CHAPITRE II
I. Le monnayage n'est qii'une opération industrielle consistant dans la division d'un métal à un titre donné en pièces de poids et titre uniformes.
Seigneurs et rois s'attribuaient le monopole de battre monnaie, parce qu'ils en tiraient un double bénéfice : d'abord ils opéraient un prélèvement sur les métaux qu'ils employaient sous le nom de « Seigneuriage » et ensuite ils faisaient de fausse monnaie.
En 1305, Philippe le Bel, réclama ce privilège pour lui seul et il en usa.
En France, on taillait un certain nombre de pièces d'argent ou d'or dans un marc de métal. Le roi se donnait rarement la peine de faire effectivement de la fausse monnaie.
DuxNiNG Macleod, Princifiles o{ Economical pliilosophii, documents re[ati[s à ilii<:toire des Monnaies frappées par les rois de France depuis Philippe II jusqu'à François 1". 4 vol., 1879 ; ÎVatai.is de Wailly, Mémoires sur les variations de la Livre tournois depuis Saint Louis jusqu à la monnaie décimale, 1837. Analyse Bulletin de statistique, janvier 1888 ; Vte G. d'Ax'Enel, histoire économique de la Propriété, des Salaires, des Denrées, 4 volumes, grand in-8°, 1894 ; Albert .'\upetit, Essai sur la théorie générale de In monnaie, gr. in-8°, 1901 : Schoenhoff, History o/ priées ; A. de Foville, la Monnaie, 1906. — William \V. Carlu.e, The Evolution o( modem money, 19uG ; Andiu; Touzet, Emplois industriels des métaux précieux, 1911 ; Bimétallisme : BouRGOiN, la Mesure de la valeur et la monnaie ; Alexandre del Mar, The Science of money, 2' édit., 1896, Histoire de la Monnaie (trad. française) ; Edmond Théry, la Crise des changes ; Cernuschi, VAnatomie de la monnaie, le Mécanisme de lEchange, etc. ; Alph. Allard, Graphiques de la Crise Monétaire et de la Baisse des prix (1850"-l892).
(1) Dans la 3* édition, ce chapitre intitulé : La Monnaie sous l'ancien régime, était beaucoup plus développé.
Par quelques lignes sur un parchemin, le roi déclarait que le marc d'argent (245 grammes) qui valait 5 livres tournois en valait 12. C'était une monnaie idéale, dépourvue de toute réalité : jamais on n'a frappé une livre tournois. On rapportait à .cette monnaie de compte les pièces matérielles.
On disait que le souverain « augmentait la monnaie » ({uand il multipliait le nombre de livres que représentaient les écus et les louis ; en réalité, il en diminuait le poids. On disait qu'il « diminuait la monnaie », quand en réalité, il augmentait le poids des pièces. Les mots « augmenter » et <( diminuer », s'appliquaient à la valeur fictive que le pouvoir essayait de créer ; ils exprimaient exactement le contraire de la valeur réelle.
L'histoire de la monnaie en France, au point de vue économique, est encore pleine d'incertitudes.
Aujourd'hui encore, si la pièce de 5 francs en France a un pouvoir libératoire illimité, ce n'est que par un acte de l'autorité publique qui ne répond nullement à la valeur du métal.
Nous continuons à faire circuler de la fausse monnaie d'argent : seulement comme la frappe en a été suspendue, nous ne l'augmentons pas.