LE CAPITAL
Pourquoi produits ? vous possédez une source d'eau. Vous ne l'avez pas produite. C'est cependant un capital que vous pouvez vendre, utiliser comme force motrice, etc. Vous n'avez pas produit le diamant qui peut vous servir de capital. Il faut remplacer le mot ce produits » par le mot « possédés ».
Le professeur Davenport (1) a fait remarquer que ce rôle spécial donné à la terre est une survivance féodale. Dans toute la jurisprudence anglaise, la terre seule, est une propriété réelle, toute autre forme de propriété est personnelle : cette vieille distinction juridique s'est introduite et maintenue dans la science économique.
II. On doit à James Mill la plus fausse des définitions du capital et celle qui a fait la plus grande fortune : (( Le capital est du travail accumulé. » A ce compte, tournez dans le vide, et vous obtiendrez un capital. L'écureuil dans sa cage fait du capital.
Malthus a défini le capital : « Une portion de biens consacrée à la production et à la distribution des richesses. » Stuart Mill dit : « Le capital est la richesse appliquée à un emploi reproductif. » M. Banfield dit aussi : « Le capital est la portion des biens qui nous sont donnés par la nature ou que nous avons accumulés par abstinence (2). » John Stuart Mill, Rossi et M. Leroy- Beaulieu, adoptant ces idées, entendent que le capital est « non seulement le produit épargné », mais encore u le produit destiné à la reproduction ».
Il est difficile de distinguer entre les choses appropriées qui sont consacrées à un emploi reproductif et celles qui ne le sont pas. Un exemple : la nourriture. Pour tous les salariés, elle est un capital employé à un travail reproductif.
J'.-B. Say a conclu qu'il y avait des capitaux productifs d'utilité et d'autres, d'agrément ; mais, en langage économique, où s'arrête l'utilité et où commence l'agrément ?
Toutes ces distinctions et ces confusions disparaissent avec la définition suivante. Le mot capital désigne toutes les utilités faisant fonction économique.
X) Universily of Missouri. The quarlerlij Journal of Economie, novembre 1910, p. 104.
(2) Organisation de L'industrie.