LE B II AG A Y. -VT A -P U R AN A
Voilà la cause insondable de toutes choses, l'èlrc sans forme et sans attribut personnifié dans une figure mythologique bizarre et grandiose ; voila toutes les richesses de la poésie indienne jetées comme un voile éblouissant de broderies sur la conception abstraite de la substance absolue. Au milieu de ces images colossales et accumulées, le sentiment métaphysique se trahit par celte phrase : Sa racine était le principe invisible.
Les mêmes associations de l’idée philosophique et de l’imagination poétique poussées toutes deux à l’extrême, se retrouvent dans le récit de la lutte que l’être des êtres, transformé en un guerrier terrible, soutient contre un géant, en présence de tous les dieux, de tous les génies, de toutes les créatures, qui suivent avec anxiété les chances du combat qui doit détruire ou sauver le monde 1. Les diverses phases du combat et les injures qui le précèdent, rappellent, dans des proportions surhumaines, les combats homériques; mais celui qui frappe le géant, c’est le créateur de toutes choses. Pendant la lutte, il dépose la terre à la surface de l'Océan ; il est plein de dieux engendrés dans son sein. Ces exemples, qu’on pourrait multiplier sans peine, suffisent à montrer comment la poésie et l’abstraction se mêlent dans les Pouranas. Passons aux idées qu’ils renferment sur la
Bhâgavata-Purùna, pag. 449.