DU BOUDDHISME
En terminant la notice que j’ai consacrée aux beaux travaux d’Abel Rémusat2, j’annonçais la publication d’un ouvrage important que ce savant illustre laissait inachevé : c’était la traduction d’un voyage entrepris et écrit par un Chinois du quatrième siècle. L’auteur de ce livre, intitulé Relation des royaumes bouddhiques , était un religieux de la secte de Foë (Foë est, comme on sait, le nom de Bouddha à la Chine) ; il se nommait Fa-Hian, et partit vers la Fin du quatrième siècle, dans l’intention de parcourir tous les pays étrangers où la religion du Bouddha était établie, de visiter les temples et les monastères, de recueil-
1 Relation des royaumes bouddhiques traduite du chinois et accompagnée d’un commentaire par Abel Rémusat.
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LA SCIENCE EN ORIENT
lir les livres sacrés de celte religion , qui , persécutée dans l’Inde, son berceau, s’était dès lors établie à la Chine, et devait s’étendre dans toute la haute Asie.
Je fis pressentir de quel prix serait la traduction d'une relation pareille, accompagnée du savant commentaire qu’y avait joint M. A.Rémusat, et dans lequel il avait déposé le fruit de ses longues recherches sur l’histoire du bouddhisme, son étude de prédilection, une de celles, en effet, qui méritaient le mieux d’occuper un esprit de la valeur et de la portée du sien.
M. A. Rémusat avait terminé sa traduction quand il mourut. Une grande partie du commentaire était entièrement achevée : M. Klaproth se chargea de continuer le travail interrompu; mais lui-même fut frappé avant d’arriver au terme. Un jeune savant, élève de M. A. Rémusat et pieusement attaché à sa mémoire, M. Landresse, a mis la dernière main à ce monument de la science, au pied duquel deux maîtres étaient’ tombés ; il en a surveillé avec zèle la publication laborieuse, et lui a donné pour péristyle une introduction qui est loin de le déparer.
Pour moi, rendre compte de cette dernière production du savant dont j’ai déjà essayé d’apprécier les travaux, c’est achever de remplir un engagement et un devoir.
Je ne reviendrai pas sur ce que j’ai eu occasion de