‹ La science et les lettres en OrientChapitre 20 sur 101 · I.A SCIENCE EN OPIEN'I · texte numérisé non relu

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quelques laits de plus et quelques sentences de moins, surtout quand on songe que c’esl peut-être le monument historique le plus ancien qui existe. Le P. Régis, homme de sens, qui, dans ses Lettres à Fréret, se moquait fort judicieusement' de ceux qui voyaient les patriarches dans les anciens souverains de la Chine, et dans le roi Ouen-Ouang une figure du Messie; le P. Régis reconnaît dans le Chou-Ring des parties beaucoup plus anciennes (pie les ouvrages de Moïse1. M. A. Rémusat, qui n’est point suspect de témérité en ce genre, pensait que le premier chapitre du Chou-King date a peu près de l’époque qu’il raconte, de deux mille trois cents ans environ avant Jésus- Christ. Dans ce chapitre, des étoiles sont indiquées dans une position qu’en raison de la précession des équinoxes elles, n’ont pu occuper depuis. En outre, tout y porte le cachet d une civilisation primitive, et rien n’y sort delà vraisemblance. Là, point d’incidents on de personnages merveilleux : ce qu’on trouve au début de celte histoire, ce sont des hommes occupés à dessécher et assainir les terrains qu’ils habitent, et que des inondations ont submergés. C’est ainsi qu’on a dû commencer, en effet, après ces déluges locaux dont on trouve partout des traces. Le style est d’une grande simplicité, et contient des caractères qu’on ne rencontre pas dans les monuments plus récents. Rien

1 Voyez la dissertation latine placée à la tête de la traduction de VY-King , par le P. P.égis, qu’a donnée M, Molli, page 125.

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donc, ne s’oppose à ce que certains endroits du Chou- Ring aient véritablement l’antiquité qu’on leur attribue. S’il en est ainsi, en voyant les lieux-communs de la morale chinoise déjà débités par le roi Yao et le roi Chun, plus anciens que Moïse, on ne pourra s’empêcher d’admirer combien la pédanterie a été précoce dans le royaume du Milieu. 11 n’y aurait pas sujet de s’en trop étonner chez un peuple qui a connu l’écriture et l’histoire, à l’époque où les autres en sont encore à la poésie et au chant; mais peut-être doit-on à Confucius une partie de cette morale du Chou-Ring , peut-être a-t-il placé ses maximes dans la bouche de \ao, comme il a mis ses opinions dans les trigrammes de Fo-Hi.

Le livre des vers (Chi-King) est encore une compilation de Confucius. Cherchant partout dans le passé des appuis à ses principes, - il fit un choix parmi les anciennes chansons qu’on était, longtemps avant lui, dans l’usage de recueillir. Bien que toutes ne soient pas li ès-edifianteS) Confucius n hésita pas à y trouver ses maximes de morale et de gouvernement. Et sur la parole du maître, toute l’école a commenté en ce sens de mille manières les trois cent onze petites pièces lyriques dont se compose le livre des vers.

Indépendamment de ces interprétations forcées, ce livre est curieux en lui-même : il contient une poésie populaire, une poésie de cour et de circonstance, du douzième siècle avant Jésus-Christ, du troisième avant

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Homère. Certains morceaux étaient déjà anciens à cette époque. Il ne se peut rien trouver qui peigne plus fidèlement l'état des mœurs antiques et des esprits neufs encore et déjà civilisés. Louanges d un prince, épigrammes contre un ministre, lamentations sur les malheurs de l’empire, conseils pour l’en tirer, tels sont les sujets ordinaires de ces chansons inspirées, il v a trois mille ans ou plus, par l’événement du jour. Ouclquefois aussi on y trouve l’expression louchante des sentiments domestiques dans leur primitive simplicité, parmi des traits d’une délicatesse étrange et d’une grâce bizarre.

Les deux derniers Rings n’ont pas été traduits : l’un est le livre des rites (Li-Ki), l’autre est un ouvrage historique, le seul des Rings dont Confucius soit 1 auteur. Ce sont les annales d’un de ces royaumes indépendants dont les guerres déchiraient l’empire. Cette histoire n’a point pour but de raconter le passé comme un fait, mais de le présenter comme une leçon. Ce qu'il y a de remarquable, c est que le récit paiait êtic fort sec et dénué de réflexions générales. M. A. Rémusat

avouait que l’intention pratique de Confucius lui échappait complètement ; il soupçonnait que les allusions morales et pratiques que ce livre renferme tenaient uniquement à la valeur convenue et au choix significatif des expressions. Les artifices et les mystères du style chinois sont sans nombre; ici le litre lui-même, Printemps et Automne , n’est probablement pas sans quel-

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que secrète intention et quelque finesse cachée. A prendre la chose simplement, le nom des deux saisons principales désigne l’année ; c’est comme qui dirait les années ou les annales; mais il y a tout un cortège d’idées morales, et, par suite, d’idées politiques, attaché au printemps, et l’automne a aussi en ce genre un accompagnement sous-entendu, de sorte que ce litre en dit plus qu’il ne semble d’abord. S’il en est de chaque phrase comme de ces deux mots, on voit qu’il y a dans ce livre de la pâture pour les commentateurs : aussi ne s’y sont-ils pas épargnés.

Immédiatement après les cinq Kings viennent les quatre livres moraux : l’un, appelé la Grande-Etude contient un chapitre attribué à Confucius et dix chapitres, commentaires du premier, dont l’auteur est un disciple nommé Thseng-Tseu ; un second porte le nom d’un autre disciple, Meng-Tseu ou Mencius ’; un troisième se compose de discours et d’apophlhegmes recueillis delà bouche de Confucius lui-même; enfin le quatrième, rédigé par son petit-fils, a été publié et traduit parM. A. Rémusat; il a rendu par invariable milieu les deux caractères dont se compose le titre, et qui, d’après les règles de sa grammaire et le commentateur chinois Thcing-Tseu qu’il cite (p. 8), devraient

1 II a été traduit par M. Pautliier.

2 Cet ouvrage, plus considérable à lui seul que les trois autres livres moraux, a été traduit en latin, avec un choix de commentaires, par M. lullien.

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plutôt, co me semble, signifier la lixilé dans le milieu. Le milieu idéal, auquel tend la philosophie de Confucius, est un de ces termes abstraits et vagues dans le fond qu'elle détermine avec une précision et combine avec une vigueur apparentes. Ce serait ici le lieu de chercher à indiquer les singulières corrélations d’idées et de signes qui jouent un si considérable et si curieux rôle dans la manière de raisonner, de raconter et d’écrire, que les Chinois ont adoptée. Mais je ne sais en vérité où trouver des expressions pour rendre ma pensée, ou plutôt pour traduire celle qui se loge dans l’étrange cerveau des Chinois. Je vais cependant m’efforcer d’en venir à bout et de dévoiler quelques-uns des secrets de leur esprit et de leur style. Personne que je sache n’a essayé de dire en français ce que je vais lâcher d’exprimer. C’est véritablement essayer l’impossible,' car pour saisir quelque chose de tellement chinois, il faudrait se faire Chinois soi-même, penser et écrire en chinois. Or, c’est ce que le lecteur, pas plus que moi, n’est en état ni tenté de faire.

Le jeu des nombres tient une grande place dans les combinaisons de la pensée chinoise; exacte et minutieuse, elle a tout compté : les éléments, les vertus, les vices, les qualités physiques et morales. Chacune de ces classes d’objets a son chiffre, son numéro pour ainsi dire. Toutes les dualités, par exemple, forment une catégorie. Tels sont les deux principes de la nature, le ciel et la terre, le vide et le plein, etc, De

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même pour le nombre trois. Il y a des triades de divers genres : une Iriade est formée par les trois vertus principales, une autre par les trois vices qui leur répondent; une autre par les trois plus anciens rois; une autre par le ciel, la terre et l’homme, etc. Au nombre quatre appartiennent les quatre mers, les quatre montagnes, les quatre saisons, les quatre peuples barbares. Au nombre cinq se rapportent les cinq relations sociales, les cinq éléments, les cinq couleurs, les cinq planètes, les cinq rangs, les cinq espèces de grains, les cinq viscères. On place, sous le nombre six les six ministères ou conseils et les six sortes de calamités; ainsi de suite, jusqu’au nombre cent qui est celui des familles chinoises, et au nombre dix mille qui désigne l’universalité des choses. D’abord on voit là une fixité immuable qui tient au caractère du peuple. Pour rien au monde il ne changerait le nombre attribué une fois à une classe d’objets. Présentez-lui un troisième principe, il n’y croira pas; une quatrième vertu, il ne l’admettra pas : le compte y est. Découvrez un sixième élément, un viscère, une couleur, une planète de plus ; c’est en vain : il dira toujours les cinq viscères, les cinq couleurs, les cinq planètes. Il se gardera de changer sa hiérarchie et d’y introduire un rang de plus, car il en faut cinq; ou si le temps et le cours des choses le forcent à changer, ce changement opéré dans la réalité, le langage ne 1 avouera pas. Les Chinois savent très-bien qu'il y a

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plus de quatre peuples barbares, et leur histoire en fait foi; ils ne continuent pas moins de se servir de cette expression, et ils désignent les trois ou quatre cents millions d’habitants dont se compose la Chine actuelle, par cette locution primitive : les cent familles , qui a pu lui convenir il y quatre mille ans. Ne voyezvous pas dans cette persistance d’un langage de convention un exemple frappant de la ténacité chinoise? Mais celle classification arbitraire et opiniâtre produit dans leur littérature des effets auxquels rien 11e ressemble ailleurs, et qu’il me reste à exposer.

Par une singulière disposition de leur esprit, il s’établit une correspondance cl comme une équation entre les objets, notions, êtres ou attributs, qui sont compris sous la môme catégorie numérale. Ainsi, comme il y a deux principes, l’un male et l’autre femelle, l’un actif et l'autre passif, dans toute dualité, quelle qu’elle soit, l’un des termes sera mâle et actif, l’autre passif et femelle; chacun des trois anciens rois représentera la pratique d’une des trois vertus et la répression d’un des trois vices, ce qui exposera l’histoire des premiers temps à être plutôt un symbolisme moral que le tableau de la réalité. On pressent déjà qu’il s’établira une harmonie qui pourra tourner en confusion entre les cinq éléments, les cinq couleurs, les cinq planètes, les cinq relations sociales. Chaque élément, je suppose, aura sa couleur, et voilà une physique à priori; chaque relation sociale dépendra

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de sa planète, et l’on aura un système d’astrologie, et cette physique et cette astrologie se tiendront. Tout se pénétrera, se mêlera. A chaque idée morale correspondront plusieurs autres idées de l’ordre politique, astronomique, physique, physiologique; toutes ces idées seront rangées dans des compartiments bizarres cl réguliers. On pourrait presque dessiner comme une ligure de géométrie une pensée qui se projette ainsi; et le style qui l’exprimera sera lui-même symétrique, géométrique. Toute période sera mesurable comme une ligne, calculable comme un angle.

En même temps la valeur de ces notions abstraites si rigoureusement alignées, balancées, équilibrées, cette valeur est très-peu précise : c’est la symétrie dans le vague; à tel point que les opinions les plus diverses les adoptent, sauf à exploiter diversement les mêmes formules. Toujours en vertu de cette horreur de l’innovation dont j ai déjà parlé, une école ou une secte nouvelle se garde bien d’employer un langage à elle, elle prend le fonds d’expressions communes à toutes, les catégories en circulation, et se contente de leur donner un autre sens : spiritualistes, matérialistes, panthéistes, sectateurs de Bouddha, de Lao-Tseu ou de Confucius, se servent des mêmes dénominations pour exprimer les idées les plus différentes, et chacun fait jouer ces dénominations et ces idées selon leui s analogies reçues, d après son point de vue particulier. De là, au premier coup d’œil, quelque chose

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d’uniforme et d’indéterminé. Une des pins grandes difficultés qu’on ait à vaincre pour comprendre à fond les livres chinois, c’est de démêler le mouvement de la pensée sous ce réseau impalpable qui l’emmaillote, c'est d’atteindre la réalité et la vie à travers ce laborieux artifice de puérils rapprochements, d’énumérations incomplètes et de mensongères identités.

11 y aurait un travail à faire, difficile, mais d’une grande utilité; il faudrait dresser un tableau de toutes ces catégories, établir la correspondance des divers objets et des diverses notions qu’elles comprennent ; on prendrait d’abord celles-ci dans le sens orthodoxe de Confucius, puis on passerait aux autres doctrines qui se servent des mêmes termes, classés de la même manière, et se bornent à les interpréter différemment. On posséderait ainsi la base de tout le système intellectuel des Chinois, on aurait la clef de leur logique et de leur style.

M. A. Rémusatqui partageait celte manière de voir et approuvait ce plan, n’a rien fait pour l'exécuter. Plus curieux des points plus entièrement ignorés, après avoir donné un des quatre livres moraux, moins pour aider à approfondir la philosophie de Confucius que pour faciliter l’étude de sa langue, il s’est tenu quille envers cette école, qui avait exclusivement absorbé et usurpé, selon lui, l’intérêt des missionnaires, et il s’est occupé surtout des opinions indépendantes qu’on avait trop négligées.

Le premier il a fait connaître un peu de la \ie et des opinions du philosophe Lao-Tseu. Tel est le nom du principal rival de Confucius, du chef de la secte des Tao-Tsé, secte assez nombreuse pour avoir mérité d’être appelée une des trois religions de l’empire. Ce queM. A. Rémusat a traduit du livre de ce philosophe ne suffit pas pour faire connaître à fond son système, où l’on entrevoit une grande subtilité; mais on en peut conclure qu’il a de nombreux rapports avec les idées platoniciennes ou pythagoriciennes, surtout comme les entendait l’école d'Alexandrie. 11 parle du Verbe (tao) qui a tout produit par les nombres : un a produit deux, dit-il, deux a produit trois, et trois a produit tout le reste. En même temps il semble tenir par certains côtés aux doctrines indiennes, qui placent le principe des êtres dans la négation de toute substance, et la fin de l’homme dans l’anéantissement de toute action; doctrines sur lesquelles le Bouddhisme nousforcera bientôt de revenir. M. A. Rémusat a entièrement négligé ces derniers rapprochements qui, je pense, ne larderont pas à être démontrés; quant au rapport des opinions de Lao-Tseu avec les opinions néo-platoniciennes, il l’a suffisamment établi, mais il l’a singulièrement expliqué. Partant d’une tradition assez vague et assez mêlée de fables, qui veut que Lao- Tseu ait voyagé du' côté de l’Occident, il a supposé qu'il était venu chercher sa philosophie chez les Grecs. Un Chinois à Athènes ! certes la rencontre eût été pi-

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quanle! Mais rien n’aulorise à le supposer; l'on sait que le mouvement philosophique s’est toujours opéré d’Orient en Occident; les opinions néo-platoniciennes sont particulièrement empreintes des influences orientales. Ce qui fait leur caractère propre, c’est précisément le mélange des idées de la Grèce et des religions d'Orient. Rien donc ne s’explique mieux que la ressemblance de doctrines qui se trouvent dans l'Orient, avec des doctrines qui en sont sorties.

Mais il ne faut pas faire remonter le courant vers sa source, il ne faut pas faire rétrograder le soleil.

Un rapprochement, que tout annonce être fortuit, entre le nom de la triade de Lao-Tseu et le Jéhovah des Hébreux, avait achevé, on peut le dire, d’égarer M. A. Rémusat ; le Dieu de Moïse n’a rien à démêler avec ces systèmes qui, par leur essence, lui sont entièrement étrangers. — Et j’aimerais encore mieux faire voyager Lao-Tseu jusqu’en Italie, s’il le fallait, pour écouter Pythagore, que d’admettre aucune participation des Juifs, avant ou après la captivité, dans un système que le peu que nous en connaissons nous montre si différent de toutes leurs idées.

Jusqu’ici nous n’avons eu à citer aucun travail bien remarquable de M. A. Rémusat touchant l'histoire philosophique et religieuse de la Chine ; c’est pourtant à un point de cette histoire que se rapportaient ses éludes les plus chères et ses travaux les plus intéressants. On voit que je veux parler de ses recherches sur le bond-

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dhisme que dans le cours de ce travail j'ai eu souvent l’occasion d’annoncer, et auxquelles nous arrivons, après tout le reste, comme au terme le plus élevé de la carrière scientifique de M. A. Rémusat, terme qu’il est sans doute loin d’avoir atteint, mais vers lequel il a l'ait quelques pas immortels, car il s'agit d un des épisodes les plus importants et les plus ignorés de l’histoire de la civilisation. — Et s'il n’a pas eu le temps de l'embrasser dans son ensemble, il lui restera le mérite et l’honneur d’en avoir saisi quelques parties entièrement inconnues. Malheureux capitaine, il est tombé au pied du rempart qu’il commençait à gravir: mais il avait montré du doigt le point par où il fallait attaquer la forteresse, et quand de plus heureux soldats l’auront emportée, ils devront, pour être justes, y graver son nom avant le leur.

Qu'est-ce donc que celle religion de Bouddha? Quel a été son rôle dans l’histoire du monde? Je tirerai ma réponse sommaire à la première question des documents les plus récents que les savants de l’Inde britannique nous ont transmis, principalement des Mémoires de M. Ilogdson , et de trois Mémoires de M. A. Rémusat, qui ont paru dans le Journal des Savants de l’année 1851. Je répondrai à la seconde, surtout en rapprochant les diverses indications éparses dans les ouvrages de ce dernier, de manière à en former un précis des vicissitudes que le bouddhisme a traversées depuis trois mille ans. Comme toute autre reli-

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