‹ La science économiqueChapitre 204 sur 210 · PRODUCTION DE L'OR MILLIONS DE LIV. ST · texte numérisé non relu

PRODUCTION DE L'OR MILLIONS DE LIV. ST

Reste

de

Empire

Pays

Le

Transvaal

l'Empire

Britann.

étrangers

Monde

29,8 luation.)

(éva

Cette production représente £ 817 millions, soit une moyenne annuelle de 2.042 millions, chiffre qui n'avait été atteint qu'en 1906.

Il est vrai que la production de 1922 est de 32 0/0 plus faible que celle de 1912; mais le stock d'or formé malgré la guerre, pendant ces dix années, est de 20.425 millions de francs, supérieur de 832 millions à celui des dix années 1901-1910, dont le total de 19.593 millions était un objet d'effroi!

Si nous retranchons l'année 1913, nous trouvons une production de 1914 à 1922 de 18 milliards de francs. En admettant que la moitié ait été absorbée par l'industrie et par les thésaurisations de l'Inde et de la Chine, il reste au moins 9 milliards de francs qui ont été ajoutés à l'or disponible pour la circulation. Il doit atteindre au moins 52 milliards. Jamais son stock n'avait été aussi considérable. La production augmentera pendant un certain nombre d'années.

Si on compare ces chiffres aux virements qui sont effectués au moyen des Bank Clearings, on constate que l'or devient de moins en moins nécessaire comme moyen de payement.

En 1922, les virements ont atteint en France 760 milliards de francs, en Angleterre £ 37.161 millions (924 milliards de francs), aux Etats-Unis $ 383 (1.914 milliards de francs).

Il y a quatre-vingts ans, Stuart Mill et Torrens

croyaient que tout chèque finissait par être payé en monnaie ou en billets de banque, et en Angleterre il n'y en a pas un sur 10.000 qui soit réglé de cette façon.

A la Semaine de la Monnaie, sous le titre : L'Economie des moyens de payement, M. G. Bertrand, secrétaire général de la Compagnie du Midi, a indiqué comment, d'accord avec la Banque de France, elle était arrivée à faire la plus grande partie de ses payements à l'aide de virements.

L'évolution des payements a été conforme à toutes les autres formes de l'évolution économique. L'usage des capitaux circulants s'est de plus en plus allégé : non seulement on a remplacé la monnaie de fer par la monnaie d'or, mais encore par la lettre 'de change, le billet de banque, qui ne pèse que quelques grammes, et enfin, par le virement qui, impondérable, peut déplaceir des millions par centaines et par milliers.

Même en dehors des virements. la quantité de monnaie nécessaire pour les échanges est très faible. Nous en avons un exemple avec la monnaie divisionnaire qui sert aux achats quotidiens. Les petites coupures de papier au chiffre de 30O millions, ont pu suffire à tout le mouvement des marchés et du commerce de détail. C'est la preuve de la rapidité de leur circulation.

J'ai été étonné de voir les calculs auxquels s'est livré, dans sa conférence du 11 mai, à iMarseille, un homme éminent comme le colonel Godefroy. Il considère que la capacité contributive de la France, évaluée à 10 milliards en or d'avant guerre, représente aujourd'hui 12 milliards en or au cours du jour. Il évalue que la force contributive de la nation est la quantité d'or qu'elle possède. Il suppose donc que les contribuables entassent le montant d'or existant et, le même jour, le portent tout entier à l'Etat qui le garderait précieusement.

Les sommes que le contribuable consacre à ses con- * tributions ne font en général que passer entre ses mains. Une fois reçues, lIEtat les remet dans la circulation; et tous les contribuables ne versent pas leurs contributions le même jour,

La peur de la contraction monétaire provient de la survivance de la confusion entre la richesse des peuples et la quantité d'espèces monétaires qu'ils avaient à leur disposition. Cependant, quel est le chiffre de l'or

relativement à la valeur de la richesse d'une nation? En France, avant la guerre, si on admet que la fortune de la France valait 200 milliards, il était de 4 0/0. 'Il était encore beaucoup plus faible dans la Grande-Bretagne, quoique la Grande-Bretagne fût le grand marché de l'or.

La Monnaie des Etats-Unis donnait pour l'Allemagne le chiffre de $ 13,30 d'or par tête en 1912. Que tout l'or eût dispani de l'Allemagne, est-ce qu'elle n'aurait pas conservé ses mines, ses usines, son outillage, ses moyens de production? 5 trillions de marks pour GO millions d'habitants donnent 83.333 marks par tête. La plupart, loin de les entasser, s'empressent de s'en débarrasser le plus tôt possible.

M. Keynes a calculé que les trillions de papier monnaie produits par la Russie valaient moins de £ 4 millions (1). Ce calcul est aussi siuperflu que les roubles papier auxquels il se rapporte, car il n'y a plus de terme de comparaison entre eux et n'importe quelle monnaie susceptible d'un échange.

Un des caractères les plus importants de l'œuvre des physiocrates et économistes français du dix-huitième siècle a été rappelé par M. J. C. Stamp, qui, dans une communication à la Royal statistical Society de Londres, sur the }Vealth and income of the chief powers (1). a cité le passage suivant d'Adam Smith : « Ils ont représenté la richesse des nations comme consistant, non dans une accumulation de monnaie, non consommable, mais dans des objets de consommation reproduits annuellement par le travail. Leur doctrine paraît être sous tous les rapports aussi juste que généreuse et libérale... Ils ont, depuis quelques années, fourni une secte considérable et sont connus dans la république des lettres sous le nom d'Economistes... »

Mais ces objets ne se reproduisent annuellement que grâce aux capitaux fixes qui constituent l'outillage de la nation: les terres arables, les prairies, les forêts, les mines, les routes, les chemins de fer, les usines, les manufactures et leur outillage; et nous venons de voir la faible valeur que représentaient même, à l'époque de

(1) Manchester Guardian Commercial's Reconstitution of Europe.

(1) Journal of the Royal statistical Society, july 1919.

la saine monnaie, les instruments de payement, relativement à la richesse générale des diverses nations. .

Les économistes français n'ont pas cessé de répéter : La richesse, c'est l'abondance des choses.

Et j'ai vu avec satisfaction, cité plusieurs fois, dans des ouvrages anglais relatifs à la monnaie et à ^ Banque, entre autres dans le livre de M. H. T. Easton : Money, exchange and Banking, une page de Frédéric Bastiat, dans laquelle il dit : « Cette pièce de monnaie que vous tenez, qu'est-ce? C'est la preuve que vous avez le droit, en échange, d'obtenir un objet ou un service. »

Du moment qu'il y a compensation, un morceau de papier ou deux signatures suffisent. La monnaie ne joue qu'un rôle d'appoint au cas où la compensation n'est pas exactement égale.

Les proiduits s'échangent contre des produits, les services contre des services! J.-B. Say, en formulant la loi des débouchés, a donné le principe fondamental de l'activité économique (V. la Science Economique, 1, III, Ch. XI).

Page 1