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abrégé écrit en allemand avec un vrai talent par Gœrres. Jusqu’à ce jour, quelques vers seulement de Firdousi avaient passé dans notre langue. M. Mohl a entrepris la tâche immense de publier le texte persan du poëme et de le traduire en français. Le premier volume qui a paru 1 et qui fait partie de la collection des
monuments de littérature orientale, imprimés par ordre
du gouvernement, montre assez que M. Mohlest capable de mener glorieusement à bout cette vaste entreprise.
La préface est un morceau capital de critique historique et littéraire sur lequel je reviendrai. Mais le monument lui-même étant peu connu, je crois qu il faut, avant tout, donner une idée de son ensemble. Je le ferai d’autant plus volontiers que le Livre des Rots, imprimé avec un grand luxe aux frais de l’État et coûtant 90 fr. le volume, est malheureusement peu accessible à la généralité des lecteurs.
Le premier qui ait institué le trône et la couronne estKaioumors.il fut le fondateur de la civilisation persane et habitait les montagnes d’où elle est descendue. Kaioumors, selon la croyance religieuse contenue dans le Zend-Avesta , était un personnage mythologique : la tradition épique l’a rabaissé à un rôle humain. C’est la marche ordinaire des choses.
On a dit que les dieux étaient des hommes divinisés; bien plus souvent les héros des temps primitifs sont
1 Le tome quatrième a été publié en 1855.
LA SCIENCE EN ORIENT
des personnages divins dont on a fait des hommes. Dans ces temps, on descend du ciel sur la terre plutôt qu on ne monte delà terre au ciel, on est plus enclin a l’anthropomorphisme qu’à l’apothéose.
, Siamek, fils de Kaioumors, et Houscheng, son petitfils, combattent les divs, c’est le nom des mauvaises puissances. La lutte du bon et du mauvais principe, qui est le fond de la théologie de Zoroastre, est l’àme du poëme de Firdousi. La tradition dont il est l’organe identifie sans cesse les rois de l’Iran avec le principe de lumière et de pureté, les Touraniens leurs ennemis avec le principe de corruption et de ténèbres.
Un suit pas a pas les progrès de la civilisation naissante. Houscheng découvrit l’art d’extraire et de forger le fer. Comme l’empereur Yao à la Chine, il prend soin de faire écouler les eaux. On savait déjà semer, planter et moissonner, on connaissait la propriété, on possédait l’art de faire le pain; mais, selon la tradition, on n’avait cependant encore que des feuilles pour se couvrir.
La découverte du feu amène l’établissement de son culte, qui remonte ainsi à l’origine de la société persane. L art de faire des habits avec les peaux et les fourrures des animaux est attribué également à Houscheng. Sous son fils Tahmouras, on apprend à tondre la laine sur le dos des brebis et à la filer, à dompter, à apprivoiser les bêtes sauvages, à dresser le faucon pour la chasse ; mais celui des premiers rois de la Perse