‹ La science et les lettres en OrientChapitre 91 sur 101 · L E R V M A Y AN · texte numérisé non relu

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constances, elles -memes fort cl ranges, qui anieiienl

cet épisode extraordinaire.

Un ancien roi nommé Sagara avait deux épouses ; la première lui donna un ti ls , la seconde lui en donna soixante-dix mille. J ai déjà dit que les nombics ne coûtent rien à l’imagination des Hindous. Il advient que Sagara, le pcrc de cette abondante postéiilé, voulut offrir le sacrifice' du cheval. C’est une grande chose que ce sacritice dans les idées indiennes : les prospérités terrestres et les bénédictions célestes sont attachées à l’accomplissement de cet acte religieux. Celte fois, tout était préparé pour l'offrande, quand un serpent sort de terre, entraîne avec lui la victime et disparait. Les brahmanes sont consternés, l'interruption du rite sacré peut attirer les plus grands malheurs.

11 faut à toute force retrouver le cheval enlevé par une puissance inconnue. Sagara charge du soin de cette recherche ses soixante-dix mille fils. Aussitôt tous se mettent à creuser et à fouiller la terre; la terre gémit de douleur. Les fils de Sagara exterminent toutes les créatures qu’ils rencontrent. Les dieux et les génies s’épouvantent et supplient Brahma d’empêcher que les terribles enfants de Sagara n'achèvent de détruire le monde. Alors fut entendue, semblable au bruit du tonnerre, la voix des robustes fils de Sagara ; après avoir parcouru la terre et l’avoir partout déchirée, ils revinrent à leur père, et lui demandèrent ce qu’ils devaient faire encore. Sagara, rempli de fureur, leur

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dit . Creusez, fouillez, cl ne revenez que quand vous aurez trouvé le ravisseur du cheval. Les Sagarides recommencent à fendre le sein delà lcrre. Après avoir trouvé successivement les quatre éléphants qui soutiennent le monde, ils découvrent enfin le ravisseur, c’était Vichnou lui-même. Le cheval paissait a quelque distance; les intrépides fils de Sagara reprochent à Vichnou son larcin elle menacent; mais la bouche du dieu irrité lait entendre un iremissemenl sourd, el les soixante-dix mille Sagarides sont réduits en poussière. Un petit-fils de Sagara est envoyé à la recherche de ses oncles; il s'enfonce courageusement dans la roule souterraine qu’ils ont ouverte, et ne trouve plus rien d’eux qu’un amas de cendres; à cet aspect, il gémit et se livre au désespoir, parce que l’eau manque pour faire à ses parents morts une libation funèbre. Le roi des oiseaux, qui se trouvait être son grand oncle, le console en lui disant que la déesse Ganga descendra des demeures célestes dans les profondeurs de la tene, et que son eau divine, en touchant les cendres tics Sagarides, les ranimera. Le jeune homme ramène le cheval à Sagara, qui achève son sacrifice ; mais il s agit maintenant d’accomplir une autre œuvre bien difficile, il faut découvrir un moyen de faire descendre du ciel la déesse Ganga L Après trente mille ans de règne, Sagara meurt sans l’avoir trouvé.

i C’est le Gange. M. de Cliézy, dans une brochure spirituelle publiée

l’occasion du Pnrin de Casimir Delavigne, reprochait au poêle Iran-

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