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TENDANCES ÉCONOMIQUES DE L'HOMME

Matière et forces. — Modes d'appropriation. — L'outil. — Importance de l'outil. — Aversion pour l'effort. — L'instrument, l'animal, la femme, l'esclave. — La chasse. — Civilisation agricole. — Civilisation industrielle. — Prédominance de cette dernière.

Aussi loin que nous pouvons remonter dans l'histoire de l'humanité, nous trouverons chez l'homme, ou chez l'animal qui s'en rapproche le plus, cette préoccupation : faire des outils. Cet effort de l'homme a un caractère si prédominant, que, pour déterminer les diverses phases de la civilisation préhistorique, nous les désignons par la qualité de leurs outils : âge de la pierre, âge du bronze, âge du fer (1).

Les outils du naturel de la Terre de Feu sont primitifs. La femme plonge l'hiver comme l'été dans la mer pour pêcher des moules, pendant que l'homme se repose. Il a des chiens qui l'aident à prendre la loutre. Son alimentation est si aléatoire, qu'il est souvent réduit à dévorer l«s femmes.

(1) Voir DE MoRTiLLET, le Préhistorique ; Letourneau, La Sociologie.

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Quatre faits caractérisent les civilisations primitives : Insuffisance de l'outil. Animal utilisé comme outil. Femme utilisée comme outil par l'homme. Défaut ou impuissance de prévoyance. Insuffisance de l'outil : par conséquent, plus l'outil sera perfectionné, plus le degré de civilisation sera élevé.

Défaut ou impuissance de prévoyance : l'homme, grâce à l'imperfection de son outillage, est obligé de faire tant d'efforts pour se procurer la nourriture indispensable, qu'il n'a pas le temps de perfectionner son outil, ni d'épargner une certaine quantité de nourriture, qui lui permettrait de vivre sans la préoccupation constante de la faim.

L'homme a de l'aversion pour l'effort. Le plus fort cherche à faire faire l'effort par le plus faible et à conserver la satisfaction pour lui. Le premier être qui se trouve dans ces conditions est la femme. La femme commence par être l'esclave de l'homme.

Après un combat le vainqueur impose au vaincu le devoir de faire l'effort nécessaire pour la satisfaction de ses besoins. L'esclave est considéré comme un outil vivant. Presque tous les peuples, partant de cette idée, ont cherché non à travailler par eux-mêmes, mais à dépouiller les autres et à se procurer des esclaves qui travailleraient pour eux.

Dans la phase industrielle, l'humanité utilise toutes les forces qui lui fait découvi'ir la science, et dont elle ignorait l'existence et la nature. Pendant des siècles, elle se sert du vent, de l'eau, comme forces motrices ; un jour, elle se sert de la vapeur, de l'électricité. Mais c'est toujours une nouvelle phase du même phénomène : r effort constant pour Vhomme d'ajouter à sa force V outil.

Un peuple est supérieur à un autre sous le rapport économique, quand, ayant des outils plus perfectionnés, il pourra plus facilement approprier les agents naturels à ses besoins.

La phase industrielle qui absorbe maintenant toutes les autres, est caractérisée par la puissance et la précision de l'outil.

L'homme, dans sa lutte contre la nature, tend à obtenir :

1° Une appropriation d'agents naturels destinés à aug-

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mériter la satisfaction de ses besoins et à diminuer ses efforts ;

2° Une appropriajion d'agents naturels destinés à rendre postérieurement plus facile la satisfaction de ses besoins.

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