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RÉSULTATS ÉCONOMIQUES DE LA GUERRE ET CYCLES ÉCONOMIQUES

La science économique et la guerre. — Confirmation de la théorie des crises. — Les inventions dues à la guerre sont chères. — Compensation aux gaspillages. — Changements dans le commerce international. — Les cj'cles économiques. — Début du cycle actuel (août 1922).

M. Bampfyel de Fuller (1) traite la science économique « de science lugubre et décevante, dont les lois sont constamment dérangées par des influences antiéconomiques et, par conséquent, ne nous permettent pas de prévoir des développements futurs ».

La guerre n'est pas un des coefficients de la norme des faits économiques; mais elle est un fait économique comme un incendie ou tout auitre accident. D'après la thèse de M. Bampfyel de Fuller, la physique serait une science lugubre et décevante parce qu'elle ne permet pas de prévoir les chutes des personnes et des choses qui subissent les effets de la loi de la pesanteur.

Les conséquences économiques de la guerre ont été une confirmation décisive de la théorie des crises qae j'ai donnée depuis près d'un demi-siècle; elles ne viennent pas d'un excès de production, mais d'un excès de consommation : c'est parce que la guerre a porté cet excès à un degré que n'avait jamais atteint l'humanité que la crise est si longue et si cruelle.

— La guerre a causé beaucoup de destructions, mais n'a-t-elle pas provoqué des inventions?

— Sans doute, elle a perfectionné la navigation aérienne et la navigation sous-marine; elle a perfectionné quelques explosifs et produit des gaz asphyxiants. Mais

(1) Vltîmate facts in Economies, Nineteenth century and after, june 1922.

que^ est le prix de nevient de ces inventions si on en compare l'importance aux centaines de milliards de francs et à la valeoir des millions de vies humaines qu'a coûtés la guerre? La plupart de ces inventions se seraient produites d'ici quelques années; et le prix qui les grève est hors de proportion avec le retard qu'elles auraient subi. Si ces centaines de milliards de francs et les milJions de vies humaines avaient été employés à des travaux productifs, l'action utile des hommes sur les choses aurait été certainement beaucoup plus grande qu'elle ne l'a été.

Cependant, il y a quelques compensations aux gaspillages de la guerre. Jamais on ne s'était occupé, comme on s'en occupe actuellement, de tirer un meilleur parti de la houille, de ne pas laisser perdre la plus grande partie de son pouvoir calorique, d'en extraire tous les sous-produits qu'on négligeait.

Des changementis importants se produisent dans le commerce international. Le Department of Commerce des Etats-Unis a donné le tableau suivant des exportations de machines pour les quatre pays suivants :

(mille dollars) Valeur pour 100 Valeur pour 100

Etals-Unis 130.554 20.9 200.414 36,2

.\lleniagne 273.036 43.7 179.678 22,5

Royaume-Uni. . . 180.121 28,8 287.256 35,9

France 41.495 6,6 43.011 5,4

Total 625.206 100,0 800.359 100,0

En 1913. cette exportation des Etats-Unis n'était qu'un cinquième; maintenant elle dépasse le tiers, suivie de près par celle du Royaume-Uni, Celle de l'Allemagne a reculé de plus de 20 0/0; celle des Etats-Unis a augmenté de plus de 15 0/0.

Les Américains se sont beaucoup occupés des cycles économiques. Certains ont repris l'idée de Stanley Jevons de les faire coïncider avec les taches du soleil qui auraient périodiquement de l'influence sur les récoltes. Le synchronisme n'a pu être régulièrement établi.

Mais VAlexander Hamilton institute publie mensuellement une cycle chart (une carte du cycle) qui mérite attention.

Une ligne supérieure indique la valeur des affaires conclues : exportations, importations, production et commandes sidérurgiques, opérations des Bank Clearings. C'est l'index du pouvoir de dépense du pays.

Une ligne médiane donne la moyenne du cours des actions de vingt valeurs industrielles.

La ligne inférieure indique les variations des fonds disponibles déposés dans les Banques.

Au moment où les affaires prennent une grande activité, la ligne de ces fonds disponibles baisse; ils sont absorbés par les besoins de la vie économique; puis, quand cette grande expansion a diminué, ils se reforment; ils donnent à la ligne un mouvement ascendant qui annonce une reprise d'activité.

Pendant l'été de 1922, aux Etats-Unis, même en dépit des grèves, les conditions générales ont été favorables à un nouveau cycle d'activité; et en vertu de la solidarité économique des nations, tout le monde en profitera, si elles ne se heurtent pas à des obstacles politiques.

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