LIVRE
gration aux fonctions de magistrat suprême. Al-Manzor y consentit, et le grand homme, rentré à Maroc, après avoir repris ses dignités, mourut environné de la plus haute estime.
Bien qu’Averrhoës soit plus célèbre comme philosophe que comme naturaliste, il rendit aux sciences
AverrhoCs disgracié et insulté par la populace et par les Juifs.
naturelles des services signalés. Sectateur fanatique de la doctrine péripatéticienne, il la commenta et la popularisa au point que sa traduction fut la seule adoptée par les écoles du moyen âge. Aussi lui donna-t-on le surnom d ’Ame d’Aristote. On le désignait également sous le nom du Commentateur.
C’est aussi à la fin du x« siècle que naquit, aux environs de Cordoue, Albucasis ( Aboul-Cacem), l’une des lumières médicales de l’école arabe espagnole. Médecin célèbre et chirurgien habile, ses écrits firent autorité dans la science jusqu’au xvi« siècle. Ils furent tous réunis sous le titre d 'Al - Tacrif ou Méthode pratique, et ils sont encore cités de nos jours. Albucasis mourut à Cordoue, en 1107.
On voit que les Arabes s’adonnèrent d’une manière toute spéciale à l’art de guérir. Leurs livres scientifiques se rapportent surtout aux sciences médicales, dans lesquelles ils acquirent une véritable suprématie. C’est dans la même vue qu’ils s’occupèrent d’histoire naturelle et d’alchimie. Ils donnèrent une grande impulsion à la thérapeutique, en introduisant dans la matière médicale plusieurs substances d’une réelle efficacité, telles que la rhubarbe, le séné, la manne, le tamarin, purgatifs doux qu’ils substituèrent aux drastiques et à l’ellébore si vantés par les anciens. On leur doit évidemment plusieurs découvertes importantes en histoire naturelle, applicables à la médecine comme aux arts.
Parmi leurs naturalistes, l’un des premiers rangs appartient à Kaswiny (Caswini ou Casuini), surnommé le Pline des Orientaux, auteur d’un ouvrage intitulé : Les Merveilles de la nature, qui, outre la description des produits des trois règnes, renferme beaucoup de notions d’astronomie et de géographie. A côté de Kaswiny se place El-Demiri de Cahiva, qui écrivit, au xive siècle, sous forme de dictionnaire , une Histoire des Animaux, dans laquelle il décrivit neuf cents espèces, et qui fut très-répandue en Orient. En même temps que naturaliste, El-Demiri était jurisconsulte.