‹ La science et les savants au XVIe siècleChapitre 100 sur 145 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

mont est souvent regardé comme le successeur, le continuateur immédiat de Paracelse, tandis qu’un intervalle de près d’un siècle les sépare, que le premier emprunte à peine au second quelques vagues aperçus théoriques, et que les dissemblances qui s’élèvent entre eux portent à la fois sur les travaux, sur les doctrines, mais surtout sur le caractère personnel.

Jean-Baptiste Van Helmont, issu des nobles familles de Mérode et de Stassart, naquit à Bruxelles, en 1577. Ayant perdu son père de bonne heure, il fut élevé au collège de Louvain. Un de ses professeurs, Martin del Rio, qui avait publié un ouvrage sur la sorcellerie, l’initia aux doctrines de la cabale et disposa son esprit aux idées mystiques. Van Helmont annonçait une grande aptitude pour la culture des sciences, et, peu touché des avantages qu’il pouvait devoir à sa fortune et à son rang, il résolut de s’adonner à la médecine. Il y fit de rapides progrès et fut appelé, trèsjeune encore, à la chaire de chirurgie de l’université. Il se livra en même temps à l’étude des langues anciennes; mais, loin d’y puiser de l’admiration pour les patriarches de la science, il sembla n’y chercher que des armes pour combattre leur autorité. Non moins dégoûté des doctrines médicales de son époque , il se mit à voyager. Une circonstance fortuite tourna de nouveau son attention vers l’art de guérir. Tourmenté d’une maladie cutanée rebelle, vainement traitée par les moyens ordinaires de la thérapeutique d’alors, et guérie par l’emploi des préparations minérales qui lui furent prescrites par un empirique, il embrassa avec ardeur le système de la chémiatrie, et se prit à combattre avec violence les doctrines

humoristes. Revenu dans sa patrie, il se maria et passa les trente dernières années de sa vie dans une terre qu’il possédait près de Vilvorde. Il s’y voua tout entier aux recherches savantes, à la méditation et à la pratique des plus nobles vertus. Van Helmont mourut en 1644, âgé de soixante -sept ans.

Il est assez difficile de découvrir, à travers les écrits fort divers du savant Brabançon , la suite des idées si originales qui lui appartiennent et qui constituent son système. Lui-même n’a pas subordonné toutes ses pensées à un ordre rigoureux; ses recherches n’ont pas eu un but unique, du moins si l’on en sépare la pensée religieuse, à laquelle il rattacha tous ses travaux. Les titres de Van Helmont se rapportent en même temps à la métaphysique, à la chimie, à la physiologie et à la médecine. C’est par conséquent sous ces différents chefs qu’il faut ranger les théories et les faits répartis dans ses ouvrages , afin d’en coordonner l’ensemble comme les principaux détails.

Une pensée métaphysique , théosophique , nous l’avons dit, domina tout le système de Van Helmont. Après avoir combattu victorieusement les doctrines de l’antiquité, il sembla se proposer d’y substituer une philosophie fondée sur des bases plus certaines. Il chercha à la faire concorder avec les livres sacrés, et il y rattacha toutes les conceptions plus ou moins ingénieuses qu’il tira de son imagination. La nature, selon lui , créée par le Verbe de Dieu , comprend : 1° les corps ou la matière; 2° les accidents, c’est-àdire les propriétés, les puissances et les qualités; 3° le principe du mouvement. Il partage ensuite les choses sublunaires en éléments et en productions séminales :

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