce international, c'est la douane.
Cette vérité suffit pour supprimer tous les argu-
ments qu'on essaie d'échafauder en faveur de la protection.
Demander si la politique du libre échange est une conséquence logique de la théorie du commerce international, c'est mal poser la question, puisque le commerce international est identique au commerce local ou national.
Il faut la poser de la manière suivante : L'intervention des pouvoirs publics dans rechange, pour en fausser, à Vaide de taxes, de restrictions, de mesures administratives les conditions économiques est-elle utile ?
L'expérience universelle a condamné les lois de maximum, les taxes municipales sur le prix des objets, les impedimenta qu'apportaient les corporations à la liberté du commerce, les douanes intérieures. Pas un protectionniste, si ardent qu'il soit, n'oserait en demander le rétablissement. Les protectionnistes des Etats-Unis qui ont élevé une frontière douanière contre le Canada, n'ont jamais réclamé des lignes douanières entre la Floride et le Dakota.
D'où cette conclusion :
Le commerce intérieur et le commerce international sont identiques :
Il n'y a qu'un commerce.
L'intervention des pouvoirs publics dans les actes d'achat et de vente est un élément perturbateur.
Le libre échange est la condition économique de tout commerce.
VIIL Le commerce consiste à mettre les produits en rapport avec les besoins de l'homme. Il concentre et il répartit.
..Plus les occupations sont divisées, plus le travail de chacun est puissant, plus les débouchés sont nombreux et plus l'échange est actif.
Tous les obstacles qui sont mis à la liberté de l'échange ont pour résultat d'augmenter l'effort nécessaire à chacun pour se procurer des utilités, d'empêcher l'abondance des capitaux circulants et, par conséquent, la hausse des capitaux fixes.