‹ La science et les lettres en OrientChapitre 53 sur 101 · I. \ SU KM; K K \ OUI KM · texte numérisé non relu

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vives de Java, la renommée de Sékandcr est aussi grande qu’en Europe, et plus populaire. L’Alexandre deFinlousi n’est pas celui de Quinte-Curce; c’est, à peu de chose près, celui des G es ta Alexandri Magni du moyen âge, biographies légendaires qu’ont suivies les poèmes chevaleresques. Quand notre Alexandre de Bernai écrivait le sien sous Philippe Auguste, il ne se doutait guère que la plus grande partie des aventures qu’il racontait dans ce vers alexandrin qu’il n’a pas inventé, mais auquel il a donné son nom, avaient élé déjà traitées depuis deux siècles, par un poète né dans le pays qu’ Alexandre traversa pour aller chez Porus. Il est curieux de voir Pllomère persan et le trouvère français se rencontrer aux pieds d’Alexandre.

La source à laquelle tous deux puisaient, à travers différents intermédiaires, était la tradition grecque, telle qu’elle était née spontanément dans les diverses parties de l’empire d’Alexandre. Cette tradition, écrite d’abord en grec, passa dans les langues orientales qui devaient plus tard la rendre à l’Occident; d’autre part, elle fut traduite en latin, et par cette voie tomba dans la littérature vulgaire du moyen âge. Tel fut son prodigieux chemin à travers le monde et à travers les siècles.

Bien que l'origine grecque de la tradition sur Alexan dre soit prouvée1, cette tradition n’en contient pas

4 Voyez préface de M. Mohl, page 49. — M. Mohl cite un passage décisif du Modjmel-al-Tewarikl) .

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moins, chez Firdousi, certaines portions incontestablement orientales. Ainsi, ce n’est, qu’en Perse qu;a pu naître l'idée de faire d’Alexandre le fils d’un roi du pays et le frère aîné de Darius, de sorte que la victoire d’Arbèle se trouve n’ètre autre chose que le triomphe de la légitimité. L'orgueil national ne saurait mieux se tirer d’une défaite qu’en absorbant ainsi le vainqueur dans le peuple qu’il a conquis.

De temps en temps le récit de Firdousi s’écarte des (j esta et des poèmes de l’Occident , pour donner place à quelques interpolations, surtout arabes; mais, dans l’ensemble, ce récit et celui des gesta s’accordent : ce sont deux échos du même retentissement.

Les successeurs d’Alexandre ne figurent point dans le Livre ries Bois. Les annales poétiques delà nationalité persane n'ont pas mentionné ces princes étrangers qui n’héritèrent point de la politique d’Alexandre. Alexandre s’était fait Persan, eux demeurèrent Grecs. La persistance incroyable de la civilisation grecque au centre de l’Asie a été révélée de nos jours par les nombreuses médailles trouvées dans l’Afhganistan et dans la Transoxane, sur lesquelles on voit le type hellénique se maintenir, même sous les rois scythes, destructeurs des dynasties macédoniennes. Cette époque, purement grecque, manque et devait manquer dans l’épopée persane de Firdousi. Les rois arsacides ou parthes, qui soutinrent de si glorieuses guerres contre

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