LIVRE I
Ce fut un des derniers représentants de la science arabe; car il mourut au commencement du xv° siècle. Son ouvrage, commenté par El-Schebi et par El- Sojuti, fut traduit dans plusieurs langues asiatiques. On ne doit pas oublier, parmi les naturalistes arabes, Abdallatif, du xme siècle, médecin de Bagdad, qui décrivit les animaux et les plantes d’Égypte avec beaucoup d’exactitude. D’autres s’occupèrent de zoologie et d’anatomie; mais cette dernière science ne pouvait se développer sous l’empire des idées et des préceptes de l’islamisme.
La botanique dut peu de progrès importants aux Arabes. Ils commentèrent principalement Théophraste et Dioscoride. Cependant Avicenne, Averrhoës, Sérapion et Mésué l’Ancien se livrèrent à cette étude avec un certain succès, moins toutefois que Ben-Beithar, auteur longtemps célèbre, mais dont les ouvrages sont restés manuscrits. Né en Afrique au xne siècle, Ben- Beithar voyagea en Asie, et mourut au Caire en 1248, comblé des faveurs de Saladin. Il est plus connu sous le nom d’Achab (qui signifie botaniste). On lui doit une Histoire générale des Plantes, disposée suivant l’ordre alphabétique. Il en cite plusieurs qui étaient inconnues à Dioscoride ainsi qu’à Pline. Il étudia les animaux et les plantes, surtout sous le rapport de leurs propriétés médicinales.
Avicenne décrivit un assez grand nombre des végétaux de la Bactriane et du reste de l’Asie. Il est le premier qui ait signalé la férule, qui produit l’assafœtida. Ce savant émit plusieurs idées nouvelles sur la géologie. Il observa les minéraux, les aérolithes; il expliqua la formation des montagnes par les soulèvements, sous l’influence des feux intérieurs qui,
selon lui, produisent aussi les volcans. Il déclara que les empreintes d’animaux aquatiques que l’on trouve sur certains lieux élevés sont dues au dépôt des eaux qui ont séjourné sur ces hauteurs. Bernard Palissy, sans connaître cette assertion, fit la même remarque cinq cents ans plus tard, et c’est seulement depuis lors qu’elle est restée acquise à la science.
Sérapion le Jeune, surnommé Aggregator, originaire de Syrie, qui porte aussi le nom de Damascenus, parce qu’il était né à Damas, vécut au Xe siècle, et fut célèbre à la fois comme médecin et comme naturaliste. On lui doit un Traité de matière médicale longtemps fort estimé ; ouvrage érudit , contenant tout ce qu’avaient recueilli les Grecs et les Arabes sur les végétaux et leurs propriétés médicinales.
Alfarabi, philosophe et mathématicien, qui fut le maître d’Avicenne, composa une sorte d’encyclopédie encore manuscrite. Il était né à Farab, dans la Transoxiane. Après avoir vécu à la cour du sultan de Syrie, il le quitta en 950, et fut assassiné par des voleurs. On lui doit un volume sur la botanique et la physiologie végétale, dans lequel il annonce que les plantes respirent par les feuilles et par l’écorce.
Si l’on joint à cette liste les noms de El-Biruni, d’Ibn-Dchelza et d’Ibn - Matran , qui fut médecin de Saladin , on aura à peu près celle de tous les naturalistes qui se distinguèrent dans les écoles arabes. Relativement à la minéralogie, il ne faut pas oublier que l’on trouve des notions intéressantes de géologie et de physique dans les écrits d’Albucasis et dans ceux de Ferdoucy, Persan, auteur d’un ouvrage intitulé : Les Merveilles poétiques de l’Asie, sur l’origine du globe ; enfin que Kaswiny avait étudié les volcans,