‹ La science et les lettres en OrientChapitre 17 sur 101 · SCIENCE EN 0 P,I EN T · texte numérisé non relu

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nom de la nation qu’il fallait décider à revenir dans les déserts de la Tartarie rendre au peuple chinois un rempart dont il avait grand besoin. Les You-Tchi ne l’écoutèrent point, comme on peut croire. — Pour retourner en Chine, il voulut prendre un autre chemin, afin d’éviter les llioung-Nou ; mais l'invasion avait marché pendant qu’il était en pourparlers avec les You-Tchi, et il fut pris une seconde fois. On conçoil que de semblables ambassades devaient instruire les Chinois sur les pays occidentaux : la guerre et la conquête leur ouvrirent de ce côté d’autres communications. Environ cent ans après notre ère, une armée chinoise arriva jusqu’auprès de la mer Caspienne et manqua envahir l’empire romain, sans bien savoir ce qu’elle faisait. Ce fut vers le même temps qu’un souverain de cet empire, appelé par les Chinois An-Thun , probablement un des Antonins, envoya, disent-ils, au fils du ciel des ambassadeurs qui se rendirent près de lui par le Ton-King. Ainsi quelques rapports ont existé entre la Chine et Rome. Si chacun de ces puissants États joue un si petit rôle dans les annales de l’outre, c’est que, ne sachant que vaguement leur existence, ils ignoraient leur mutuelle grandeur. C’était un événement assez peu important à Rome que quelques députés passassent chez les barbares transgangétiques; peut-être quelques marchands, car tous les marchands étrangers sont transformés à la Chine ambassadeurs qui apportent les tributs de leur

souverain au maître du monde. C était peu de chose pour le maître du monde de joindre à son immense empire un État de plus du côté de l’Occident. Ainsi les deux monarchies qui se partageaient le plus grand nombre des peuples de la terre, se louchaient et ont pensé se heurter à leur insu, comme deux géants qui passeraient à côté l’un de l’autre, s’effleurant dans la nuit.

Mais ce fut surtout au septième et au huitième siècle, sous la glorieuse dynastie des Thang, que l’empire de la Chine acquit une grande extension à l’ouest; ce fut alors que les rois de Bokhara, de Karisme, de Samarcande, que les peuples des bords de l’Oxus jusque vers la mer Caspienne furent compris dans l'enceinte démesurément élargie des frontières de la Chine. Sans doute, tout le pays intermédiaire ne formait pas un état régulier et constamment soumis : il y avait bien des insurrections locales, bien des chefs qui reconnaissaient l’empire de la Chine plutôt de nom que de fait; mais enfin il en résultait des relations, au moins passagères, entre elle et ces peuples sédentaires ou nomades, qui la considéraient comme un centre de civilisation d'où ils recevaient quelques lumières, et auxquels elle étendait sa souveraineté et son nom (Thsin). On voit les princes dépossédés se réfugier près du grand empereur; le fils du dernier des rois Sassanides y fut chercher un asile, fuyant, disent les auteurs chinois, un vassal révolté; c’est ainsi que dans

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leur récil linsurrection conquérante de l'islamisme s’est transformée en un simple soulèvement contre le souverain légitime.

Ensuite la Chine commença d’être envahie par les populations du Nord, et démembrée de ce côté en plusieurs royaumes dont les plus célèbres furent les Ki- Tans, d’où lui vint par extension le nom de Catbai, et les Tangutains. Les pays occidentaux qui avaient reconnu sa suzeraineté y échappèrent, et cet état de morcellement fut couronné par les conquêtes des Mongols.

Maîtres de la Chine, les Mongols portèrent à leur tour le renom et l'influence de leur pouvoir bien loin vers l’occident; de proche en proche, ils vinrent de la Corée en Silésie. Un petit-fils de Gengis s’appela le vainqueur des Francs, tandis que le roi de Perse était le vassal du grand Khan de Tartarie, empereur de la Chine.

C’est le moment de la plus grande poussée vers l'ouest; c’est une dernière irruption des peuples du centre de l’Asie dans le nord de l’Europe qui montra comment s’étaient faites les premières. Ce fut le dernier acte de la grande tragédie des invasions barbares.

Bientôt l’empire fut divisé entre les descendants de Gengis-Khan, et la Chine fut par là ramenée à des limites comparativement très-restreintes, sous la dynastie suivante, celle des Ming. Par un hasard' singu-

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lier, c’est précisément sous cette dynastie que la Chine a commencé d’être connue et fréquentée des voyageurs européens ; de là les idées fausses qu on s est formées sur son étendue à 1 ouest dans les époques antérieures. Du reste, ces anciennes limites si habilement retrouvées par M. A. Remusat ont etc atteintes de nouveau par la dynastie actuelle, celle des Mantchoux. Aujourd’hui elles enclavent des sources qui vont se verser dans la mer Caspienne. Une ligne de postes militaires et de fortifications traverse toute l’étendue de l’empire, depuis l’extrémité orientale de l’Asie jusqu'au delà de Kashgar, situé à moitié route environ entre Pékin et Vienne.

A l’histoire des variations qu'a subies de siècle en siècle l’étendue de l’empire chinois, se rattache celle des communications religieuses et commerciales de la Chine avec les contrées plus occidentales de l’Asie, entre autres avec la ville de Kolhan, dans la petite Bucharie. Celle ville netait guère connue que par les allusions des poètes arabes, à propos du musc qu’on tire de son territoire, et qui joue un si-grand rôle dans les lieux communs érotiques de ces poètes. M. A. Rémusat a détaché l’histoire de la ville de Kolhan d’une vaste collection où l’on a réuni tous les faits relatifs aux nations étrangères et aux rapports qu’ont eus les Chinois avec elles sous les différentes dynasties. Il se proposait d’en faire autant pour plusieurs autres parties de la môme collection. Quant à Kolhan, dont Pim-

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