‹ La science et les lettres en OrientChapitre 29 sur 101 · HISTOIRE RU BOUDDHISME WJ · texte numérisé non relu

HISTOIRE RU BOUDDHISME WJ

oreille céleste me fait entendre, et auxquelles je ne puis porter remède, me troublent au point de m’ empêcher d’atteindre à l’état de pure intelligence b »

Ailleurs, la légende raconte comment Sakya-Mouni, le dernier apparu des Bouddhas, le fondateur du bouddhisme actuel, a été amené à sa résolution d’affranchir l’homme et de sauver le monde.

Le Bouddha est fils d’un roi puissant qui, le voyant triste et rêveur lui a donné trois épouses accomplies. Chacune d’elles a vingt mille vierges à son service, toutes d’une exquise beauté et pareilles aux nymphes du ciel. Malgré ces soixante mille femmes, qui toutes s’occupent à le soigner et à l’amuser par leurs concerts, le jeune prince n’ouvre point son âme à la joie. Il est tourmenté du désir de connaître la vraie doctrine ; les ministres de son père conseillent de faire voyager le prince pour le distraire de sa méditation. Mais un dieu qui veut l’y ramener, se place quatre fois devant ses pas, sous un déguisement différent. C’est d’abord sous l’aspect d’un vieillard.

Le prince demande : Qu’est-ce que cet homme? et ses serviteurs lui répondent : C’est un homme vieux.

1 Le Bouddha, qui se plaint avec tant de grandeur de la tristesse que lui causent les souffrances des êtres, a eu, dans les superstitions populaires de la Chine, une destinée misérable. Elles ont fait d-a lui une divinité femelle d’un ordre subalterne; et il a fini par donner son nom de Pousa à ces figures arrondies par la base, dont le balancement grotesque a eu parmi nous un succès de vogue, à l’époque des étrennes.

LA SCIENCE EN OHIENT

Qu’esl-ce que c’est que vieux? demande-t-il encore, et ou lui fait une peinture énergique et lugubre des misères de cet homme, « dont les organes sont usés, dont la forme est changée, qui a le teint flétri, la respiration faible, et dont les forces sont épuisées; il ne digère plus ce qu’il mange; scs articulations se disloquent; s’il se couche ou s’assied, il a besoin des autres; s’il parle, c’est pour regretter ou pour se plaindre; le reste de sa vie n’est propre à rien. Voilà ce qu’on appelle un vieillard. » Lejeune prince, après avoir fait lui-même quelques rétlexions sur la vieillesse qu il compare à un char brisé, revient plus triste qu’il n’était parti. « La douleur qu’il avait eue, pensant que tous étaient soumis à celte grave infortune, ne lui permit de goûter aucune joie. »

Le prince sort de nouveau. Son père avait défendu que rien de fétide ou d’immonde se trouvât sur la route. Mais le dieu qui, d’abord, s’était déguisé en vieillaid, prend cette fois la forme d’un malade gisant au bord du chemin. « Ses yeux ne voyaient pas les couleurs, ses oreilles n’entendaient pas les sons, ses pieds et ses mains cherchaient le vide; il appelait son père et sa mère, et s’attachait douloureusement à sa femme et à son enfant. » Le prince demanda : Qu est ceci ? Ses serviteurs lui répondirent : C’est un malade. Qu est-ce qu’un malade? reprit le prince. Ils répondirent : L’homme est formé de quatre éléments. Chaque élément a cent et une maladies qui se succèdent alterna-

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