‹ La science et les savants au XVIe siècleChapitre 10 sur 145 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

d’un ouvrage intitulé : De Re medica. Mésué l’Ancien , issu également de parents nestoriens, avait étudié à Bagdad, et devint médecin d’Haroun-al-Raschid, ainsi que de son successeur Al-Mamoun. On lui doit une Pharmacopée , qui fut longtemps le guide de toutes les officines de l’Europe, et divers ouvrages

Avicenne.

de médecine fort estimés en Orient. C’était, en outre, un littérateur très-érudit , qui dirigea les traducteurs chargés de reproduire les écrits des anciens dans les langues grecque et syriaque. Honaïn, médecin du calife Motawakhel , nestorien, du IXe siècle, traduisit du syriaque en arabe Hippocrate, Galien, Paul

d’Égine, Pline, Alexandre d’Aphrodisée et Ptolémée.

Avenzoar est au nombre des médecins qui, avec Rhazès, Avicenne et Mésué, tinrent le sceptre des connaissances médicales dans les écoles arabes. Son nom était : Abou-Merwan-ben-Abdel-Malek-ben-Zoar, que nous avons beaucoup abrégé. Il était Juif, et naquit à Penaflor, près de Séville, à la fin du xne siècle. Fils d’un médecin distingué, il fut lui-même médecin du prince de Maroc, auprès duquel il vécut jusqu’à l’âge de quatre-vingt-douze ans. Renonçant de bonne heure au rôle de commentateur des anciens, il ramena la médecine dans la voie de l’observation directe. Il avait pratiqué la pharmacie , et il s’appliqua beaucoup à perfectionner la matière médicale, ainsi que la préparation des médicaments.

On peut placer dans la même catégorie un savant qui tient un rang très-élevé dans la médecine comme dans la philosophie : Mohammed Averrhoës (Ibn- Rochd), né à Cordoue, dans le même siècle, et mort en 1206 à Maroc, où son père exerçait les premières charges du sacerdoce et de la magistrature. Disciple d’Avenzoar pour les sciences médicales , et guidé par son père dans la connaissance du droit et de la philosophie, il parvint comme celui-ci aux fonctions les plus élevées, dont le calife Al-Manzor étendit les attributions à toute la Mauritanie. Il ne sut pas toutefois se garantir de quelques excès de pouvoir et de fanatisme. Ayant émis certaines vues contraires aux préceptes du Coran, il fut dépouillé de ses honneurs, de ses biens, et livré aux insultes de la population juive. Il se réfugia à Fez, où il fut découvert, emprisonné et contraint à faire une rétractation publique. Revenu à Cordoue, le peuple demanda sa réinté-

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