LE II AU A Y A N A
taudis que les dieux, qui n’inlervicnnenl que de loin en loin, le regardent combattre des sommets de l’Ida. Ici, le divin est partout; l'infini enveloppe l'humanité cl lui communique une incroyable grandeur. Au milieu de ces récits de faits merveilleux, d’exploits gigantesques, on aime à suivre la destinée errante des deux époux et leurs aventures à travers les grandes forêts, remplies d’ermitages célèbres, au bord des lacs sacrés. Une catastrophe, qui est le nœud du poème, vient jeter un intérêt pathétique et quasi romanesque au sein de la divine épopée. L’épouse de Rama, celle qui a voulu le suivre dans l'exil, sa tendre et fidèle Sita, lui est enlevée par un géant et emportée dans l’ile de Ccylan. M. Gorrcsio remarque avec raison que l’enlèvement d’une femme sera aussi la cause de la guerre de Troie chantée par Homère ; mais Sita ne ressemble point à Hélène : cette Hélène est une Andromaque. La fille de Léda est le type de la beauté physique et de la faiblesse morale; Sita est l'idéal de la tendresse conjugale et du dévouement. Après qu’elle a été délivrée de son ravisseur, sa pureté est solennellement manifestée par l’épreuve du feu, à laquelle elle se soumet comme une princesse du moyen ;lgc. Le poëine, qui s’est passé sur la terre, finit dans le ciel par l’ascension de Rama, qui, après avoir souffert en homme et combalu en héros, triomphe en dieu.
Telle est la marche du poème. On voit que les nombreux épisodes qui le composent sont rattachés à un