LIVRE V
et sur sa propagation; il étudia la vitesse du son, et la compara à son intensité. On lui doit également de bonnes observations astronomiques, entre autres la première qui ait été faite du passage de Mercure sur le soleil. Il mourut à Paris, en 1655.
François Bacon. — C’est à François Bacon que l’on fait généralement honneur de la grande réfonne que subit l’étude des sciences physiques dans le cours du xvie siècle. Cependant, durant la première moitié de cette centurie, Pierre Ramus avait eu la noble témérité d’attaquer la doctrine d’Aristote et de proposer un changement radical dans l’enseignement des sciences1. François Bacon, né à Londres en 1561, était fils de Nicolas Bacon , garde des sceaux de la reine Élisabeth. Il annonça dès l’enfance un goût et une aptitude remarquables pour la culture des sciences. Son père étant mort pendant qu’il accompagnait l’ambassadeur d’Angleterre à la cour de Henri III, il revint à Londres et s’y fit recevoir avocat. Mais l’étude de la jurisprudence ne devait pas l’absorber tout entier : il était ambitieux, et, désirant se lancer dans la carrière politique, après être entré
l Pierre Ramus (la Ramée), né en 1502, rie parents misérables, fut d’abord domestique âu collège de Navarre. Doué d’un goût ardent pour l’étude, il passait les nuits à s’instruire et devint bientôt une des lumières de l’université de Paris. Il enseigna quelque temps au collège de Presles , mais il ne tarda pas à être nommé professeur au collège de France. Ses opinions ayant été condamnées par la Sorbonne, on lui retira son enseignement, et ses livres furent interdits. Ramus.fut une des victimes de la Saint- Barthélemy. Il fut égorgé, dans son logement, au collège de Presles.
à la chambre des communes, il s’attacha au comte d’Essex, alors en grande faveur, dans la vue d’obtenir quelque emploi important.
Il ne réussit pas comme il l’espérait, et resta longtemps à l’écart, bien qu’à la chute du favori il se fût prêté à justifier la condamnation de son protecteur. C’est pendant cette période qu’il commença à s’adonner à l’étude des sciences.
Après la mort d’Élisabeth, Jacques Ier, qui aimait les savants, le prit en affection. Il fut nommé successivement solliciteur général , membre du conseil privé , garde des sceaux, enfin grand chancelier, baron de Verulam et vicomte de Saint-Albans. Mais sa prospérité ne fut pas de longue durée. Accusé de s’être laissé corrompre pour accorder des privilèges et des places, il se défendit mal, fut condamné à l’amende, à la prison ; il fut privé de ses dignités , et exclu de tous les emplois. Il éprouvait en cela le contre-coup de la disgrâce de Buckingham, dont il avait été la créature. Cependant le roi ne tarda pas à lui rendre la liberté ; il le releva de ses condamnations, et lui fit remise de l’amende. Mais dès lors Bacon, renonçant aux affaires publiques, s’occupa exclusivement des sciences et de la philosophie. Sa mort, arrivée en 1626’, fut attribuée à la fatigue qu’il éprouva à la suite de certaines recherches scientifiques auxquelles il s’était livré avec trop d’ardeur.
Nous n’avons à considérer Bacon que sous le rap-
1 Cette année 1626 fut celle de la naissance de Robert Boyle. On a cité comme une singularité historique cette succession immédiate de deux hommes qui ont exercé sur les sciences une influence si puissante. La même remarque a été faite au sujet de Galilée, qui mourut 1 année même de la naissance de Newton, en 1642.
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