PREFACE V
municipal de Paris, la première proposition de subvention aux grèves qui y ait été présentée.
Après avoir signalé, le S mai 1893, à la Chambre des députés, la manière dont la Bourse du Travail comprenait son rôle, j'ai publié la Tyrannie socialiste, puis les Principes de 89 et le Socialisme (1894), la Comédie socialiste (1897) et, dans le Siècle (de 1892 à 1902), dans le Journal des Economistes, dans des livres : Sophismes socialistes et Faits économiques (1908), Préjugés économiques (1909), je n'ai pas cessé de montrer l'aberration de ceux qui ne voulaient y opposer que la force et de ceux qui voulaient, à l'instar de Bismarck, absorber le socialisme révolutionnaire et le collectivisme par le socialisme bureaucratique. En France, même ceux qui combattent le collectivisme en gros, acceptent en détail la réalisation du programme transactionnel du socialisme allemand, tel que l'a formulé, en 1875, le Congrès de Gotha :
« Le droit de coalition sans limite. La fixation de la journée de travail normal correspondant aux besoins de la société. L'interdiction du travail le dimanche.
« — L'interdiction du travail des enfants et de tout travail des femmes pouvant nuire à la santé et à la moralité.
« — Des lois protectrices de la vie et de la santé des ouvriers. Un contrôle sanitaire des habitations des ouvriers. Une surveillance des usines, de l'industrie, des fabriques, des ateliers et de l'industrie domiciliaire par des employés nommés par des ouvriers ; une loi pénale sur la responsabilité des patrons. »
Karl Marx et Engels rédigèrent un programme conforme qui, présenté par Jules Guesde, fut adopté par le Congrès du Havre de 1880 : et docilement, surtout depuis 1892, la majorité du parti républicain le fait passer dans la législation, alors qu'il y a antagonisme