‹ La science et les lettres en OrientChapitre 57 sur 101 · LE SC 11 A II -N AM EU · texte numérisé non relu

LE SC 11 A II -N AM EU

cueil intitulé le Livre des Héros. L’ensemble de tous ces poërnes , qui se rapportent à un même centre et dont chacun contient le développement particulier de telle ou telle partie de la tradition, torme ce qu’on appelle un cycle. Le cycle héroïque de la Perse comprend, outre le Livre des Rois , un certain nombre d’ouvrages qui relèvent de lui. 1 irdousi est la racine, dit un auteur persan; les autres sont les branches.

M. Mohl, dans sa belle préface, sur l’analyse de laquelle je crois devoir anticiper ici, parle de quelquesunes de ces compositions qui sont comme les sa tel 1 i Les de la grande composition de Firdousi, et il se réserve de traiter plus à fond ce sujet dans un appendice qui sera placé à la fin de l’ouvrage. i

Le mètre de ces divers poërnes est toujours celui du Livre des Rois: l’intention d’imiter Firdousi est évidente. Quelquefois même les continuateurs de son œuvre ont trouvé plus simple de reproduire, en changeant les noms des personnages, certaines histoires déjà racontées par le grand poète. Le touchant épisode de Zohrab a fourni matière à deux répétitions de ce genre.

Pendant deux siècles environ, l'impulsion donnée par Firdousi à la poésie épique subsiste et produit des ouvrages d’une étendue considérable. L’un d’eux, le Barzou Nameh, est plus long que le Livre des Rois; il a au moin> 150,000 vers. Dans tous ces poërnes,

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qui appartiennent à l’école de Firdousi, M. Molli reconnaît encore la présence de la tradition nationale ; mais il la voit disparaître entièrement dans les poèmes moraux et lyriques de Nizami et de ses imitateurs. Les noms que la tradition héroïque avait rendus célèbres, n'y paraissent que pour fournir aux ailleurs une occasion de moraliser et de se livrer à la peinture de sentiments romanesques. Le style, qui est très-recherché et par suite très-obscur, ne peut convenir qu’à des lettrés; toute vie, toute inspiration populaire s’est donc retirée de cette poésie purement artificielle.

Mais le peuple, qui se souvenait confusément des anciens héros du pays, bien qu’il ne connut plus guère que leurs noms, a accumulé autour de ces noms une foule d’historiettes banales et souvent ridicules. Ainsi, la tradition épique expira en Perse sous le double lléau du bel esprit et de la vulgarité : ce sont les deux écueils entre lesquels marche toute poésie, et contre lesquels, à la longue, toute poésie vient se briser.

Enfin Firdousi a trouvé dans notre temps deux émules qui, je pense, ne seront pas bien dangereux pour sa gloire. L’un était le poète lauréat du dernier roi1. En 1821, il avait déjà composé, sur les exploits de son souverain, un poème de trois cent quarante

1 Fraser’ s Narrative of a journey in \to Khorasan, page 157.

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