‹ La science et les savants au XVIe siècleChapitre 109 sur 145 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

des plus grands physiciens qu’ait produits le premier siècle de la renaissance.

Le père Mersenne (Marin), qui, lui aussi, vécut dans le cours de ces deux siècles, qui appartient à la même période par la date de sa naissance, remplit un rôle assez distingué dans le mouvement des sciences physiques. Né dans le Maine, en 1588, il étudia d’abord au Mans , puis à la Flèche , où il connut Descartes et lui voua une amitié qui ne se démen tit jamais. Entré dans l’ordre des Minimes en 1611 , il fit son noviciat à Meaux et vint à Paris pour apprendre l’hébreu. Il fut nommé professeur de philosophie et supérieur du couvent de Saint-Francois-de-Paule à Nevers. Descartes ayant été accusé de faire partie de la secte des Rosecroix, Mersenne vint le défendre à Paris, et peu de temps après il alla le rejoindre en Hollande, où il s’était réfugié. Descartes et Fermât se livraient alors entre eux à une polémique relative à certaines questions d’algèbre, de mécanique, de dioptrique, discus-

faits et les noms célèbres, et en les groupant en catégories, quelque imparfaites qu’elles soient. Ainsi Roger Bacon, Albert le Grand et saint Thomas d’Aquin sont également les triumvirs de l’alchimie, an xiiic siècle, comme Paracelse, Van Ilelmont et Basile Valentin sont ceux de la même science, au XVe et au xvie siècle. Copernic, Tycho-Brahé et Kepler sont les trois premiers fondateurs de l’astronomie moderne. Bacon, Galilée et Descartes représentent la physique au xvie siècle et au commencement du xvue, comme Belon, Conrad Gesner, Césalpin, Aldrovande, toute l’histoire naturelle au xvie, comme Pierre Ramus, Étienne Dolet et Michel Servet sont les victimes les plus déplorables de l’intolérance de la même époque. C’est ainsi que Pascal, Robert Boyle, Leibnitz et Newton sont les hauts représentants de la physique au xvne siècle, et plus près de nous , Priestley , Scheele et Lavoisier, ceux de la chimie moderne, à la fin du siècle qui précéda le nôtre.

sions auxquelles vinrent se mêler Pascal père et Roberval. Mersenne s’efforça d’apaiser ces dissidences et finit par y parvenir. A ce moment, il s’occupait lui-même des télescopes à réflexion et en développait la théorie, avant Gregory et Newton. En 1640, il voyagea en France, en Italie, et s’y lia avec tous les savants. Dans un voyage ultérieur, il se mit en rapport avec Torricelli , dont il fit connaître en France les belles expériences sur le vide, qui furent répétées aussitôt par Périer et Biaise Pascal. En 1647, Mersenne eut au côté droit un abcès que l’on prit pour une pleurésie , on l’ouvrit assez maladroitement et le savant mourut des suites de l’opération.

Mersenne eut à soutenir de nombreuses attaques au sujet de ses opinions scientifiques. Robert Fludd publia contre lui deux diatribes assez violentes qui furent répétées par Gassendi. Un de ses principaux écrits a pour titre : Questions physiques, morales et mathématiques , etc. On y trouve beaucoup d’idées singulières, mais toujours empreintes du caractère d’un esprit supérieur. Il traduisit en français les Mécaniques de Galilée; on lui doit un ouvrage intitulé : l’Harmonie universelle , Questions sur la Musique, qu’il traduisit lui -même en latin; enfin il laissa deux écrits latins contenant les principes fondamentaux de l’optique, de la dioptrique, de la catoptrique, de la parallaxe et des réfractions.

Mersenne, dit un de ses biographes, était le savant du siècle qui avait le meilleur cœur. Laborieux, curieux de tout ce qui se rapportait aux sciences et à la philosophie, c’était à lui qu’aboutissaient toutes les nouvelles de la république des lettres. Son cabinet était le centre de réunion de tous les savants, et c’est

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