‹ La science économiqueChapitre 4 sur 210 · I PREFACE · texte numérisé non relu

I PREFACE

de doctrines et d'intérêts eptre la démocratie et le socialisme (1).

J'ai été assommé par les anarchistes le 11 mars 1883. Parce que dans mon discours du 8 mai 1893, j'avais dénoncé la Bourse du Travail comme uii foyer de guerre sociale, j'ai été solennellement condamné à des exécutions variées. Quand j'ai été battu aux élections de 1893, dans le P'' arrondissement de Paris, par M. Goblet, les socialistes ont célébré, dans un banquet, cette défaite, comme celle « de l'homme qui incarnait la lutte contre le socialisme ».

En effet, je l'ai combattu et je continue de le combattre : car je considère que, ne reposant que sur des erreurs économiques, il est une œuvre de spoliation et de réaction. Réduit à sa plus simple, mais à sa véritable expression, le socialisme est le remplacement du contrat individuel par des arrangements d'autorité, en vertu desquels nul ne travaillera que sur la réquisition et quau profit de ses ennemis.

Mais en même temps, j'ai combattu les protectionnistes qui, tout en n'admettant pas l'intervention de l'Etat dans le contrat de travail, la réclament dans le contrat d'échange. J'ai montré le rôle de dupe que jouait la démocratie française en suivant la même politique économique que les censitaires de la Restauration et du Gouvernement de Juillet (2).

Préférant la vérité à la popularité, je n'ai jamais envié le pouvoir qui, par antinomie, fait de son détenteur momentané, l'endosseur d'idées faites et le courtisan des audacieux dont il a peur.

— Oui, me dira un sceptique, mais vous n'avez

(1) La Démocratie individualiste, par Yves Guyot, 1907.

(2) La Comédie protectionniste, 1905. La Ligue du Libre échange a été fondée au mois de février 1911. M. Yves Guyol en est président.

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